" A l'occasion du prochain Allemagne-Belgique, on se souviendra certainement de quelques bons joueurs de D1 venus du pays de la Bundesliga : Erwin Albert, Helmuth Graf, Heinz Schönberger, Erwin Kostedde, Helmuth Brösch, Harald Nickel, etc. Le plus doué s'appelait Lothar Emmerich. Il est désormais inimaginable qu'un attaquant de cette classe débarque dans un club belge. Trois ans avant de signer au Beersc...

" A l'occasion du prochain Allemagne-Belgique, on se souviendra certainement de quelques bons joueurs de D1 venus du pays de la Bundesliga : Erwin Albert, Helmuth Graf, Heinz Schönberger, Erwin Kostedde, Helmuth Brösch, Harald Nickel, etc. Le plus doué s'appelait Lothar Emmerich. Il est désormais inimaginable qu'un attaquant de cette classe débarque dans un club belge. Trois ans avant de signer au Beerschot en 1969, ce redoutable gaucher né le 29 novembre 1943 disputait la finale de la Coupe du Monde 66. Cet Angleterre-Allemagne (4-2 après prolongations) fait partie de la légende du football : le ballon du 3-2 de Geoff Hurst à la 100e minute de jeu avait-il entièrement franchi la ligne fatidique ? Aucun but n'a jamais fait couler autant d'encre. Emmerich n'avait pas attendu cette finale pour accéder à la célébrité. Il porta durant neuf saisons le maillot du Borussia Dortmund avec qui il remporta, entre autres, la Coupe d'Allemagne en 1965 et la Coupe des Coupes en 1966 contre Liverpool à Glasgow (2-1 après prolongations). En plus de son célèbre gardien de but Hans Tilkowski, Dortmund pouvait compter sur des éléments offensifs de classe comme Sigi Held et Reinhard Libuda qui s'entendaient bien avec Emmerich. Celui qu'on surnomma amicalement Emma avait marqué 115 fois en 185 matches de Bundesliga avant de débarquer chez nous. Le Beerschot avait donc mis la main sur un buteur de classe mondiale. Il arriva au Kiel en même temps que le Finlandais Arto Tolsa et y joua avec des valeurs sûres de la D1 belge comme Guido Mallants, Bob Dalving, Rudi Belin, Yves Baré et un certain... Roger Claessen qui, entre le Standard et le Beerschot était passé par Alemania Aix-la-Chapelle. Vous imaginez une attaque Emmerich-Claessen ? Cela explosait de classe et de puissance même si ces deux stars étaient quand même sur la pente descendante de leur carrrière. Emma, dit-on, avait suivi un régime pour retrouver sa ligne et une solide faim de buts. En 1969-70, ce gaucher moderne qui passait en force ou en finesse, au gré de son inspiration, marqua 29 buts en 30 matches avec quelques hat-tricks à la clef. Emma était donc difficile à neutraliser, j'en sais quelque chose, et, la saison suivante, il participa à la conquête de la Coupe de Belgique gagnée 2-1 contre Saint-Trond. Puis cette star est rentrée dans les rangs et a quitté le Kiel en 1972 pour l'Austria Klagenfurt, le FC Schweinfurt, le FC Würzburg et le Kickers Würzburg avant de tourner la page et de suivre les matches du club de son c£ur, Dortmund. Un mal incurable l'emporta le 13 août 2003. Emmerich restera un des plus grands attaquants étrangers de l'histoire de notre D1. " PIERRE BILIC