La saison passée déjà, Dieumerci Mbokani a eu une part importante dans le succès de l'Antwerp : il était impliqué dans 40% des buts. Initialement, l'ancienne machine à marquer d'Anderlecht et du Standard semblait évoluer et devenir plutôt passeur que finisseur, avec seulement 1 but et 4 assists dans ses huit premiers matches. Mais finalement, son compteur allait indiquer 14 buts et 6 assists, toutes compétitions confondues.
...

La saison passée déjà, Dieumerci Mbokani a eu une part importante dans le succès de l'Antwerp : il était impliqué dans 40% des buts. Initialement, l'ancienne machine à marquer d'Anderlecht et du Standard semblait évoluer et devenir plutôt passeur que finisseur, avec seulement 1 but et 4 assists dans ses huit premiers matches. Mais finalement, son compteur allait indiquer 14 buts et 6 assists, toutes compétitions confondues. À titre de comparaison, Lior Refaelov, le roi des assists, a marqué 11 buts et délivré seulement 4 passes décisives. L'Antwerp a vu sa belle saison couronnée par un billet européen. Dans le match de barrage contre Charleroi, le matricule un a rapidement été mené par deux buts mais il a renversé le cours du match grâce à deux goals de Mbokani et à un penalty de Refaelov. Les deux gros transferts de Luciano D'Onofrio ont donc été rentables. La saison 2019-2020 n'est encore qu'à mi-chemin mais Mbokani a déjà fait mieux que l'année passée (19 goals, 7 assists). Alors qu'il lui fallait 201 minutes pour marquer, il trouve actuellement le chemin des filets toutes les 126 minutes. Ceux qui pensaient que l'Antwerp avait enrôlé avec lui une vedette usée se sont donc trompés. Malgré ses 34 printemps, Mbokani a presque tout joué avec l'Antwerp depuis un an et demi. La rapide succession des matches le laisse donc de marbre. L'âge ne semble pas avoir de prise sur lui. Mbokani est de plus en plus important dans le système de Laszlo Bölöni. Sa part dans la production de buts de l'Antwerp a même augmenté : 50% contre 40% la saison dernière. L'année passée, l'entraîneur roumain attaquait déjà par les flancs, avec les arrières latéraux offensifs Jukleröd et Buta. Rodrigues, Baby, Lamkel Zé ou Refaelov étaient chargés d'induire une supériorité numérique sur le flanc pour dégager des espaces permettant de passer le ballon à Mbokani et aux joueurs montés ( Owusu et Haroun). Cette année aussi, les passes des flancs restent l'atout majeur de l'Antwerp. Ce choix semble parfaitement adapté aux qualités de l'avant, redoutable dans le rectangle. Si on analyse les buts de Mbokani, on constate qu'il a inscrit douze de ses 19 buts suite à une passe. Indépendamment des quatre coups de réparation convertis, il n'a inscrit que trois buts de champ sans passe préalable : deux rebonds et un cadeau de Fai contre le Standard. Mbokani n'a sans doute pas une accélération formidable ni un tir à distance fantastique mais ça n'a pas d'importance dans la tactique de cet Antwerp. Grâce à l'injection de qualité dont a bénéficié le noyau cette saison ( Defour, Mirallas, Miyoshi, De Sart, Hoedt...), Bölöni peut jouer plus haut, ce qui permet à Mbokani d'être plus souvent servi dans le rectangle, là où il est le plus dangereux, ce qui ressort des endroits d'où il a marqué. Autre élément frappant des endroits d'où Mbokani a marqué : le Congolais n'a tiré du pied ou de la tête avec succès que du rectangle, en général à moins de dix mètres du but. Il va de soi que d'aussi près, on a plus de chances de marquer que si on ajuste un tir des trente mètres. C'est sans doute ce qui le différencie le plus des autres avants de Jupiler Pro League. Mbokani ne tire que de positions où il a de fortes chances de réussir. Si on étudie le nombre d' expected goals (buts attendus) sur base de ses tirs, le meilleur réalisateur de l'Antwerp est tout simplement hors-catégorie en Belgique. Mbokani n'est même pas un pur killer qui convertit la moindre occasion. Si on compare le nombre de ses expeted goals au nombre de goals effectivement marqués, il ne fait pas mieux et est même moins efficace que ses concurrents au titre de meilleur buteur, comme Yaremchuk ou Boli. Mais Mbokani fait la différence parce qu'il est passé maître dans l'art de choisir la bonne position devant la cage. Bölöni a opté pour une tactique qui sert son avant-centre comme celui-ci le souhaite, par des passes hautes ou basses proches du but. Ses joueurs possèdent les qualités nécessaires pour amener le ballon où Mbokani le veut. Et Dieu se charge du reste, avec succès.