" Le Brésil de Pelé a dominé la Coupe du Monde 70 de la tête et des épaules. A cette époque, un ancien journaliste de Sport/Foot Magazine, Henry Guldemont, écrivit que le sud de la Belgique défendait et que le nord attaquait. Le Standard détenait une grande ligne arrière. Les Anderlechtois et Raoul Lambert (Club Bruges) animaient le compartiment offensif. Au Mexique, il y a aussi eu du bazar chez les Diables. Mais ce ne fut pas aussi grave que de nos jours. On a dit que les Brugeois n'étaient pas bien v...

" Le Brésil de Pelé a dominé la Coupe du Monde 70 de la tête et des épaules. A cette époque, un ancien journaliste de Sport/Foot Magazine, Henry Guldemont, écrivit que le sud de la Belgique défendait et que le nord attaquait. Le Standard détenait une grande ligne arrière. Les Anderlechtois et Raoul Lambert (Club Bruges) animaient le compartiment offensif. Au Mexique, il y a aussi eu du bazar chez les Diables. Mais ce ne fut pas aussi grave que de nos jours. On a dit que les Brugeois n'étaient pas bien vus par le reste de l'effectif. Faux. Adidas avait 18 joueurs belges sous contrat pour la durée du Mundial et chacun devait percevoir... 750 euros. J'étais chargé de distribuer ce " pactole " mais l'entraîneur Raymond Goethals s'y opposa. Il estimait que le coach avait aussi droit à cette prime : nous avons trouvé une solution. Tout s'expliquait par l'ennui - notre pire ennemi - qui s'empara d'une équipe arrivée sur place... trois semaines (interminables) avant le début du Mundial pour s'adapter à l'altitude. Un jour, nous avons eu quelques heures libres à Mexico. J'ai découvert cette immense ville avec Pierre Carteus de Bruges. Nous sommes arrivés cinq minutes en retard au lieu de rassemblement et l'autobus des joueurs est parti sans nous : il a fallu héler un taxi pour le rattraper. Goethals était furax. Les plongées dans la piscine de l'hôtel ou le bronzage furent interdits : c'était à proscrire, disait-on, pour des footballeurs. Pendant ce temps, une équipe sud-américaine qui partageait le même hôtel organisait des fêtes, des barbecues, etc. Grâce à un ami qui travaillait à la RTT (Belgacom du passé), j'avais trouvé un truc pour que chaque Diable puisse téléphoner brièvement mais gratuitement tous les jours chez eux. Beaucoup étaient dévorés par le mal du pays. J'en ai vu qui pleuraient car il y avait des problèmes à la maison. A la longue, cet ennui dû en grande partie au manque de préparation de la fédération a miné le groupe et Roger Petit, alors chef de délégation, est intervenu avec autorité pour nous remonter les bretelles. Nous avons été éliminés suite à une défaite imméritée contre le Mexique (1-0, penalty imaginaire de Léon Jeck) et, mortifié, Goethals ne quitta pas sa chambre durant deux jours avant le retour en Belgique et nous lança à la figure : " Je vous aurais tous tués... " Il était déçu mais nous aussi et Paul Van Himst claqua la porte de l'équipe nationale avant de retrouver les Diables contre l'Ecosse, le 3 février 1971 au Standard : 3-0. Paul célébra son retour en marquant les trois buts dans une ambiance de folie. Sclessin était sous le charme d'un Anderlechtois : magnifique. " Né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)propos recueillis par pierre bilic