Un jeudi ensoleillé de mai à Vinovo à quelques encablures de Turin. Au Mondo Juve, le centre d'entraînement des Bianconeri, quelques happy few se pressent. L'effectif piémontais sort avec difficulté de sa léthargie. Il n'y a plus rien à jouer. Quel que soit le résultat de dimanche, les Juventini resteront troisièmes et joueront le tour préliminaire de la Champions. En marge du groupe, les trois gardiens s'escriment sous le lourd soleil de midi. Pour le premier d'entre eux, le meilleur de la profession, il y a un Euro à préparer et une réputation à défendre.
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Un jeudi ensoleillé de mai à Vinovo à quelques encablures de Turin. Au Mondo Juve, le centre d'entraînement des Bianconeri, quelques happy few se pressent. L'effectif piémontais sort avec difficulté de sa léthargie. Il n'y a plus rien à jouer. Quel que soit le résultat de dimanche, les Juventini resteront troisièmes et joueront le tour préliminaire de la Champions. En marge du groupe, les trois gardiens s'escriment sous le lourd soleil de midi. Pour le premier d'entre eux, le meilleur de la profession, il y a un Euro à préparer et une réputation à défendre. Relégué en Série B l'an dernier et privé de coupe d'Europe cette saison, l'ex-portier du Parma de l'âge d'or, tout juste trentenaire, se faisait une joie en cette matinée du mois dernier de se colleter de nouveau avec le plus haut niveau continental avec la Nazionale. Volubile, trois quarts d'heure durant, il revient ici sur son itinéraire, sa famille, les Jeux de Pékin, la politique italienne, le football africain, ses errements passés et même sa propension à la boulimie et sa nostalgie de l'enfance perdue. Le quadruple meilleur goal du monde est déjà entré dans l'histoire du foot italien ; en Suisse et en Autriche, il postulera pour griffer l'histoire tout court. Entretien avec une légende au visage d'ange. Gigi Buffon : Carrare est une ville dans laquelle la pensée anarchiste, c'est vrai, a une grande importance. D'ailleurs, ses habitants aiment à penser qu'ils ne viennent ni de Ligurie, ni d'Emilie-Romagne et qu'ils sont encore moins toscans ( rire sonore) : ils sont de - Carrare, punto e basta ! C'était - et c'est encore - une ville populaire, refuge de nombreux radicaux. En ce qui concerne mon rôle, on ne peut pas faire de comparaison. Le gardien est de toute façon atypique, et donc forcément peu académique. Un portier n'a rien à voir avec un footballeur ( sic) mais il fait toujours partie d'un groupe. Les gardiens sont donc moins libertaires qu'ils ne peuvent le paraître au premier abord. ( Il coupe) Ce n'est pas qu'un simple attachement à ma ville d'origine, c'est le nom du groupe de supporters dont je faisais partie quand j'étais môme. Quand tu es jeune garçon, tu as envie de t'identifier à un collectif. Moi, encore plus que les autres. Je voulais être membre des C.U.I.T,c'était ma deuxième famille, une seconde peau. D'ailleurs, quand j'évoluais à Parme en Série A jusqu'à mes 19, 20 ans, j'essayais d'assister au plus de matches possibles de notre équipe, même en déplacement. ( Il rit) On ne peut plus vraiment dire ça maintenant, mais c'est vrai que je l'ai été. Ainsi, je comprends les espérances des supporters, ce qu'ils attendent de nous sur le terrain puisque j'étais moi-même à leur place. Oui, voilà, exactement. C'est juste la manière de me comporter sur le terrain. C'est ce que les supporters veulent, et c'est normal. C'est comme ça que je conçois le sport en général, et donc le football. Mon cousin a évidemment joué un rôle d'aiguillon, peut-être même qu'au niveau génétique cela compte. Mais en même temps, il ne peut pas vraiment constituer un modèle puisqu'il a joué plus de trente ans avant moi. Durant toute cette période, notre discipline a considérablement évolué : lui et moi n'avons