Son agenda déborde de rendez-vous nationaux plus importants les uns que les autres. Pourtant, le président du PS, Elio Di Rupo (53 ans), reste attaché à ses racines montoises. En tant que bourgmestre, il supervise tout ce qui se passe dans la capitale hennuyère. Il a vécu de près la descente aux enfers û même si on parle plutôt de purgatoire lorsque l'on évoque la D2 û du club de la ville. Pour nous en parler, il nous reçoit dans son bureau de l'hôtel de ville, garni de tapisseries offertes au 17e siècle par Louis XIV pour se faire pardonner le bombardement de la ville.
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Son agenda déborde de rendez-vous nationaux plus importants les uns que les autres. Pourtant, le président du PS, Elio Di Rupo (53 ans), reste attaché à ses racines montoises. En tant que bourgmestre, il supervise tout ce qui se passe dans la capitale hennuyère. Il a vécu de près la descente aux enfers û même si on parle plutôt de purgatoire lorsque l'on évoque la D2 û du club de la ville. Pour nous en parler, il nous reçoit dans son bureau de l'hôtel de ville, garni de tapisseries offertes au 17e siècle par Louis XIV pour se faire pardonner le bombardement de la ville. D'emblée, il s'avoue vaincu par l'incertitude du sport : " Le football au sommet, c'est un sport spectacle qui a plusieurs contingences. Financières mais aussi sportives. Heureusement d'ailleurs... Et il faut bien admettre ces lois du sport. Quand on gagne tant mieux et quand on perd tant pis. En l'occurrence, malgré la bonne volonté de certains, Mons s'est mal comporté sportivement. La sanction est la descente en D2. A nous de transformer cet échec en opportunité pour repenser la stratégie sportive et la gestion du club dans l'espoir de le ramener en D1 ". Lorsqu'on lui demande de qualifier la saison montoise, il est direct : " Décevant, c'est le moins que l'on puisse dire. Cela ne s'est pas joué lors des derniers matches. Après un bon début de deuxième partie de saison, il y a eu un effondrement et on a raté des rendez-vous que l'on ne pouvait pas rater et cela a pesé dans la balance ". Pourtant, il refuse de blâmer qui que ce soit. Le discours se veut prudent quand il évoque le président DominiqueLeone : " On a affaire à un président de qualité qui s'investit de manière très intense, personnellement et financièrement. J'ai le sentiment qu'il a été dupé par un certain nombre d'accords et de contrats et cela a eu un effet assez désastreux sur le coût et sur le climat dans l'équipe. Pourtant, malgré le fait que cette équipe soit composée de nombreux joueurs non-Montois, c'est un club dont le patrimoine appartient à tout le monde. Il y a eu un sentiment, à un moment donné, de positionnement clanique et là, je crois que le président en a eu conscience en prenant les décisions qu'il fallait ". Di Rupo fustige cette mainmise italienne instaurée autour du duo Sergio Brio- Giocondo Martorelli mais il n'en dira pas plus et ne concédera pas les nombreuses erreurs de gestion commises : " J'entretiens des relations cordiales avec le président Leone et je lui reconnais tous les efforts qu'il a accomplis. Je n'ai aucune difficulté, que ce soit pour être positif ou négatif, à décrocher mon téléphone et à l'appeler. Il ne faut pas un protocole pour se parler. J'ai toujours prévenu quand les choses n'allaient pas et je le félicite quand les choses tournent bien. Il ne faut personne entre le président et moi-même ". Par cette petite phrase, il réfute la position privilégiée que l'on attribuait à Geo Van Pyperzeele. On le disait être l'homme de la ville mais il a pris un peu de recul après avoir subi de plein fouet les critiques tout au long de l'année. Di Rupo continue cependant à lui attribuer du mérite : " J'ai beaucoup d'estime pour Geo, qui a une sensibilité et une expertise sportive remarquable et avec qui nous entretenons une excellente relation. Mais il n'est pas l'homme de la ville. Il ne me fait pas rapport hebdomadairement. Et il s'en plaint parfois ". La saison dernière, les sourcils des observateurs du foot belge se sont aussi haussés quant l'homme politique a remis son tablier de président d'honneur : " Je n'ai plus voulu aucune responsabilité car je dois m'en tenir à une certaine neutralité. Je trouvais que mon rôle était d'être président d'honneur de tous les clubs de la ville mais cela devenait ridicule car c'est intenable. Et là, je donnais l'impression de privilégier un cercle par rapport aux autres ". Mais il conserve une très grande influence sur son club. Comme en témoigne sa lettre ouverte adressée au président Leone après l'affaire Nutella dans laquelle il affirmait " bien que vous ne soyez les auteurs de ces agissements, ceux-ci ne peuvent être cautionnés. Je ne puis admettre l'attitude de votre entraîneur et de son entourage (...) J'insiste pour qu'ils présentent leurs excuses ". Et ces derniers