La Louvière ne nous avait pas habitués à sortir des jeunes. Désormais, il faudra en tenir compte. En début de saison, le président Filippo Gaone avait assigné à son nouvel entraîneur Albert Cartier deux objectifs : le maintien et apporter une nouvelle impulsion à la section jeune. Sur la trace de Silvio Proto et d' Alexandre Bryssinck, quatre joueurs sont venus rejoindre le noyau A en début de saison. Et Julien Pinelli est le premier à percer. Haut comme trois pommes (1m68), il s'est installé au poste de milieu gauche délaissé depuis la trêve par Yannick Vervalle.
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La Louvière ne nous avait pas habitués à sortir des jeunes. Désormais, il faudra en tenir compte. En début de saison, le président Filippo Gaone avait assigné à son nouvel entraîneur Albert Cartier deux objectifs : le maintien et apporter une nouvelle impulsion à la section jeune. Sur la trace de Silvio Proto et d' Alexandre Bryssinck, quatre joueurs sont venus rejoindre le noyau A en début de saison. Et Julien Pinelli est le premier à percer. Haut comme trois pommes (1m68), il s'est installé au poste de milieu gauche délaissé depuis la trêve par Yannick Vervalle. Timide, il ne mesure pas encore le niveau qu'il est en train d'atteindre. " On commence à me parler de mes prestations mais je reste moi-même ", explique-t-il, " Même si mon but était de parvenir en équipe Première, je ne dois pas m'emballer. Je n'ai été titulaire que deux fois ". Pourtant, en deux rencontres pleines, ce jeune de 17 ans a démontré tout son potentiel balle au pied. Dribbles, passes en profondeur, centres précis et qualité de shoots sur les phases arrêtées se sont succédé lors du dernier rendez-vous du premier tour face au Lierse et lors de la reprise face à Charleroi. Elu homme du match par nos confrères de BeTv, Pinelli ne fut pas moins déçu de sa prestation. " Je ne trouve pas que j'ai été bon face à Charleroi. J'ai perdu trop de ballons et je n'ai pas été assez présent offensivement ", estime-t-il d'emblée avec un petit sourire insatisfait. S'il est en train de réaliser son rêve de devenir footballeur professionnel, il ne compte en tout cas pas s'arrêter en si bon chemin. " Il a un réel désir de progresser et d'apprendre ", analyse Albert Cartier. " Il ne rechigne pas au labeur et est très discipliné dans ce qu'il veut obtenir. Il fait partie des garçons doués mais le don sans rigueur disparaît de lui-même ". Il est arrivé par conviction au football. " A 12 ans, ses parents le poussaient à se concentrer sur les études mais, il disait déjà que sa vie tournerait autour du football ", explique Dominique Cuvelier, entraîneur de Hornu (P1) qui fut son coach en Minimes nationaux à La Louvière. " A l'époque, c'était déjà un gagneur, un compétiteur qui ne cessait de râler après une victoire. Il était très exigeant vis-à-vis de lui-même mais savait également pousser l'équipe vers la victoire ". Il s'agissait pourtant de sa première saison chez les Loups. Car ce Carolo pur jus, natif de Gosselies et aujourd'hui citoyen de Fleurus, avait débuté la pratique du football à Frasnes-lez-Gosselies avant de suivre son meilleur ami à Courcelles à 11 ans. Débusqué un an plus tard par les scouts louviérois, il rejoindra le Centre où il poursuivra son apprentissage. Rapidement, il misera tout sur le ballon rond. En deux ans, il passera des Scolaires à l'équipe A effectuant de courts passages par les Juniors et les Réserves et ce n'est pas avec un certain déplaisir qu'il profitera de sa promotion dans le noyau A pour lâcher l'école au seuil de sa 5e année. " J'entretenais certains espoirs d'être appelé dans le noyau A mais quand on me l'a annoncé deux semaines avant la reprise des entraînements en juin, j'ai quand même été surpris. Je suis resté calme jusqu'au jour J, où je ne me tenais plus. Pourtant, j'ai été directement bien accueilli par les anciens. Et puis je ne partais pas en terrain inconnu puisque j'étais promu en compagnie de Quantin Durieux, Rony Baynon et Yessine Hasni, aujourd'hui à Namur ". La belle aventure commence. Après des débuts émouvants au Germinal Beerschot, il sera appelé à fouler la pelouse du Parc Astrid lors de la célèbre rencontre du ballon éclaté. Viendront ensuite les rencontres contre Saint-Trond et à Ostende avant les débuts de titulaire face au Lierse : " L'entraîneur m'a juste dit de rester moi-même et de jouer sur mes qualités : la vitesse et les dribbles en mouvement ". Pourtant, il possède d'autres arguments à faire valoir. " A 12 ans, il était déjà très intelligent sur le terrain ", ajoute Cuvelier. " Il possédait déjà un bon positionnement et sentait le jeu. De plus, il peut trouver facilement le cadre car quand il jouait en Minimes, il évoluait comme attaquant. Je crois cependant qu'on a bien fait de le repositionner. Il possède un niveau technique au dessus de la moyenne, ce qui lui permet d'amener de la profondeur dans le jeu. De plus, il sera confronté à moins de duels dans la ligne médiane et pourra se libérer du marquage. Ce qui n'est pas plus mal, vu sa petite taille ". Il lui restera alors à assimiler les nouveautés de la vie de pro. " Ce n'est qu'en Juniors que j'ai délaissé le poste d'avant-centre où lors de ma première saison chez les Loups, j'avais inscrit 60 buts, toutes compétitions confondues. Je marquais facilement et je m'engageais dans tous les duels, ce qui m'avait valu de recevoir trois cartons rouges la même saison. J'ai éprouvé certaines difficultés à reculer car il fallait effectuer sa part de boulot défensif. Et en équipe Première, je dois encore davantage accomplir cette tâche défensive. Albert Cartier me dit que je dois encore améliorer mon repli défensif. Ce n'est pas encore naturel de me dire en perte de balle qu'il faut resserrer les lignes ". " Il est en phase d'apprentissage ", ajoute Albert Cartier. " Et il doit travailler ses points forts û la qualité d'éliminer un adversaire dans un espace réduit et la dernière passe û avant de pen- ser à ses faiblesses ". Il doit encore également trouver son rythme, bien aidé par son entraîneur qui a compris qu'il fallait le ménager, le privant du huitième de finale de Coupe contre Beveren. " Je dois encore souffler de temps en temps. A la fin du match contre Charleroi, je souffrais de crampes, ce qui ne m'était jamais arrivé ". Cartier : " Quand il jouait en Scolaires, il ne s'entraînait que deux à trois fois par semaine. Désormais, c'est deux fois par jour. Alors il faut penser à ne pas le brûler ". Stéphane Vande Velde" IL éLIMINE FACILEMENT un adversaire et sait donner la dernière passe " (Albert Cartier)