pas connu le même football. Avoir eu un oncle qui jouait à haut niveau m'incitait à faire au moins aussi bien que lui. Grâce à lui, j'étais déjà ambitieux. Comme pour chacun, la famille constitue le miroir de ce que tu deviens ensuite. L'éducation qu'elle t'apporte sera toujours avec toi, et il est très dur de s'en débarrasser. Il peut y avoir des moments où tu as envie de te détacher, de couper ce cordon ombilical afin de gérer ta vie selon ton bon plaisir. Mais à la fin, lorsqu'on se rend compte que l'on se trompe, on retombe toujours sur ses pattes et l'on comprend que les enseignements professés par les parents ont toujours été les plus pertinents, et toujours exclusivement tournés dans notre intérêt. A la fin, si tu respectes ta famille, tu te comportes comme ils te l'ont appris. Le facteur chance compte également. A partir du moment où trois enfants sur trois parviennent à jouer dans la plus haute division de leur discipline, où deux sur trois de ces mômes sont présents dans leur sélection nationale, tu comprends que la prédisposition au sport est quelque chose de naturel ( sic). Voilà, c'est ça. Pourtant, cela ne suffit pas toujours. On rejoint ici l'influence de la famille : si nous n'avions pas eu une éducation sportive lorsque nous étions petits, nous n'aurions probablement pas pu rester si longtemps au haut niveau. ( Grand sourire). Alors ça, c'est une chose incroyable ! Pour le coup, je crois que c'est un signe du destin. Il n'y avait pas vraiment de raison objective pour que je change de poste. Lorsque j'étais milieu de terrain, je faisais partie de la sélection locale, j'étais dans les meilleurs de ma région dans le champ. J'étais déjà un joueur important, et c'est pourquoi ça n'avait pas beaucoup de sens de changer de poste. Cette année-là, je me rappelle qu'en parlant un peu avec mon père, en regardant la Coupe du Monde 90 et surtout en épiant Thomas N'Kono, le gardien du Cameroun, je me suis dit : -Je vais changer de poste, comme ça, pour m'amuser. C'est là que c'est incroyable car Parme m'a contacté presque immédiatement. Cela ne faisait que six ou sept mois que j'étais passé dans les cages. Et maintenant, c'est ça ma vie depuis un bon moment déjà. Le Mondial de 1990 était la première coupe du monde que je suivais avec intérêt. Le Cameroun est ainsi devenu ma deuxième équipe. Leur nom, déjà, Les Lions Indomptables, wouah, a tout de suite plu au jeune garçon que j'étais. Cela me plaisait à mourir. Le Cameroun avait joué le match d'ouverture contre l'Argentine à Milan. Je me revois, seul sur mon canapé, par un après-midi d'été. Tout le monde était à la mer. J'avais décidé de rester chez moi pour regarder ces fameux Lions taquiner le champion en titre, l'Argentine de Maradona. Au final, le Cameroun a gagné 1-0, à neuf contre onze. La joie que j'ai ressentie était encore plus importante que si l'Italie avait gagné, un sentiment incroyable. Ce jour-là, je me souviens de ce gardien qui dégageait la balle au poing ou à la main à 45, 50 mètres. Il avait un pantalon alors qu'il faisait 40 degrés, et une casquette pendant tout le match, cela faisait de lui un type très folklorique qui réussissait à concilier l'exigence de la haute compétition tout en laissant des miettes de légèreté, oui, voilà, c'est ça. N'Kono conservait des irréductibles miettes de légèreté dans sa manière d'être et d'agir sur le terrain. Lorsque je me remémore ce Mondial 90, le Cameroun occupe une grande place dans mon c£ur. C'est une belle expérience que je n'oublierai jamais, des images que j'emporterai pour toujours avec moi. Je n'étais jamais allé dans un stade d'Afrique vraiment noire ( sic), d'Afrique sub-saharienne. J'étais le seul blanc, et quand tu entres dans un stade où tout le monde est noir, cela représente une émotion incroyable. Je n'avais jamais ressenti quelque