Pouvons-nous lui poser une question bien intentionnée, avec tout notre respect pour son âge (62 ans) ? Luciano D'Onofrio sourit en opinant. Pourquoi continue-t-il à travailler ? Il réfléchit un instant avant de donner une réponse d'une franchise déconcertante. " Tout le monde a un peu d'ego. À un pourcentage faible, c'est une qualité. S'il est trop important, ça devient un défaut. "
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Pouvons-nous lui poser une question bien intentionnée, avec tout notre respect pour son âge (62 ans) ? Luciano D'Onofrio sourit en opinant. Pourquoi continue-t-il à travailler ? Il réfléchit un instant avant de donner une réponse d'une franchise déconcertante. " Tout le monde a un peu d'ego. À un pourcentage faible, c'est une qualité. S'il est trop important, ça devient un défaut. " Il poursuit en précisant que le football est toute sa vie et que, quand on a été écarté après avoir atteint " quelque chose " pendant plus de dix ans au Standard, on saisit sa chance quand elle se représente. Sexagénaire ou pas, il n'a pas perdu son envie. Et comme tout semble bien aller, puisque l'Antwerp est sixième au tiers du championnat, il peut être content. Sa parcelle d'ego. Un brin d'ego motive tout un chacun. Il faut aussi une saine portion d'assurance dans le dur univers actuel. Nicolas Frutos a étalé la sienne la semaine dernière. Ça lui a coûté cher, surtout que sa tactique n'a pas fonctionné contre le Celtic et qu'Anderlecht n'a gagné qu'in extremis à Beveren et face au Standard. Émettre des ambitions dans un pays où on coupe vite les têtes qui dépassent reste délicat. Dommage. Anderlecht avait bien besoin d'un peu d'assurance. Depuis quelques années, une soirée au stade Constant Vanden Stock est souvent morne. Frutos a essayé de changer les choses à grand renfort de paroles mais hélas, ses soldats n'ont pas suivi sur le terrain. De ce point de vue, il est d'ailleurs étrange que Sofiane Hanni, en principe un des artistes qui possèdent l'ADN du club, soit ainsi pris à partie par le public. Hein Vanhaezebrouck doit maintenant se chercher une place dans ce petit monde. On est curieux. Le Flandrien qui a déménagé dans les Ardennes flamandes est un grand entraîneur. La façon dont il a conféré une identité à Courtrai puis à Gand : la classe ! Assurance, esprit novateur, il est à l'image de ce que le psychologue d'entreprise Ivan De Witte aime. Trond Sollied possédait ces qualités, de même que Patrick Remy. Le concept du Français, coach un peu spécial, n'a pas fonctionné. Contrairement à celui du Norvégien, tout aussi particulier. Gand a vu Sollied rejoindre le Club Bruges au terme d'une saison, il perd maintenant Vanhaezebrouck au profit d'Anderlecht. Même si les Buffalos ont pris de l'importance dans notre paysage footballistique, ils résistent difficilement face aux grands. Même quand il s'agit d'un entraîneur à principes comme Hein Vanhaezebrouck. A fortiori si cette petite part d'ego tape sur les nerfs, après une longue collaboration. La semaine passée, à Gand, on répétait qu'Hein avait tout fait pour pouvoir rejoindre Anderlecht. On n'y croit pas mais ça a certainement troublé certaines personnes. Hein ne s'est pas offert d'année sabbatique comme Michel Preud'homme. Hein n'est pas (encore) fatigué, même si aucune partie n'a imaginé le placer sur le banc dès dimanche dernier. Le défi qu'il relève à Bruxelles est moins grand qu'à Gand. Le centre d'entraînement et la structure sont déjà en place et le club a réalisé les investissements dont il avait besoin. Son défi est purement sportif indépendamment de toutes les influences, - car en interne, on aime avoir son mot à dire sur la composition d'équipe -, il doit imposer sa griffe et faire d'Anderlecht un ensemble reconnaissable, qui développe du bon football. Il semble logique qu'Hein préfère Yves Vanderhaeghe à Nicolas Frutos comme adjoint. Il préfère travailler avec quelqu'un qu'il connaît - ils ont oeuvré ensemble à Courtrai - qu'avec quelqu'un qu'il doit encore découvrir. Ça n'a rien à voir avec l'ego ou l'ambition. Pensez-vous qu'Yves Vanderhaeghe ne rêve pas, lui aussi, de devenir T1 d'Anderlecht, à terme ? Mais il le clamera moins fort que Frutos. par peter t' kintLa façon dont Vanhaezebrouck a conféré une identité à Courtrai et Gand : la classe !