Samedi, trois quarts d'heure après la défaite de Mons contre Charleroi. EnzoScifo quitte l'espace vestiaires pour aller en conférence de presse, il est interpellé par un supporter : " Hé Enzo, elle est où ton équipe ? Elle est où l'ambition ? On n'a déjà plus de public, maintenant il n'y a plus rien sur le terrain. " Ça ne tourne pas, c'est clair. Avec le Cercle, Lokeren et Charleroi, les Montois avaient un début de parcours abordable sur le papier. Bilan : un seul point. Scifo n'a jamais connu un départ aussi compliqué depuis qu'il entraîne en D1 (voir encadré). Voici pourquoi et comment Mons rate son début de championnat.
...

Samedi, trois quarts d'heure après la défaite de Mons contre Charleroi. EnzoScifo quitte l'espace vestiaires pour aller en conférence de presse, il est interpellé par un supporter : " Hé Enzo, elle est où ton équipe ? Elle est où l'ambition ? On n'a déjà plus de public, maintenant il n'y a plus rien sur le terrain. " Ça ne tourne pas, c'est clair. Avec le Cercle, Lokeren et Charleroi, les Montois avaient un début de parcours abordable sur le papier. Bilan : un seul point. Scifo n'a jamais connu un départ aussi compliqué depuis qu'il entraîne en D1 (voir encadré). Voici pourquoi et comment Mons rate son début de championnat. Lors des trois matches, Mons menait 1-0 à la mi-temps. Chaque fois, l'équipe s'est écroulée dans les trois derniers quarts d'heure. Manque-t-il du jus ? C'est ce qu'on déduit du discours de Thomas Chatelle : " Nous produisons une grosse débauche d'énergie en première mi-temps, ce fut à nouveau le cas contre Charleroi. Il faut savoir se mettre à l'abri, tuer le match, pour ensuite gérer en gardant la tête froide, en soignant le positionnement. Parce qu'il n'est pas possible de jouer une heure et demie au même rythme. " A côté de l'aspect physique, il y a le côté mental. Dès que les Montois encaissent, on a l'impression que l'esprit de révolte disparaît. Y a-t-il assez de gueulards dans l'équipe ? Pas sûr. Sur ce plan-là, Benjamin Nicaise et Cédric Berthelin n'ont pas été remplacés. Dans le magazine du club, Olivier Werner reconnaît que " Berthelin laisse un vide qui n'est pas facile à combler. " Depuis le départ de Jérémy Perbet, Enzo Scifo joue à fond la carte de Shlomi Arbeitman en pointe. Mais les stats de l'Israélien sont faméliques par rapport à celles du Français. Jusqu'à la semaine dernière, Scifo avait toujours l'atout Aloys Nong sous la main, mais il se retrouve maintenant en D1 espagnole - un transfert étonnant car il a rarement cassé la baraque avec Mons. Arbeitman se bat mais il lui manque l'efficacité. Dans le noyau, il n'y a pas de tueur. Mustapha Jarju est buteur de temps en temps mais ce n'est quand même pas sa première qualité et il occupe de toute façon un rôle trop en retrait, derrière Arbeitman, pour marquer régulièrement. Il y a alors les ailiers : Thomas Chatelle n'a rien d'un buteur, par contre Arnor Angeli a déjà frappé deux fois cette saison. Une demi-heure face au Cercle, un quart d'heure à Lokeren, à nouveau un quart d'heure contre Charleroi : c'est trop peu pour un joueur du niveau de Joachim Mununga. Parmi les rares transferts, le défenseur israélien Yuval Shpungin (trois fois titulaire) était un inconnu mais Mununga était censé être une valeur sûre et un pilier du vestiaire. Le coach continue donc à réclamer des renforts, et ce week-end, Mons négociait l'arrivée d'un attaquant international polonais. " Il nous manque plus qu'un joueur ", a lancé le coach. Peter Franquart, Tim Matthys, Nicolas Timmermans et Pieterjan Monteyne étaient sur le banc contre Charleroi. Autant de joueurs d'expérience et d'ex-piliers de l'équipe. Ils ne sont même pas montés, Scifo a préféré lancer Noé Dussenne, Dylan De Belder et Mununga. Aucun n'a apporté une plus-value. De l'autre côté, Felice Mazzu a introduit Jamal Thiare et Habib Daf : un assist pour le premier, le but de la victoire pour le second. Commentaire d'Enzo Scifo : " Les remplaçants sont censés amener de la fraîcheur et de la profondeur. Depuis le début du championnat, aucun ne l'a fait. A partir du moment où un changement n'apporte rien, je dis que c'est un mauvais changement - même si les joueurs en question ne sont pas nécessairement les seuls responsables. C'est regrettable. La saison dernière, ça nous amenait presque systématiquement un plus. " Juste après le match, Scifo a vu les images : " David Pollet est hors-jeu sur son but. Ce sont des détails, ils étaient souvent en notre faveur la saison passée alors que c'est l'inverse maintenant. " Il y a aussi eu deux frappes sur le cadre. Et le penalty raté par Arbeitman - ou repoussé par l'excellent Parfait Mandanda. Sur le sujet, le coach montois l'avait mauvaise : " Je ne vais pas m'exprimer parce que je pourrais m'énerver. " L'Israélien s'est emparé du ballon alors que le premier tireur désigné est Angeli. Un Angeli qui est en forme et en confiance alors que c'est tout le contraire pour Arbeitman. Le calendrier immédiat de Mons est infernal. " Nous aurons moins de pression, ce n'est peut-être pas plus mal ", relativise Thomas Chatelle. " On pourrait voir une équipe plus libérée. " Scifo : " On savait depuis le début qu'il fallait prendre des points là où on pouvait en prendre... Il n'y a encore eu que trois matches, il ne faut pas se précipiter, pas croire que tout est fichu. Mais on fait clairement partie des équipes qui vont lutter dans les prochaines semaines. " PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO : IMAGEGLOBE