chose de pareil. D'un point de vue visuel également, tout ce qui m'entourait était complètement différent de ce à quoi j'étais habitué. Et je me rappelle de toute l'affection de ces gens à mon égard, la gentillesse qui m'entourait moi et les autres joueurs, et qui accompagnait chacun de leurs gestes et de leurs phrases. Le Cameroun était un pays très pauvre mais le stade était rempli, plein à craquer. Lorsque nous sommes revenus du match avec le bus, il y avait un garçon, un supporter, qui pour rester avec nous s'était accroché au bus. Il a fait des kilomètres comme ça. On entendait parfois le bruit de ses pas sur le toit du bus, on apercevait sa tête par les fenêtres à certains moments. C'était absolument hallucinant. D'un point de vue technique et physique, le football africain me paraît être le meilleur du monde. Après, il est évident que cela ne suffit pas et qu'aujourd'hui, dans le jeu moderne, il faut aussi de l'astuce, de la tactique et du pragmatisme. A cause de cela, nous Européens sommes meilleurs car mieux préparés. Oui, voilà, c'est ça. Sinon, à part cette rouerie, les footballeurs africains seraient vraiment plus forts que nous. Le pragmatisme et la tactique européenne, et notamment italienne, permettent donc de compenser ce qui peut parfois nous manquer physiquement et techniquement. En fait, j'aimerais jouer au football aussi longtemps que je le peux. Cela fait deux, trois ans que d'un point de vue physique, psychologique et technique, je suis plus fort que jamais. Je ne suis pas un gardien acrobatique, aussi, je dois pouvoir durer jusqu'à 41, 42 ans. Qui sait ? Par contre, je ne veux absolument pas me sentir un poids pour mon équipe. Ensuite, on ne peut pas faire de comparaison entre moi et les autres grands gardiens italiens comme Dino Zoff, Enrico Albertosi ou Walter Zenga. Je suis arrivé en sélection nationale vers 19 ans alors qu'eux, n'y sont parvenus que vers 27, 28 ans. J'aime manger, j'aime bien boire de temps en temps, y compris un bon petit verre de vin. Cela ne me dérange jamais. J'essaye de garder le contrôle car je suis un athlète de haut niveau mais j'aime bien les choses qui plaisent à tout le monde en fait ( il rit)... et de temps à autre je m'empiffre comme un goret ! Adolescent, j'avais des dons que j'ai perdus, sur l'explosivité et les sorties j'étais exceptionnellement rapide. Avec l'âge, j'ose moins et je fais des erreurs en plus mais je me préfère maintenant car je suis plus infiniment plus complet. J'étais un peu plus fou avant. Dans les centres de formation, j'avais été entraîné pour attaquer la balle et avec le temps, je suis entré dans une phase plus défensive. Les blessures m'ont également un peu calmé. Et puis, les règles sur l'expulsion immédiate du gardien font que tu y réfléchis à deux fois avant de faire une sortie de psychotique. Non et c'est bien ça qui m'inquiète. Je suis sur le point d'en commettre une nouvelle... Quand je fais une erreur, je me réfugie chez moi et je suis maussade. Le lundi suivant, je vais voir Claudio Ranieri pour m'en excuser. Je redouble d'efforts à l'entraînement puisque l'unique façon de s'améliorer c'est de chercher le poil dans l'£uf, voir toujours plus haut, ne rien laisser de côté et surtout pas ses points forts. Je n'en ai foutrement pas la moindre idée. En finale, je n'ai arrêté aucun tir au but, alors... mais ça s'est bien passé. Et je préfère avoir gagné la Coupe du Monde plutôt qu'une récompense individuelle, fût-elle la plus prestigieuse. ( Il coupe) C'est grâce à moi... Je pense être le seul à avoir vu l'action qui était en cours, nous étions dans la partie de terrain française et j'ai aperçu ce qui se passait. J'ai braillé le plus fort possible vers le juge de touche qui, selon moi, a demandé à son tour confirmation au quatrième arbitre et là, certaines images télés ont fait