" Il y a 40 ans, quasi jour pour jour, le 22 avril 1970, les Mauves disputaient enfin une finale européenne (Coupe des Villes de Foires) contre Arsenal dans un stade qui portait encore le nom d' Emile Versé. Le chemin menant à ce premier point culminant de l'histoire internationale des Mauves avait été très long. Nous avons successivement éliminé Valur Reykjavik, Coleraine, Dumferline, Newcastle (c'est la première fois qu'un club belge sortait un adversaire anglais) et le grand Inter Milan avant de défier les Gunners. Nous...

" Il y a 40 ans, quasi jour pour jour, le 22 avril 1970, les Mauves disputaient enfin une finale européenne (Coupe des Villes de Foires) contre Arsenal dans un stade qui portait encore le nom d' Emile Versé. Le chemin menant à ce premier point culminant de l'histoire internationale des Mauves avait été très long. Nous avons successivement éliminé Valur Reykjavik, Coleraine, Dumferline, Newcastle (c'est la première fois qu'un club belge sortait un adversaire anglais) et le grand Inter Milan avant de défier les Gunners. Nous sommes parfois passés par la petite porte comme contre Newcastle (2-0 chez nous, 3-1 là-bas avec un but de Tom Nordahl à la 88e minute). En demi-finales, l'Inter s'imposa chez nous (0-1), une partie de l'effectif n'avait pas digéré le poisson du déjeuner. Paul Van Himst fut trop malade pour prendre part à la première manche. Mais nous avons redressé le tir à San Siro (0-2, deux fois Pummy Bergholtz). Petit à petit, nous nous sommes piqués au jeu de cette Coupe. Et, comme le Standard cette saison, Anderlecht fit aussi passer l'Europe avant le championnat. Il suffit de regarder le classement final de la saison 1969-70 : Standard champion, Anderlecht quatrième. L'Europe nous a coûté des points et de l'énergie. Pierre Sinibaldi était revenu au club cette saison-là après avoir connu de grands succès de 1960 à 1966. Le coach était un géant de son métier. A l'époque, son équipe et son système de jeu l'intéressaient. Le reste moins. Sinibaldi ne scoutait pas les adversaires européens et Jan Mulder le lui reprocha quelques fois. A Bruxelles, Anderlecht a explosé Arsenal (3-1) mais le but de Kennedy à la 82e minute était plutôt ennuyeux. A Londres, on n'a pas existé et, c'est vrai, la défense n'a pas vécu une grande soirée. Après l'aller, nous avons peut-être cru que c'était dans la poche. Le public de Highbury a parfaitement assumé son rôle de douzième homme. C'était la folie et, comme je l'ai déjà raconté, Wilfried Puis a commis un gros impair la veille du match retour. Pendant la reconnaissance du stade, notre extérieur gauche fut incapable de retenir un besoin urgent et urina discrètement sur la pelouse. Cela n'échappa pas à un photographe et, le lendemain, les tabloïds nous ont fameusement tacklé. Je ne dis pas que Manneken-Puis nous a coûté la finale mais nos adversaires étaient fameusement remontés par ce manque de respect very shocking. C'est la plus grosse déception de ma carrière. Cette finale, j'en rêvais. Anderlecht aurait pu la gagner et elle nous fila sous le nez. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)propos recueillis par pierre bilic