M aurizio Zamparini, le bouillant président de Palerme, n'est jamais fade dans ses déclarations. Le 23 septembre, après la victoire à la Juventus et la brillante prestation de Javier Pastore (21 ans), il disait : " Javier n'est pas à vendre. Si un club est intéressé, qu'il mette 60 millions sur la table. En juillet, le Real Madrid s'est manifesté et j'ai dit non. "
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M aurizio Zamparini, le bouillant président de Palerme, n'est jamais fade dans ses déclarations. Le 23 septembre, après la victoire à la Juventus et la brillante prestation de Javier Pastore (21 ans), il disait : " Javier n'est pas à vendre. Si un club est intéressé, qu'il mette 60 millions sur la table. En juillet, le Real Madrid s'est manifesté et j'ai dit non. " La semaine dernière, sur la chaîne télé GR Parlamento, le patron rosanero n'a pas revu son chiffre (excessif !) à la baisse : " Je n'ai reçu aucune offre italienne mais une espagnole à 25 millions. Je ne nie pas que notre Argentin soit suivi par l'Inter mais le club milanais ne peut l'acquérir à nos conditions. " A tout cela, le milieu sud-américain répond avec le sourire : " Si le président estime que je vaux 50 millions (NDLR- C'est déjà moins que le chiffre avancé par le boss), c'est qu'il n'a pas l'intention de me vendre. Qui va m'acheter à ce prix-là ? Je n'ai eu aucun signe du Real Madrid ou de Barcelone. Mais avant d'y aller je souhaite écrire une page d'histoire de ce club car Palerme c'est mon Real Madrid à moi. " Bien parlé ! Avec une réflexion pareille, les supporters rose et noir et surtout Chiara, sa compagne palermitaine rencontrée lors d'une soirée, sont en émoi. Pastore est sous les projecteurs depuis le début de la saison. Il a enthousiasmé le public par ses actions jamais banales, toujours utiles au collectif et spectaculaires à souhait. Il a donné le ton d'un superbe tir croisé du droit, qui a assuré la qualification contre Maribor lors des barrages de l'Europa League. Depuis, les parallèles avec des stars se multiplient. On le compare à Kaká, dont il semblait l'héritier naturel à l'époque où Milan s'intéressait lui, à Juan Ramon Riquelme, son compatriote qui joue à la même place et dans le même registre, et à... Zinédine Zidane dont il rappelle la légendaire grâce dans les mouvements et la manière de caresser le ballon. Stop, n'en jetez plus ! Si après une saison d'acclimatation, el Flaco (le maigre, 1m87, 78kg) a manifestement grandi de match en match, il n'est pas encore un buteur patenté. Il n'est pas assez concret devant le but adverse même si ce début de championnat semble démontrer le contraire : 4 goals en 8 matches contre 3 en 35 présences la saison dernière. Pastore est né le 20 juin 1989 à Cordoba. Ses parents, Juan Carlos et P atricia, ont des origines italiennes. Il a été formé par le Talleres, un club de Primera B Nacional dont il a intégré le noyau A en 2007. Cinq matches lui suffisent pour attirer l'attention d'un club plus huppé : Huracán. Mais comme le président de ce club, l'ancien attaquant international Carlos Babington, n'a pas assez d'argent, il se fait assister par un holding argentin, qui acquiert 55 % du matricule du joueur pour 200.000 dollars, le reste restant la propriété de ses managers. Le 24 mai 2008, le joueur fait sa première apparition sous son nouveau maillot contre River Plate. Et dès le Tournoi de Clôture 2009, il devient un élément de base de l'équipe dont il est le meilleur buteur (8b), ce qui incite le club à racheter 10 % du matricule du joueur à ses agents : l'opération est conclue le 9 juin 2009. A partir de là, tout va se précipiter : le 11 juillet, Zamparini annonce qu'il a déboursé 6 millions d'euros pour l'Argentin et qu'il a déposé à la Ligue italienne le contrat garantissant au joueur 600.000 euros par an jusqu'en 2014. Le 15 août, Pastore fait ses débuts avec les Rosaneri. Le 4 octobre, il casse la baraque contre la Juventus et dans la foulée, l'UEFA l'intègre dans sa liste des 7 jeunes ayant le plus de chances de percer dans le monde. Le 15 décembre, Diego Maradona le convoque en équipe nationale pour le stage prévu en Catalogne la semaine suivante. Une seule sélection lui suffit pour figurer dans la liste des 23 pour le Mondial sud-africain. Il fera sa première apparition lors du troisième match de poule contre la Grèce, en remplaçant Sergio Agüero à la 77e. Il montera encore au jeu lors des deux rencontres suivantes. Joueur technique et élégant, Pastore peut être utilisé à différents postes comme ailier droit, meneur de jeu, deuxième attaquant et même comme avant de pointe étant donné sa capacité à bouger rapidement sur toute la ligne d'attaque que ce soit en partant de la gauche ou de la droite. En équipe nationale, Maradona l'alignait sur le flanc. L'année dernière, Pastore a connu quelques moments difficiles parce que WalterZenga ne lui faisait pas confiance et surtout l'alignait à l'extérieur gauche. L'arrivée fin novembre 2009 de Delio Rossi a coïncidé avec l'éclosion du joueur. Le nouveau coach l'a intégré progressivement avant de le titulariser à la place de Simplicio, considéré jusque-là comme irremplaçable. Cette année, Pastore a frappé les esprits d'entrée. Et pas seulement parce qu'il a abandonné le maillot numéro 6 pour prendre le 27, le chiffre préféré de sa mère. Sur le terrain, il étonne par la continuité de son rendement pendant 90 minutes : il allie vitesse et endurance. Selon le préparateur du club, les tests physiques ont démontré que son seuil de vitesse quasi maximale continue sans formation d'acide lactique est très élevé. A 21 ans, Pastore est devenu un leader sur le terrain et sa participation au Mondial lui a assuré une plus grande aura auprès de ses équipiers. Entre-temps, la FIFA vient de l'intégrer dans la liste des 10 jeunes joueurs qui, vraisemblablement, seront les protagonistes du Mondial 2014 au Brésil. Et d'ici là, s'il continue sa progression, Zamparini le laissera partir - quoi qu'il en dise -, vers un club du top italien ou européen. PAR NICOLAS RIBAUDO- PHOTO: BELGA On le compare à Kaká, à Riquelme et à Zidane : stop, n'en jetez plus !