Jeudi, Tomas Van Den Spiegel a été présenté à la presse italienne, en même temps que Chris Herren, un ancien joueur des Boston Celtics. Ils constituent les derniers renforts du deuxième club de Bologne.
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Jeudi, Tomas Van Den Spiegel a été présenté à la presse italienne, en même temps que Chris Herren, un ancien joueur des Boston Celtics. Ils constituent les derniers renforts du deuxième club de Bologne. Fortitudo avait déjà enrôlé le Croate Emilio Kavacic, de Ljubljana. Ce trio doit permettre au vice-champion d'Italie d'affûter ses ambitions. Fortitudo n'en manque pas. Le club veut progresser. Comme Tomas Van Den Spiegel, qui estimait avoir fait son temps à Ostende et voulait franchir une étape supplémentaire. Il a signé un contrat de trois ans, assorti de la garantie que la première année constitue une saison d'études. Van Den Spiegel (2m14) et sa copine Sophie sont revenus ravis de Bologne. Trois jours sur place ont suffi à convaincre le basketteur: il accomplit le bon pas au bon moment. "Je ne veux surtout pas dire qu'en Belgique, j'ai déjà tout atteint. J'aurais très bien pu poursuivre un an de plus à Ostende ou à Charleroi. Il semblait même que j'allais jouer un an pour Pepinster, via un transfert à l'étranger. Eh oui. Au début des vacances, je me suis entraîné deux semaines avec Niksa Bavcevic. Ça m'a beaucoup plu. C'est alors que l'idée a fait son chemin. Je pouvais signer un contrat à l'étranger et jouer un an à Pepinster, sur base d'une location. Ça a l'air compliqué mais une saison avec Bavcevic m'aurait beaucoup apporté. Comme de travailler avec Vlado Djurovic, par exemple. Cette discipline slave me plaît. Travailler dur, mais aussi progresser vraiment. Ça m'aurait aidé en prévision de l'avenir". Le destin en a décidé autrement. Il est à la Fortitudo Bologne, alors que tout le monde le voyait à Malaga, avec Virginijus Praskevicius. Ce dernier reste à Ostende et Van Den Spiegel préfère l'Italie à l'Espagne. D'où provient ce revirement soudain? "Malaga a tergiversé. Ça a duré trop longtemps. Je suis convaincu que tout se serait arrangé mais je n'aime pas que les choses traînent. Ensuite, Sienne et Avellino se sont manifestés et finalement, c'est Bologne qui a été le plus concret. Après tout, ce club n'a été battu qu'en demi-finale des playoffs et dispute chaque semaine l'Euroligue. En outre, Bologne vit pour le basket, puisqu'elle abrite aussi la Virtus Kinder, le champion d'Italie et d'Europe. On m'a téléphoné le mercredi soir. Un jour a suffi pour que nous tombions d'accord"."Je suis un joueur-projet""Fortitudo a bien plus de classe qu'Unicaja Malaga. Ce qui m'a séduit, c'est la proposition unique faite par Bologne. Le club me considère comme un joueur-projet. J'ai obtenu un contrat de trois ans parce que le club estime que j'aurai besoin de ce temps pour remplir mon rôle comme je le dois. D'où l'arrivée de Kavacic comme premier remplaçant de Zukauskas. Kavacic a 33 ans, moi 23. D'ici un an ou deux, je dois reprendre sa place dans l'équipe. Ça signifie que je ferai souvent banquette au début mais c'est ainsi. J'ai l'occasion unique de gravir les échelons, ce que je ne pouvais plus faire en Belgique. Rien que les entraînements sont déjà une fête. Une pareille offre ne se refuse pas". Il est très bien payé pour apprendre. 30 millions pour trois saisons, ce n'est pas mal. Un joueur de son niveau quitterait la Belgique rien que pour ça. "Vous avez un peu raison. Attention, les sommes citées sont exagérées. Ostende et Charleroi étaient prêts à consentir un gros effort. Je vais gagner davantage en Italie mais pas trois ou quatre fois ce que je touche en Belgique. Toutefois, à Bologne, je vais accroître ma propre valeur marchande. Je vais disputer chaque semaine un championnat de très haut niveau, parmi des vedettes. En plus, nous jouons un rôle en vue en Euroligue. La saison passée, Virtus n'a évincé ses voisins de Fortitudo qu'en demi-finales du championnat. Ma nouvelle équipe est capable de viser au moins le Top 3 en Italie et elle vise le Top 5 en Europe. Faire partie de cette formation est déjà