le reste. ça n'a pas été un geste très sportif de demander l'expulsion d'un adversaire ? Je veux bien en convenir. Nous étions dans une difficulté si extrême, nous étions morts physiquement, j'ai pensé que peut-être avec un joueur en moins, on y arriverait ( ilsourit). C'est évidemment un objectif. On vit pour cela, et cela fait partie intégrante de mon métier. Enfant, j'admirais les joueurs qui avaient écrit l'histoire du football italien, en club ou avec la Nazionale. Laisser une trace constituerait plus une satisfaction pour moi que pour mes fils, mes neveux et pour tous ceux qui porteront mon nom dans le futur. Cela sera un bon souvenir pour eux, et j'en serai fier de l'au-delà ( sic). Ce que j'aime par-dessus tout dans le football c'est la joie transmise avec une parade, un but ou une victoire. L'important, ce n'est pas de vaincre un Mondial ou un Euro mais que les supporters envahissent les places et les rues du matin jusqu'au soir. Le plus beau dans la victoire, on le trouve dans les yeux de ceux qui la fêtent ! Je suis d'accord à 80 %. Les sélections laissent des souvenirs indélébiles et permettent d'unir les peuples. On a aussi parfois des rendez-vous avec l'histoire dans nos clubs respectifs et si tu es intelligent - mais aussi un peu chanceux - tu ne les rates pas, ce qui permet de rentrer dans l'histoire de ces clubs, mais aussi dans le c£ur des tifosi. C'est un peu ce qui nous est arrivé en Série B. Le nom des Juventini qui ont décidé de rester l'an dernier restera pour toujours dans le c£ur des tifosi de la Juve, et il est normal qu'il en soit ainsi. Il s'agit probablement de sa meilleure année. Depuis novembre, il a fait six mois pendant lesquels il était au-dessus du lot. Un extra-terrestre. Des buts, et toujours prêt à défendre en plus. ( Ironique) : De prime abord, on devrait donc mettre trois buts à tout le monde. Mais deux années ont passé depuis l'Allemagne, les joueurs ne sont plus tout à fait les mêmes, l'entraîneur est différent. Et dans la victoire, il est toujours rude de durer. La Roumanie pourrait bien faire des misères à beaucoup de monde dans cette épreuve. Cinq ou six de ses joueurs sont d'excellents manieurs de ballons. Que dire de la France que nous avons jouée tellement de fois que j'en ai la nausée. Je la préfère aussi sans David Trezeguet, cela me rend plus serein. Les Néerlandais peuvent battre n'importe qui et perdre contre tout le monde. C'est le groupe de la mort. Des favoris ne passeront pas le premier tour. Espérons que ce ne sera pas notre tour ! Tu sais, moi, je suis très riche. Là-dessus, je peux te dire que j'ai vraiment de la chance car il ne me manque rien des choses qui m'intéressent. Mais les trucs qui m'emballent, tu sais, ne sont pas exceptionnels. Au final, je roule en Fiat 500 ou en Lancia Y. Si j'ai envie de m'acheter quelque chose d'onéreux, je peux le faire. Il est normal qu'il en soit ainsi. Si quelqu'un dispose de mes moyens, il ne doit pas non plus sombrer dans le vice. Il faut également prendre le temps de poser sa main sur le c£ur et d'aider les autres. Chez l'homme évidemment, chez le joueur non. Chez l'homme, c'est une responsabilité, mais aussi et surtout une joie en plus. C'est également une source de motivation supplémentaire pour me comporter un peu mieux. Depuis que j'ai mon fils, je compte jusqu'à dix avant de dire quelque chose ou de faire tel ou tel geste. Car si je dérape, je ne suis plus le seul à en supporter les conséquences. Au final, le fait d'avoir un fils m'a permis de m'améliorer. Louis parce que je m'appelle Gianluigi pour commencer ; un de mes grands-pères s'appelait Luigi et enfin j'avais un oncle américain qui s'appelait également Louis. Je n'aime pas trop Luigi, c'est un nom de vieux en Italie. Louis fait un peu plus jeune, voilà, c'est ça, c'est plus jeune. Thomas parce que