Déboulés chaloupés, dribbles déroutants, reprises de volée, nombreuses fautes provoquées et buts à la pelle : le nouveau transfuge carolo, Cristian Benavente, est impressionnant dans les quelques vidéos de lui que l'on peut découvrir sur la toile. Arrivé gratuitement il y a un peu plus d'une semaine de Milton Keynes Dons, en D2 anglaise, le Péruvien de 21 ans a déjà pu démontrer son habileté technique à ses nouveaux coéquipiers zébrés lors du stage au Portugal. A l'annonce de sa venue, Mehdi Bayat ne tarissait pas d'éloges à son sujet et affirmait même avoir déniché le " Kebano du Real " en faisant référence à ses 10 années passées dans l'école de jeunes madrilène.
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Déboulés chaloupés, dribbles déroutants, reprises de volée, nombreuses fautes provoquées et buts à la pelle : le nouveau transfuge carolo, Cristian Benavente, est impressionnant dans les quelques vidéos de lui que l'on peut découvrir sur la toile. Arrivé gratuitement il y a un peu plus d'une semaine de Milton Keynes Dons, en D2 anglaise, le Péruvien de 21 ans a déjà pu démontrer son habileté technique à ses nouveaux coéquipiers zébrés lors du stage au Portugal. A l'annonce de sa venue, Mehdi Bayat ne tarissait pas d'éloges à son sujet et affirmait même avoir déniché le " Kebano du Real " en faisant référence à ses 10 années passées dans l'école de jeunes madrilène. Si nul ne peut encore certifier qu'il marchera sur les traces du Franco-Congolais, El Chaval (le gamin en espagnol) comme il est surnommé au Pérou, évolue bien dans le même registre comme le confirme Angelo Torres Zevallos, journaliste pour le quotidien péruvien La República : " C'est un joueur très technique qui s'épanouit au mieux dans l'axe derrière les attaquants. Mais il peut également évoluer sur le flanc ou plus bas dans l'entrejeu car il ne néglige pas ses tâches défensives. Il manque un peu de vitesse mais il compense par son habileté et sa faculté à jouer juste, toujours dans les pieds. " Un bagage technique conséquent qu'il a donc façonné lors des 12 saisons qu'il a passé à la Maison Blanche. Né dans la banlieue madrilène, il doit sa nationalité péruvienne à sa mère, Magali Bristol, une ancienne volleyeuse internationale tandis que son père, Agustin, joueur de futsal, lui a transmis le goût du ballon rond. Arrivé au centre de formation du Real à l'âge de 8 ans, il fait ses débuts avec la Castilla, l'équipe B, en 2013 avant de s'imposer pour de bon la saison dernière avec un certain Zinédine Zidane comme coach et des coéquipiers nommés Martin Odegaard ou Enzo Zidane. Mais la fédération péruvienne n'a pas attendu ses débuts professionnels pour le tenir à l'oeil. Repris dès 2011, il a participé à la Copa America U17 puis deux ans plus tard au tournoi U20 où il a notamment marqué deux buts sur penalty. " C'est un grand espoir du football péruvien ", précise Torres Zevallos. " Il compte 8 sélections A et a marqué dès son premier match avec Los Incas contre le Panama. Il a principalement joué des amicaux mais il est aussi monté au jeu dans des matches de qualifications, comme contre l'Argentine par exemple, et il a été très bon. " L'équipe nationale a pour l'instant été mise entre parenthèses pour Benavente. Le manque de perspective de jeu en équipe A au Real Madrid a eu raison de sa patience et malgré des études de publicité et de relations publiques entamées à l'Université de Madrid, le Ronaldinho péruvien, comme il a parfois été surnommé, a décidé début 2015-2016 de tenter sa chance en Angleterre. Séduit par l'offre de MK Dons, Benavente signe un contrat de deux ans en faveur du club de Championship et rejoint les Îles, des rêves de Premier League plein les valises. Mais le rêve tourne rapidement au cauchemar. Peu utilisé, Benavente se morfond sur le banc, voire en tribune, tandis que MK Dons lutte contre la relégation. " De ce qu'on a pu voir lors de ses rares apparitions, c'est un joueur très doué techniquement qui n'hésite pas à tenter sa chance au but ", avance Toby Lock, journaliste au Milton Keynes Citizen. " Mais il n'est pas parvenu à s'adapter au jeu anglais. Ici, contrairement à l'Espagne, les joueurs gardent peu le ballon. Le foot est plus intense et très physique, ce qui requiert une acclimatation. Avec le pressing haut auquel sont soumis les joueurs, il est difficile d'évoluer en " playmaker " comme c'est le cas en Liga. Les exemples de joueurs venus de ce pays qui ne se sont jamais adaptés sont nombreux. D'ailleurs Sergio Aguza, qui est arrivé de la Castilla en même temps que lui ne s'est pas imposé non plus. " " Partir dans ce championnat n'était sans doute pas une bonne option ", juge Torres Zevallos. " Il aurait sans doute mieux fait d'opter pour un petit club en Liga comme Eibar ou le Rayo Vallecano. " Si le choix n'était sans doute pas des plus heureux, la situation sportive des Dons n'a pas aidé. A la peine en championnat, les hommes de Karl Robinson flirtent avec la zone de relégation depuis l'entame de la saison : pas le moment idéal pour lancer un jeune en pleine phase d'acclimatation. Pourtant, on croyait en lui à Milton Keynes. " Ce qu'il montrait à l'entraînement était incroyable ", estime Robinson dans les pages du Milton Keynes Citizen. " Mais il n'est pas encore prêt et je dois me concentrer sur le maintien ". " Le club aurait aimé le prêter dans une division inférieure ", confirme Lock. " Mais comme il n'a encore rien montré en Angleterre, il n'y avait pas de candidats, bien qu'il soit international péruvien. C'était donc plus facile de le libérer et de consacrer ainsi l'argent épargné à l'acquisition d'un joueur utilisable immédiatement dans le onze. " Une solution qui convenait à l'intéressé qui tient absolument à retrouver du temps de jeu dans l'optique de l'équipe nationale dont il a été écarté depuis son transfert. " Son changement de club a été une surprise au Pérou ", explique Torres Zevallos. " Il n'y avait pas de rumeur le concernant mais je pense que c'est un bon choix. Je suis certain qu'il sera à nouveau rappelé par Ricardo Gareca, le sélectionneur, s'il s'impose à Charleroi. Nous avons déjà eu des Péruviens dans votre championnat comme Ivan Bulos au Standard, Hernan Hinostroza à Zulte Waregem ou Andres Mendoza au Club Bruges et nous savons que c'est une compétition exigeante qui peut être une étape vers le top ". C'est évidemment tout ce que l'on souhaite du côté des Zèbres, toujours en course pour les PO1, où le Péruvien a signé pour 2 ans + 2 en option. El Chaval aura tout de même fort à faire pour s'imposer dans le secteur offensif de Felice Mazzu où les Saglik, Tainmont et autre Ndongala donnent satisfaction. A lui de prouver qu'il peut être plus qu'un simple joueur YouTube. PAR JULES MONNIER - PHOTO BELGAIMAGE" Il est très doué techniquement mais il n'a pas su s'adapter au jeu anglais. " TOBY LOCK, JOURNALISTE AU MILTON KEYNES CITIZEN