" Ke Nako ! ", (il est temps) c'est par ces mots que Nelson Mandela (91 ans) a conclu son discours. Humilité, chaleur humaine, liberté et justice, ces termes sont régulièrement revenus dans les différentes interventions mais malheureusement derrière tout le décorum du Cape Town International Center se cache une vérité nettement moins rose. L'avant-veille du tirage, alors qu'ils avaient été conviés à une réunion par la FIFA, les médias sud-africains ont dénoncé un nouveau règlement, que la fédération mondiale leur a imposé dans le cadre de la couverture de l'épreuve. Les jour...

" Ke Nako ! ", (il est temps) c'est par ces mots que Nelson Mandela (91 ans) a conclu son discours. Humilité, chaleur humaine, liberté et justice, ces termes sont régulièrement revenus dans les différentes interventions mais malheureusement derrière tout le décorum du Cape Town International Center se cache une vérité nettement moins rose. L'avant-veille du tirage, alors qu'ils avaient été conviés à une réunion par la FIFA, les médias sud-africains ont dénoncé un nouveau règlement, que la fédération mondiale leur a imposé dans le cadre de la couverture de l'épreuve. Les journalistes sud-africains ont critiqué un paragraphe de la charte de la FIFA, qui stipule que " tout comportement nuisant à l'image de la FIFA ou du comité local d'organisation pourra être sanctionné par un retrait de l'accréditation ". Pas question donc pour la fédération mondiale de parler des multiples grèves et manifestations, notamment celles des ouvriers chargés de la construction des stades et des infrastructures sportives. Sepp Blatter, le président de la FIFA, n'a pas été épargné depuis son arrivée en Afrique du Sud. S'il ne s'attendait probablement pas à un scénario sans polémiques, il aura tout de même été surpris par le nombre de problèmes en tous genres auxquels il a été confronté. La fédération australienne lui a reproché de ne pas s'en tenir à la rotation des continents (une promesse non écrite...) et accorder la Coupe du Monde 2018 à l'Océanie. Puis, ce fut au tour de la fédération irlandaise (FAI) de montrer les dents. Selon son président, David Blood, la FAI n'a envoyé aucune requête écrite pour être admise comme 33e nation. " Nous en avons parlé lors d'une rencontre d'une heure et demie avec Blatter, qui nous avait promis que cela resterait entre nous. Et voilà qu'il répand la nouvelle alors que nous savions qu'un Mondial à 33 est impossible. " Au rayon des mécontents, il y avait l'Algérie, qui a jugé inqualifiable l'attitude du comité directeur de la FIFA, qui a accordé " une importance démesurée à un match, France-Irlande en l'occurrence, mais presque rien à une agression qui a touché l'équipe d'Algérie. La main de Thierry Henry, un événement léger qui ne remet jamais en cause la décision d'un arbitre, a été plus largement commentée que le caillassage d'un bus transportant une sélection nationale à la veille d'une rencontre décisive ", regrette-t-on chez les Fennecs. Et la veille du tirage, les personnes rassemblées dans l'auditorium à côté de la grande salle ont eu droit à une alerte à la bombe. " Malheureusement, chez nous, il y a des gens qui aiment lancer des alarmes " a commenté Vishnu Naidoo, le porte-parole de la police du Cap. Effectivement, avant cela des coups de fil anonymes avaient annoncé une bombe à l'aéroport. Le ministre de l'Intérieur, NathiMitthetha, multiplie les discours rassurants mais il ne fait aucun doute que la sécurité sera le problème principal de ce Mondial dans un pays où l'on dénombre quotidiennement des dizaines de milliers de vols avec effraction. En espérant que les quelque 117 millions d'euros investis par l'Etat et les 41.000 hommes mobilisés, permettront aux 450.000 touristes attendus de passer un bon moment. PAR NICOLAS RIBAUDO