c'est aussi un nom tchèque et comme ma femme vient de là-bas, le fait que notre fils porte un nom en rapport avec son pays me plaisait, voilà. Et puis, outre N'Kono, il y avait aussi Skhuravy (l'avant-centre de la dernière Tchécoslovaquie unifiée en 1990 puis plus tard du Genoa), c'était un petit quelque chose en plus. Plus qu'une double éducation, c'est une éducation mixte que l'on veut lui donner. Quand on est deux, il est juste de chercher le bon compromis. L'important est que mon fils ne manque de rien tout en veillant à ne pas être attiré vers le vice. J'aimerais qu'il grandisse conscient, avec un objectif à réaliser chaque matin. Cela m'embêterait qu'il reste au lit le matin sans avoir aucun idéal, avec comme seule envie de rester sous sa couette. J'aimerais qu'il ait envie de faire des choses positives. D'une certaine façon, j'ai clôturé un chapitre du passé et ouvert une porte vers l'avenir. Je suis un nostalgique, un mélancolique. J'ai longtemps pensé et même trop à l'époque du collège, aux jours d'Italia 90, à l'enfance perdue. Maintenant, j'ai un fils et je dois être disponible pour Alena, ma femme. Je dois vivre le présent. Depuis deux, trois ans, je suis devenu plus équilibré et le temps qui passe me pèse moins... Tu sais, chacun doit vivre sa vie tranquillement et au fil du temps, chacun se fait une opinion d'autrui et à la fin tout le monde sait si tu mérites ou non le respect. Malgré toutes les choses qui me sont arrivées ( légèrement courroucé), en dépit de ce qu'on raconte sur moi, ce qui est vrai comme ce qui est complètement faux, je me rends compte en discutant avec toutes sortes de gens qu'il est mieux d'être comme moi que comme beaucoup d'autres. Tu n'es pas obligé de me croire mais j'ai la faiblesse de penser que si j'étais profondément malhonnête, les tifosi italiens ne me porteraient pas ainsi dans leur c£ur... ( Railleur) Tu vois ! Je dois être l'un des seuls joueurs à être applaudi dans tous les stades du pays dans lesquels je me rends - au moins en Italie -. Et c'est vraiment cela dont je suis le plus fier et le plus heureux. Tu n'imagines pas à quel point cette unanimité m'importe. Plus que les titres... Evidemment la situation me déplaît. Quand il s'agit de quelque chose d'aussi important, chaque homme doit prendre ses responsabilités. Comme je ne connais pas précisément tous les détails, je ne peux pas me permettre d'émettre un avis définitif sur la question. La seule chose que je pense devoir dire, c'est qu'il n'est pas juste que les Jeux Olympiques, qui incarnent le sport, la fraternité, le partage, soient associés à une situation qui existe depuis des décennies. Voilà, c'est ça, qu'on aurait dû résoudre depuis longtemps. On devra trouver de toute façon une issue positive. Pour moi, il est normal de se tenir informé, car, pour moi au final, le clivage droite-gauche n'existe pas, n'existe plus. Pour moi, on doit pouvoir résumer les choses à " un penser juste " et un " penser moins juste " ( sic), qui varie selon les gens. En plus d'être footballeurs nous sommes citoyens, il est donc normal de se sentir complètement concernés. ( Rires un peu gênés) C'est quelque chose de très subjectif. On est en train de vivre une époque très délicate au niveau mondial et, dans certaines situations, il faut trouver le juste équilibre entre démocratie et rigueur restrictive, à partir du moment où les gens n'arrivent plus à vivre ensemble. Oui voilà, c'est ça, un juste équilibre entre démocratie et restriction. ... A certains moments, pour lutter contre certaines dérives, le gouvernement se doit d'être impitoyable quand les conditions l'exigent... Je suis très, très croyant, très religieux, très pratiquant. Mais c'est une chose sur laquelle je n'ai pas envie de m'exprimer publiquement. par rico rizzitelli et lucas duvernet-coppolaphotos: reuters