15 juin, ainsi va ce rythme infernal : je vous écris en n'ayant vu encore qu'un match de chaque protagoniste, mais vous me lirez quand ils en auront joué deux voire trois ! Jusqu'ici, je ne me suis assoupi qu'en seconde mi-temps d'Angleterre-Paraguay, et seul le retournement d'Australie-Japon m'a vraiment excité : sinon, wait and see, le Mondial bat déjà, mais pas encore son plein ! En cherchant donc un sujet qui ne soit pas forcément périmé dans six jours, et via lequel je pourrais me mouiller avant qu'en soit connue l'issue,... c'est finalement sur nos voisins français (d'après la Suisse, mais d'avant la Corée) q...

15 juin, ainsi va ce rythme infernal : je vous écris en n'ayant vu encore qu'un match de chaque protagoniste, mais vous me lirez quand ils en auront joué deux voire trois ! Jusqu'ici, je ne me suis assoupi qu'en seconde mi-temps d'Angleterre-Paraguay, et seul le retournement d'Australie-Japon m'a vraiment excité : sinon, wait and see, le Mondial bat déjà, mais pas encore son plein ! En cherchant donc un sujet qui ne soit pas forcément périmé dans six jours, et via lequel je pourrais me mouiller avant qu'en soit connue l'issue,... c'est finalement sur nos voisins français (d'après la Suisse, mais d'avant la Corée) que je me suis rabattu : j'ignore jusqu'où ils iront les Français car, depuis que Raymond Domenech les a pris en mains (pourquoi ne les a-t-il pas pris en pieds, c'est quand même de foot qu'il s'agit ?), les Coqs n'arrêtent pas de décevoir... mais sans être jamais battus ! Une chose est sûre : Domenech aime faire croire que ses retournements de veste sont la résultante de profondes gestations intellectuelles, trop absconses pour que le sphinx qu'il est entreprenne de les exposer au commun des mortels. Mais s'il se plante avant les demi-finales, toutes les ranc£urs accumulées par la presse française (qu'elle n'a évidemment pas pu décharger sur AiméJacquet en 1998, ni même épuiser ensuite sur RogerLemerre en 2002), Domenech se les ramassera en pleine poire au centuple... Pas terribles mais pas battus, les Français ont joué trois fois juste avant le Mondial, avec la même défense à quatre, le même milieu de terrain, et toujours deux attaquants. Arrive la Suisse, et Domenech change son flingue d'épaule. Exit FlorentMalouda mystérieusement blessé, Zizou se retrouve entre deux flancs offensifs et derrière ThierryHenry comme seule pointe : pourquoi pas, mais pourquoi tout à coup ? Mon sentiment est que le coach ne sait pas quoi ficher avec ce monument qu'est PatrickVieira, Marcel le disait déjà à Georgette en septembre dernier : dès le moment où tu ramènes dans le bazar un ClaudeMakélélé qui n'est bon que quand il peut ratisser tout seul sur toute la largeur, tu rends Vieira emprunté, tout gêné avec ses grandes guibolles dans le territoire de la fourmi de Chelsea ! Patate chaude aujourd'hui, Vieira sera-t-il demain le grand sacrifié ? Frank Ribéry, maintenant. Dans ses trois matches de préparation, Domenech fait entrer trois fois en fin de match un joker qui pète trois fois la baraque ! A partir de là, deux solutions s'offrent à toi. Soit tu le fais débuter en rêvant qu'il puisse re-péter la baraque dès le coup d'envoi, soit tu ne bouges surtout à rien du tout : tu as découvert un bijou efficace immédiatement quand il entre pour un quart d'heure, c'est rarissime, faut le garder comme tel ! Mais Domenech a rêvé (comme un bleu ?) de la première hypothèse, et le joker étincelant est devenu titulaire moyen : Ribery admire tellement Zizou qu'il s'est brûlé offensivement contre la Suisse, en courant pour deux défensivement. Et s'il retournait sur le banc contre la Corée ? Pascal Chimbonda, et que l'anonyme de Wigan soit devenu le Ribery du quatre arrière ! Domenech est capable de tout, et le foot est nul si l'on ne s'y mouille pas. bernard jeunejean