Beveren restera un mauvais souvenir?
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Beveren restera un mauvais souvenir?Olivier Suray : La présence de Benoît Thans dans le noyau m'inspirait confiance car je me disais qu'avec son expérience, il s'était renseigné et qu'il n'était pas du genre à se laisser embarquer dans une galère. Le Turc - NDLA: Nazmi- parlait bien et je me disais que sa présence allait faciliter mon transfert d'Adana mais il lui a fallu plus de quinze jours pour tout régler. De plus, je pensais qu'il avait déjà amené l'argent promis mais nous n'en avons jamais vu la couleur. Un jour, il m'a même montré un chèque de 60 millions, mais à mon avis, c'était un faux. Aujourd'hui, c'est à Beveren de payer les dettes mais le club a tout de même commis l'erreur de laisser agir un type comme s'il était le président alors qu'il n'avait fait que des promesses. Quand Benoît est parti, je me suis dit que, désormais, ce serait chacun pour soi. Si j'avais pu aller en Italie ou en Grèce, je l'aurais fait. Mais pour l'Italie, il fallait passer quatre jours de tests et ni l'entraîneur ni moi-même n'étions d'accord. Pour ce qui est de Paniliakos, j'avais exigé d'être payé cash dès mon arrivée, mais quand j'ai débarqué, ils ont voulu chipoter avec des payements étalés et des garanties bancaires. Je ne voulais plus d'ennuis et je suis rentré. Je ne le regrette d'ailleurs pas trop car ce club, qui était déjà mal embarqué, est descendu. Tandis que Beveren, que tout le monde condamnait d'avance, fut rapidement à l'abri.Nous avons pris beaucoup de points en début de championnat. Notre deuxième tour fut plus mauvais mais c'est dû aux nombreux problèmes de joueurs qui ne voulaient plus jouer ou qui devaient partir. Finalement, nous nous sommes retrouvés à seize, dont la plupart n'avaient pas trente matches de D1 dans les jambes. Je pense que si nous avions pu garder notre sérénité et si Benoît Thans n'était pas parti, nous aurions terminé avant le Lierse.Thans en veut à Emilio Ferrera de l'avoir emmené dans cette galère. Est-ce aussi votre cas?Lors du dernier entraînement, j'ai eu une grosse discussion avec Ferrera parce qu'il avait lu dans un journal qu'il ne fallait plus jamais me parler de lui. J'aurais préféré qu'on discute un peu plus souvent et de façon moins virulente, afin de crever les abcès s'il y en avait. Depuis que Benoît est parti, je pense qu'il me soupçonne d'avoir pris son parti parce que nous étions souvent ensemble. Mais je n'ai jamais voulu me mêler de leur différend. Ce que je regrette, c'est qu'Emilio ne m'ait plus fait jouer à un certain moment parce qu'il voulait donner priorité à des joueurs qui seraient encore là la saison prochaine. Je peux le comprendre, mais moi, j'avais signé pour un an, pas pour sept mois. En résumé, je pense qu'Emilio Ferrera est un bon entraîneur et qu'il deviendra peut-être même très bon. Mais s'il ne change pas son fusil d'épaule dans son dialogue avec les joueurs, il passera toujours par des moments difficiles.Vous était-il impossible de resigner à Beveren?Je suis le premier auquel Emilio a demandé de rester aux mêmes conditions mais, à l'époque, le club n'avait pas encore sa licence et n'avait pas encore payé les dettes de cette année. Bien sûr, si je n'avais rien eu, j'aurais accepté car j'ai une famille à nourrir. Mais actuellement, Beveren n'a toujours que onze joueurs sous contrat. Le vice-président a allongé pas mal d'argent pour effacer l'ardoise et il ne voudra sans doute plus faire de folie. Après le scandale qui a éclaté en pleine saison, je doute également qu'un nouveau lot de six Brésiliens arrive en renfort. D'un autre côté, le club devrait pouvoir compter sur l'arrivée de quatre joueurs d'Arsenal et d'un apport de cinquante millions. Sans cela, ce sera difficile. Et puis, ils doivent savoir que les deux derniers clubs que j'ai quitté (Altay et Adana) sont descendus l'année suivante (il rit).