de s'exécuter avant de s'effacer : " L'altercation avec Olivier Suray et cette histoire avec le journaliste de la RTBF... Tout cela a dépassé les limites de l'acceptable. Cela portait un préjudice à la réputation de la ville et je ne pouvais pas le cautionner. Il y a un minimum d'éthique à avoir dans le domaine du sport et à fortiori quand on défend les couleurs d'une ville dont je suis le maire. C'est mon rôle d'intervenir quand la situation est grave et j'avais trouvé qu'elle était grave ". Si Di Rupo est rentré dans le rang par la suite, c'est tout simplement parce qu'il sentait que les choses reprenaient leur cours : " Du moins sur le plan de la déontologie et de l'éthique. Sur le plan sportif, cela n'a pas été mais ça... ". Pourtant, la ville va encore soutenir à bout de bras le RAEC Mons : " On va travailler pour améliorer les conditions du club. Après une discussion avec ses dirigeants, nous avons considéré qu'il fallait être prudent et raisonnable. D'abord essayer de réparer le terrain central qui est terriblement amoché. Cela me fâche d'ailleurs. Le fait que l'on ait cassé les drains et qu'il y ait une inondation du côté de la tribune alors que nous avions un des plus beaux terrains de Belgique. Et puis, il y a les terrains d'entraînement. On voudrait un synthétique et deux autres améliorés - NDLR : Le ministre régional a donné son accord pour le début des travaux. C'est la priorité. On créerait des conditions de jeu et de préparation meilleures. Pour les travaux de la tribune latérale, on fera le point en décembre. En fonction de l'évolution sportive, on commencera les travaux en janvier ou pas ". Quitte à se lancer sans garantie de montée ? Di Rupo : " Quand nous avons mis en chantier la tribune principale, nous ne savions pas si on allait rester en D1 ". Mais ici, il touche une autre corde sensible. Mons n'a pas évité les critiques flamandes concernant les subsides publics octroyés pour la rénovation du stade. Alors, les communes wallonnes favorisent-elles les clubs francophones ? " Ce sont des accusations clichées. Les jugements dépendent de ceux qui les portent et il faut regarder pourquoi les gens portent telles ou telles accusations. Nous ne mettons pas d'argent dans le club. Nous avons des infrastructures qui appartiennent à la commune û il y a un apport régional û et que nous mettons à la disposition du club. Et je compte les utiliser pour organiser l'un ou l'autre concert rock. C'est donc un bien patrimonial public. Je ne connais pas bien le système néerlandophone d'intervention dans les infrastructures sportives mais je serais très étonné qu'il n'y ait pas d'intervention régionale. Cela reste le rôle du politique et je n'y vois pas matière à scandale. Quand on a fait l'EURO 2000, on a mis beaucoup d'argent dans les stades à Liège, Charleroi, Bruxelles ou Bruges. Et c'était de l'argent public ". En attendant, les propos du président d'Ostende Eddy Vergeylen ont fait tache d'huile et se sont inscrits dans l'imaginaire collectif flamand : " Oui mais vous ne pouvez pas éviter ces attaques contre la Wallonie ". Le président du PS ira même jusqu'à dire que des villes comme Charleroi ou Mons ne bénéficient pas de plus de facilités parce qu'elles sont gouvernées par des cadors socialistes : " Je ne suis pas le porte valise de quelque club que ce soit. Je ne fais pas la moindre pression pour un sponsor. J'essaie d'établir des contacts et de faire en sorte qu'il y ait de bonnes relations. Il faut mériter les sponsors car il y a une réalité économique. Il est par exemple plus facile de trouver des sous pour le basket car la fédération de ce sport absorbe moins de sous que celle de football. Beaucoup d'entreprises disent : - On a mis de l'argent dans l'Union Belge, on ne veut plus en mettre dans les clubs. A Mons, je fais en sorte que les clubs se parlent entre eux et puissent y trouver un certain intérêt ". En conclusion, Di Rupo attribue un avenir radieux au RAEC. Mais que se passera-t-il en cas d'échec ? " Dans toute ma vie politique, je ne suis jamais parti avec l'hypothèse d'un échec. D'abord, je ne les accepte pas... Il faut donc repartir avec une stratégie où chaque point compte, où chaque match est important, où il y a une mobilisation réelle dès le début. Car on gagne une saison sur ses premiers matches. Je le dis souvent à mes étudiants : si on veut réussir à l'université, ce sont les trois premiers mois de candidature qui sont les plus cruciaux ". Mais il sait qu'en cas d'échec, il devrait alors une nouvelle fois sortir de l'ombre. Et sans doute congédier le président ? Di Rupo : " On n'en est pas là. Il faut saluer M. Leone. On ne trouve pas facilement des présidents qui sont prêts à s'investir comme il le fait. Notre rôle est de le soutenir ". Stéphane Vande Velde" La descente est une opportunité pour repenser la stratégie et la gestion dans L'ESPOIR DE REVENIR EN D1 "