Jeudi 30 septembre 2010, deuxième journée des poules de l'Europa League. Le Stadionul de Bucarest est pris d'effroi. Les supporters du Steaua piquent une crise de schizophrénie quand ils voient leurs favoris, qui avaient mené 3-0 après 16 minutes, être rejoints à la marque à la... 98e. Le lendemain, la presse roumaine se déchaîne et l' Evenimentul Zilei s'emballe. Dans sa version on line, le quotidien accuse ouvertement l'arbitre polonais MarcinBorski. En accordant quatre minutes supplémentaires aux quatre annoncées, il a tué le club de la capitale roumaine : " Le Steaua a été victime d'une exécution de style mafieux. "
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Jeudi 30 septembre 2010, deuxième journée des poules de l'Europa League. Le Stadionul de Bucarest est pris d'effroi. Les supporters du Steaua piquent une crise de schizophrénie quand ils voient leurs favoris, qui avaient mené 3-0 après 16 minutes, être rejoints à la marque à la... 98e. Le lendemain, la presse roumaine se déchaîne et l' Evenimentul Zilei s'emballe. Dans sa version on line, le quotidien accuse ouvertement l'arbitre polonais MarcinBorski. En accordant quatre minutes supplémentaires aux quatre annoncées, il a tué le club de la capitale roumaine : " Le Steaua a été victime d'une exécution de style mafieux. " Mais le vrai responsable du retour napolitain est l'attaquant Edinson Cavani (23 ans), auteur d'une grande partie et surtout du troisième but. Et n'oublions pas que l'équipe locale a joué à 10 dès la 31e suite à l'exclusion de Pantelis Kapetanos. L'instant où Cavani s'est senti pousser des ailes. Depuis le début de la saison, il a déjà marqué 5 buts en championnat et quand il ne troue pas les filets, il est présent dans les actions qui, comme contre l'AS Rome, permettent à son équipe de faire la différence. Un fameux rendement mais ses détracteurs rappelleront qu'à Palerme aussi, Cavani connaissait des périodes fastes avant de louper neuf occasions sur dix. A l'époque, on le surnommait encore el Botija (le gamin), du fait de sa maigreur. Une chose est sûre : depuis son arrivée à Palerme le 31 janvier 2007, il a effectué de gros progrès au point qu'il est devenu el Matador. A l'époque, on l'avait présenté comme le nouveau Zlatan Ibrahimoviæmais la comparaison avec le Suédois n'était que purement technique. Rapide et agile, Cavani (1m84, 70kg) était doté d'un bon toucher de ballon et jouait des deux pieds. Comme l'actuel joueur de l'AC Milan, il possédait un bon jeu de tête et une grande froideur au moment de botter les penalties mais il marquait surtout des goals faciles, lorsqu'il suffisait de pousser le ballon au fond. Pourtant, lors de sa première apparition en Serie A contre la Fiorentina, le 11 mars 2007, il avait égalisé d'une reprise de volée de l'extérieur du rectangle ! La semaine suivante, contre la Sampdoria, il fait mouche à nouveau mais la suite est moins emballante, notamment en raison de pépins musculaires et d'un méchant coup de l'ex-Romain Mancini qui met un terme à sa saison. Ça lui laisse le temps de préparer son mariage, le 9 juin 2007, avec Maria Soledad, son amie d'enfance. En 2007-2008, Cavani totalise 33 bouts de matches au cours desquels il ne bute que cinq fois. La déception est telle qu'il annonce son envie de partir. Le président MaurizioZamparini refuse de le céder et les chiffres lui donnent finalement raison. Malgré une torsion au niveau du tibia de la jambe droite, Cavani va partager avec Fabrizio Miccoli, le titre de meilleur buteur du club (14 goals). Sur le plan qualitatif, la saison 2009-2010 (13 buts) est sans aucun doute la plus accomplie. Plusieurs clubs manifestent leur intérêt pour cet attaquant et le 22 juillet, son transfert à Naples est officialisé. Les modalités : un prêt (onéreux !) de 5 millions pour cette saison. Et si Naples veut le garder, 12 millions payables sur les quatre saisons suivantes. L'Uruguayen touchera un salaire annuel de 1,35 million avec des bonus liés aux résultats. Né le jour de la Saint-Valentin 1987 à Salto, près de la frontière avec l'Argentine, Cavani a directement baigné dans le football puisque son père Luis, surnommé el Gringo, a joué en D1 et son frère aîné, Walter (32 ans), est également footballeur pro: cet été il est passé du Neftçi PFK, en Azerbaïdjan à Guarani, au Paraguay. Il signe sa première carte d'affiliation à quatre ans et opte pour le poste d'attaquant car celui qui marque le premier ou le dernier goal des matches d'entraînement reçoit une glace. A 14 ans, Edinson émigre à Montevideo où il intègre l'école des jeunes du Danubio. Il effectue ses débuts en équipe première durant le Tournoi de Clôture 2006 et devient incontournable lors du Tournoi d'Ouverture qui suit. En février 2006, il participe au tournoi de Viareggio où il tape dans les yeux de pas mal de scouts notamment ceux de l'Inter mais le club milanais refuse de verser 500.000 euros soit dix fois moins que le montant déboursé par Palerme. En janvier 2007, il est convoqué pour le Championnat sud-américain des U20 au Paraguay. Grâce à ses sept buts, l'Uruguay décroche la troisième place et sur le plan personnel, il est désigné Joueur du tournoi. Le 7 février 2008, il fait ses débuts en équipe A et un but rend le moment inoubliable. Nettement moins efficace lors des 7 matches de qualification pour le Mondial 2010, il est quand même repris dans les 23 pour l'Af-Sud. Il prend part à six des sept rencontres disputées par la Céleste avec l'assist pour Luis Suarez sur le but du 1-0 contre le Mexique avant de marquer lors de la petite finale contre l'Allemagne. par nicolas ribaudo - photo: reportersNaples le loue une saison pour 5 millions ! S'il veut le garder, c'est 12 millions en plus...