Samedi 7 février. Le FC Panthrakikos reçoit la visite d'Olimpiacos, autoritaire leader du championnat. Un match où l'équipe locale, avec 25 points à son actif contre 51 à son prestigieux adversaire, n'a pas grand-chose à perdre. EmilioFerrera l'a bien compris et décide de se passer volontairement de la moitié de son onze de base dans l'optique d'autres rendez-vous, plus importants. Il faut savoir qu'en Grèce la réglementation concernant les joueurs avertis n'est pas la même que chez nous. Là-bas, quatre avertissements signifient automatiquement un match de suspension. Et au lieu d'être punis d'office pour la rencontre suivante, ils disposent d'un mois pour purger leur peine et peuvent donc choisir quand ils feront l'impasse. Au bout de six jaunes, c'est de deux...

Samedi 7 février. Le FC Panthrakikos reçoit la visite d'Olimpiacos, autoritaire leader du championnat. Un match où l'équipe locale, avec 25 points à son actif contre 51 à son prestigieux adversaire, n'a pas grand-chose à perdre. EmilioFerrera l'a bien compris et décide de se passer volontairement de la moitié de son onze de base dans l'optique d'autres rendez-vous, plus importants. Il faut savoir qu'en Grèce la réglementation concernant les joueurs avertis n'est pas la même que chez nous. Là-bas, quatre avertissements signifient automatiquement un match de suspension. Et au lieu d'être punis d'office pour la rencontre suivante, ils disposent d'un mois pour purger leur peine et peuvent donc choisir quand ils feront l'impasse. Au bout de six jaunes, c'est de deux joutes qu'ils sont privés mais, une fois encore, ils ont un mois pour remettre leur compteur à zéro. Comme Egutu Oliseh, Ludovic Clement, Lorenzo Riera, Abdul Diallo et le capitaine Juan Velasco doivent tous rester encore un match à l'écart, c'est contre l'Olimpiacos qu'ils s'y collent. De grand matin, c'est l'effervescence à Komotini : 2.500 fans athéniens ont fait le déplacement de 700 kilomètres jusqu'à cette cité de 30.000 âmes. A l'hôtel Arcadia, à la fois lieu de résidence de l'entraîneur et de retraite pour ses ouailles, la concentration est de mise. De 8 à 10 h, les joueurs défilent pour le petit-déjeuner, puis ils sont convoqués à une séance de théorie. A 14 h, après un repas léger, tout le monde embarque à destination du stade. Ferrera nous fait une fleur : partager le car du club. Seule injonction : pas de clichés ou d'interviews de joueurs pendant la durée du trajet, car ceux-ci doivent être focalisés sur leur match. Chacun reçoit d'ailleurs une feuille personnelle avec les recommandations à respecter sur les phases arrêtées. Malgré une équipe de fortune, Panthrakikos tient la dragée haute aux joueurs du Pirée, gênés par un pressing très haut. L'équipe paie toutefois au prix fort deux erreurs de ses doublures Anestis Argyriou et Ioannis Kanotidis qui profitent à la star argentine Luciana Galletti avant la pause. Après, le team local est de loin le plus menaçant mais le score en reste à 0-2 en dépit d'un superbe mouvement orchestré par Tim Matthys mais que Sergio Ponce ne parvient pas à dévier au fond des filets de l'expérimenté Antonis Nikopolidis. Conférence de presse. Ernesto Valverde, ancien mentor de l'Espanyol Barcelone, en charge de l'Olimpiacos, y va de compliments à l'égard de l'adversaire du jour et de son coach : " Nous avons éprouvé toutes les peines du monde à développer notre jeu mais l'opposant n'a pas hésité à nous harceler dans notre propre camp. Son coach a bien disposé ses pions face à notre trio d'attaque formé de Sebastian Leto, Galletti et Fernando Belluschi. J'ai aussi découvert un formidable joueur aujourd'hui : Tim Matthys. Ses raids dévastateurs nous ont fait extrêmement mal. J'estime néanmoins que notre victoire est méritée car nous avons eu les coups de patte qu'il fallait. " Ferrera pénètre à son tour dans le local, flanqué du physical trainer, qui lui sert de traducteur. Notre compatriote s'exprime en italien avec lui et s'en tient à quelques banalités d'usage car les medias grecs profitent du moindre dérapage verbal pour monter une affaire en épingle. Cette conférence de presse est la seule qu'il accorde aux journalistes au grand complet. Pour le reste, il se borne à un rendez-vous en petit comité la veille ou l'avant-veille d'une rencontre : " En Belgique, j'en ai trop fait. Il m'est arrivé de monter aux créneaux pour une virgule mal placée. Ici, en raison de la barrière de la langue, je m'en tiens au strict minimum. Et ce n'est pas plus mal : on me juge sur mes résultats et non sur mes paroles. " Dans le bus qui nous ramène à l'hôtel, notre homme revient une dernière fois sur le match : " Je me demande quand même quel aurait été son verdict si nous avions été au complet... "