fantastique. Mon transfert d'Alost à Ostende constituait déjà un événement -NDLA: à l'époque, Milan s'intéressait sérieusement à Van Den Spiegel. J'ai investi en restant à Ostende jusqu'à la fin de cette saison. Maintenant, j'entame un nouvel épisode. Je veux aller le plus loin possible. Je dois consentir beaucoup de sacrifices, notamment en acceptant de rester souvent sur le banc. Je sais que cette saison, Bologne ne sera pas le paradis sur terre pour moi. Mais à terme, je réussirai. Je dois travailler dur pour m'imposer en Italie. Je veux devenir un meilleur joueur, plus solide. C'est mon objectif". "McCarthy n'était pas terrible"Avant, il rêvait de la NBA et le voilà qui choisit l'Italie. Aurait-il perdu son ambition ou Bologne constitue-t-elle une étape en direction des Etats-Unis? "C'est difficile à dire. Honnêtement, je n'ai pas perdu mes ambitions mais la NBA est encore quelques étages au-dessus. Y jouer constitue le summum mais pour un petit Belge, évoluer en Italie est déjà formidable. J'avais déjà parlé de la NBA et à l'époque, Monsieur Vanmoerkerke m'avait repris de volée. Il répétait volontiers que j'étais trop cher par rapport à ce que je valais vraiment. Maintenant, il va continuer à prétendre que je gagne trop, d'ailleurs. Mais je le respecte beaucoup, même si j'ai mal accepté sa décision de renvoyer notre entraîneur, Van Kersschaever, alors que nous étions en tête. Les joueurs n'avaient pas du tout envie de le voir partir. D'ailleurs, nous n'avons pas été consultés avant son limogeage. Certains affirment que nous avons été meilleurs en défense avec McCarthy. Je les invite à se pencher sur les chiffres. Ils ne sont pas spectaculaires. Je persiste d'ailleurs à penser que nous ne nous entraînions pas assez avec McCarthy. Sans parler de sa manière américaine de coacher, presque avec le chrono en main. Nous savions tous à l'avance quand nous allions être remplacés. Les raisons du changement n'ont pas eu de conséquences néfastes et ne m'intéressent pas. Je veux être honnête. La prolongation de contrat de McCarthy n'a rien à voir avec mon départ d'Ostende. Je joue pour un club et pour l'entraîneur que la direction place à la tête de l'équipe, c'est tout". Avant même le début de la saison, Van Den Spiegel en est déjà à son deuxième entraîneur à Bologne. Charmante ambiance... "Oui, ça m'a quelque peu effrayé. Le jour même de mon arrivée, Carlo Recalcati, l'entraîneur qui m'avait suivi et qui me voulait à tout prix, a été renvoyé. Parce qu'il avait publiquement critiqué la politique de rajeunissement que mène le club. Pourtant, la saison passée, Recalcati a atteint les demi-finales de l'Euroligue, mais ça ne comptait plus, d'un coup. Matteo Boniciolli, d'Udine, lui succède. Il a immédiatement programmé un entraînement supplémentaire pour voir Herren et moi-même. Je devais en fait passer des tests médicaux mais j'ai joué immédiatement. Le soir, le nouvel entraîneur, Herren et moi avons été officiellement présentés. D'abord à la presse italienne puis aux supporters, quelques centaines de personnes. Les gens vivent le basket tout autrement que chez nous. Il y avait des équipes TV à l'aéroport. Je n'étais pas à Bologne depuis une demi-heure qu'on pouvait déjà me voir sur le site Internet du club. Au début, ça m'a interloqué, mais on ne s'y arrête pas. Tout est réglé de la manière la plus professionnelle qui soit. Nous n'avons pas encore pu chercher de lieu de résidence. Ce sera sans doute un appartement. Enfin, je ne suis pas sûr. Je dois être de retour le 20 août. D'ici là, nous avons le temps d'aviser. Ensuite, je n'aurai plus le temps de souffler, entre le championnat et l'Euroligue. Quatre équipes italiennes évoluent en Euroligue: les deux Bologne, Trévise et Pesaro. Sans oublier une volée d'autres équipes qui disputent la Coupe Saporta ou la Coupe Korac. Chaque rencontre a donc un parfum européen, ici. Ça m'attire, évidemment. La saison va être lourde et j'obtiendrai sans aucun doute ma chance. A ce niveau, je n'en aurais pas si facilement dans d'autres équipes. Rien que pour ça, je suis content de mon choix. Bologne est vraiment une occasion en or". Dirk Jacobs