Cheveux décolorés et coupés ras, le jeune attaquant (21 ans) du Sénégal et depuis deux ans du RC Lens ne passe pas inaperçu. Parti en 1995 de St-Louis du Sénégal pour aller à Sochaux, avant d'atterrir à Lens après un séjour à Rennes, il est heureux de ne pas avoir boycotté l'équipe nationale quand, en mars, un dirigeant l'avait qualifié de traître parce qu'il avait déclaré préférer jouer pour Lens au détriment du Sénégal qui rencontrait l'Ouganda en qualification pour la CAN.
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Cheveux décolorés et coupés ras, le jeune attaquant (21 ans) du Sénégal et depuis deux ans du RC Lens ne passe pas inaperçu. Parti en 1995 de St-Louis du Sénégal pour aller à Sochaux, avant d'atterrir à Lens après un séjour à Rennes, il est heureux de ne pas avoir boycotté l'équipe nationale quand, en mars, un dirigeant l'avait qualifié de traître parce qu'il avait déclaré préférer jouer pour Lens au détriment du Sénégal qui rencontrait l'Ouganda en qualification pour la CAN.El Hadj Ousseynou Diouf: Les gens étaient aussi heureux que si on avait gagné la Coupe du Monde. C'était de la folie. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Enfin, il a bien fallu interrompe la fusion affective entre un groupe de footballeurs et un peuple pour regagner Lens, où avec mes compatriotes Ferdinand Coly et Pape Sarr, nous avons tenté de ramener toute cette joie de vivre qui a animé le peuple sénégalais. Cette campagne africaine vous avait pourtant privé de l'essentiel de la préparation et quelques incertitudes s'attachaient à votre état physique.Cela n'a pas empêché notre entraîneur de nous faire figurer d'emblée dans l'équipe, victorieuse du champion en titre, Nantes (1-2), et de son dauphin, Lyon (2-0). Un double succès de prestige auquel nous avons activement participé. En fait, Joël Muller nous a confié, qu'avant le début du championnat, il s'était dit que si nous étions à notre niveau, ce qui a été le cas, nous pouvions apporter un plus à l'équipe. C'est pour ça qu'il a pris le risque de nous faire jouer. Ça s'est bien passé, puisque Pape Sarr et moi avons eu un rôle offensif intéressant, tandis que Ferdinand Coly s'est bien comporté défensivement.Vous avez donc rempli la mission que Joël Muller vous avait assignée: transfuser aux autres joueurs votre réussite estivale.Le coach nous a appelés et nous a demandé de tirer l'équipe. Il savait qu'on avait quelque chose dans les jambes et qu'on était en pleine euphorie. Mais maintenant, et c'est ce que j'ai dit à Ferdinand et à Pape, nous n'avons plus le droit à l'erreur. Plein de gens nous attendent désormais, et nous avons un nouveau statut à assumer. Entre nous, il existe une union sacrée. En sélection, lors des éliminatoires du Mondial, j'ai marqué 8 buts et Pape m'a fait 3 passes décisives. Contre le Maroc, c'est Ferdinand qui m'a offert la balle de but. Ce sont des frères pour moi, et c'est ce qui fait notre force. Il existe des liens très forts entre nous. (ESM)