Quand on s'appelle WilfriedVan Moer, on ne peut être originaire que d'une région de polders, de tourbières et de marécages, affirme-t-on à Beveren. Les Van Moer y sont nombreux et surtout cafetiers et fabricants de sabots durant les années 40, 50 et 60. Wilfried y vit son enfance et sa jeunesse. Son père, Mon', exploite alors le café Nieuwe Wijk (nouveau quartier). De là, on peut voir un petit terrain de foot mis à la d...

Quand on s'appelle WilfriedVan Moer, on ne peut être originaire que d'une région de polders, de tourbières et de marécages, affirme-t-on à Beveren. Les Van Moer y sont nombreux et surtout cafetiers et fabricants de sabots durant les années 40, 50 et 60. Wilfried y vit son enfance et sa jeunesse. Son père, Mon', exploite alors le café Nieuwe Wijk (nouveau quartier). De là, on peut voir un petit terrain de foot mis à la disposition des Cadets du club. Les gens l'appellent Congo, peut-être parce qu'il était fait de sable jaune. " En allant à l'école, je devais passer par là ", a raconté Van Moer. " Dans ma famille, pour jouer au foot, il n'était pas nécessaire de résoudre de pénibles problèmes de conscience ni de se rebeller contre la tyrannie paternelle. Dans mon quartier, tout s'est toujours déroulé sans difficulté : on naît, on va à l'école, on va shooter au Congo, on entre au club et puis on va travailler à l'usine... " Il faisait partie d'une génération de jeunes gars talentueux qui propulsent Beveren (surnommé Petit Santos ou Nouvel Anderlecht tant son jeu est léché) de Promotion en D2. Il joue ensuite en D1 avec l'Antwerp où il est transféré pour 37.000 euros. En 1968, Van Moer a eu un contact intéressant avec Cologne avant de se mettre personnellement d'accord avec le Club Bruges. Mais feu Roger Petit, secrétaire général du Standard, le veut à tout prix et propose 160.000 euros (un record à l'époque) à Eddy Wauters, le président de l'Antwerp qui descend en D2. Un soir, Van Moer invite la délégation brugeoise à quitter son domicile par le jardin car un émissaire du Standard (Monsieur Meuffels) attend devant la porte d'entrée. A l'époque, Constant Vanden Stock a été fraîchement nommé administrateur de Bruges et propose d'ajouter 25.000 euros de sa cassette personnelle pour atteindre 134.000 euros. Mais le conseil brugeois refuse la proposition de Vanden Stock pour limiter son influence : c'est une grave erreur. Petit poursuit son offensive éclair, offre 160.000 euros à l'Antwerp et peu avant la fin de la période des transferts, Wauters lance un ultimatum à Van Moer : -Tu signes au Standard ou tu joues avec nous en D2. On ne parle pas encore de l'arrêt Bosman et Van Moer n'a pas le choix. Guidé par Nicolas Dewalque, qui connaît Liège comme sa poche, il trouve rapidement ses marques et y écrit tout de suite de magnifiques pages d'histoire.