Anderlecht et Lyon auront connu des fortunes sportives différentes avant leur affrontement, mardi prochain, en Ligue des Champions. Autant les Sportingmen ont accusé une nette baisse de régime face au Celtic (3-1 à Parkhead) et au Standard (1-4 au Parc Astrid), autant les Olympiens, eux, se sont signalés par une montée en puissance devant des oppositions au moins tout aussi corsées : le Bayern (1-2 à Munich) et Marseille (1-4 au stade Vélodrome). Deux résultats qui placent les hommes du coach Paul Le Guen en position de force, aussi bien sur la scène française û où seul Monaco devance les Rhodaniens û qu'européenne puisqu'une victoire à la faveur des deux matches restants, à Bruxelles et, à Gerland, contre le Celtic, leur suffit pour franchir le premier tour de l'épreuve.
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Anderlecht et Lyon auront connu des fortunes sportives différentes avant leur affrontement, mardi prochain, en Ligue des Champions. Autant les Sportingmen ont accusé une nette baisse de régime face au Celtic (3-1 à Parkhead) et au Standard (1-4 au Parc Astrid), autant les Olympiens, eux, se sont signalés par une montée en puissance devant des oppositions au moins tout aussi corsées : le Bayern (1-2 à Munich) et Marseille (1-4 au stade Vélodrome). Deux résultats qui placent les hommes du coach Paul Le Guen en position de force, aussi bien sur la scène française û où seul Monaco devance les Rhodaniens û qu'européenne puisqu'une victoire à la faveur des deux matches restants, à Bruxelles et, à Gerland, contre le Celtic, leur suffit pour franchir le premier tour de l'épreuve. Il y a un an, jour pour jour, la situation était nettement moins reluisante pour eux sur ce double tableau. Sur la scène domestique, Eric Deflandre et les siens ne comptabilisaient alors que 20 points sur 42 et se situaient dans le ventre mou du classement. Au plan continental, les mêmes étaient pourvus de six unités après quatre journées à cet échelon mais les deux dernières concernaient un match at home face à l'Inter Milan et une sortie à Rosenborg. Deux nuls (3-3 contre les Italiens et 1-1 à Trondheim) avaient permis aux Gones de s'emparer de la troisième place, derrière le club milanais et l'Ajax. Mais le repêchage en Coupe de l'UEFA allait être de courte durée : dès les seizièmes de finale, les Rouge et Bleu furent boutés hors de l'épreuve par les modestes représentants de Denizlispor (0-0 en Turquie, 0-1 au retour). Cette fois, l'affaire semble autrement mieux emmanchée et, dans la capitale des Gaules, beaucoup rêvent déjà de s'inscrire dans l'Histoire. D'une saison à l'autre, il est vrai, Lyon apparaît singulièrement transformé. L'année passée, fraîchement débarqué en remplacement de Jacques Santini, promu à la tête de l'équipe de France, Paul Le Guen (ex-joueur notamment de Nantes et du PSG et coach du Stade Rennais) avait dû essentiellement composer avec l'héritage de son devancier, sans pouvoir y apporter sa touche personnelle. Si l'OL prolongea son titre de champion, réussissant une passe de deux qui n'avait plus été enregistrée depuis 12 ans, l'équité commande de dire que pendant les trois quarts de cette campagne, le mentor olympien n'eut de cesse de modifier tant et plus les pièces de son puzzle. Parfois avec bonheur. Comme à San Siro, par exemple, quand il dérogea à son 4-4-2 de début de saison pour se prononcer en faveur d'un 3-4-1-2 avec Vikash Dhorasoo sur le flanc droit et Eric Carrière comme électron libre derrière le tandem formé de Sonny Anderson et Sydney Govou. Résultat des courses : un succès inespéré par 1-2. A d'autres moments, toutefois, ses vues se révélèrent moins pertinentes. Ainsi, pour les besoins d'un match de Coupe de France, son 4-1-2-3 eut un effet désastreux avec, pour conséquences, une élimination sans gloire face aux amateurs de Libourne-Saint-Seurin (1-0). Après d'autres essais, l'ancien coéquipier de Franky Vercauteren au FC Nantes opta pour un schéma en 4-2-3-1 qui lui permit, en définitive, de coiffer Marseille sur le poteau et de jeter les bases pour l'exercice en cours. Même si, depuis le début de la compétition, les changements opérés, au niveau des hommes, auront été nombreux. A cet égard, par rapport à l'aller à Gerland, c'est avec une composition new look que l'OL devrait aborder la revanche, ce mardi, au Parc Astrid. A Lyon, pour rappel, (v. cadre) Paul Le Guen avait fait confiance à Grégory Coupet dans le but ; Eric Deflandre, José Edmilson, Patrick Müller et Anthony Réveillère de droite à gauche en défense ; Mahamadou Diarra et Mickaël Essien comme demis défensifs ; Sydney Govou, Vikash Dhorasoo et Juninho en tant que milieux offensifs, toujours de droite à gauche, et Giovane Elber aux avant-postes. L'ennui, dans cette configuration, c'est que certains joueurs se trouvaient sur leur mauvais pied. Surtout à gauche ou les droitiers Anthony Réveillère et, surtout, Juninho, avaient tendance à se repositionner sur leur bon pied. Il en résultait une formation qui penchait davantage d'un côté que de l'autre. Depuis lors, l'entraîneur de l'OL a remédié à cette situation. Derrière, Eric Deflandre, qui avait déjà dû s'effacer, par le passé, au profit de Jean-Marc Chanelet au poste de back droit, a affaire à plus forte concurrence encore, ce coup-ci, avec Anthony Réveillère, titularisé à cette place tant au Bayern que contre Marseille. Son acquisition à Valence faisait partie des priorités pour Paul Le Guen, qui avait déjà eu ce joueur sous ses ordres, jadis, au Stade Rennais. A Gerland, celui-ci poursuit son petit bonhomme de chemin avec bonheur, manifestement, puisque le 2 octobre dernier, il pouvait se targuer d'être devenu le 31e joueur du club à être appelé en sélection en vue de France-Israël. Auparavant, il s'était déjà signalé avec les Espoirs de Raymond Domenech, en étant demi-finaliste de l'EURO 2002. Dans cette équipe, Anthony Réveillère occupait le rôle de back droit également. En guise de remplaçant sur le flanc gauche, c'est un jeune de 19 ans, drillé au centre de formation du club, qui s'est imposé dans le même temps : Jérémie Berthod. Celui-ci s'est affirmé au même moment qu'un autre joueur sur cette aile : Florent Malouda, qui a entraîné le repositionnement de Juninho dans un rôle plus axial. Pur gaucher aux qualités athlétiques immenses, ce transfuge de Guingamp, dont l'acquisition a coûté la bagatelle de six millions d'euros cet été, est appelé, pour beaucoup, à devenir le pendant de Sydney Govou sur l'aile gauche. Le double changement opéré du côté gauche n'a pas été sans incidence sur la manière d'opérer de l'OL. Ainsi, il ressort d'une étude de France-Football, que le centre de gravité des Rhodaniens ne se situe plus du tout essentiellement à droite. Au contraire, l'orientation du jeu est, aujourd'hui, de 32 % à gauche pour 35 % à droite. Le pourcentage restant (33 %) concerne l'évolution dans l'axe. Autre constat : la tendance de l'OL à aller résolument de l'avant. Près de 70 % des services sont adressés en profondeur, contre 20 % latéralement et 10 % à peine vers l'arrière. Il en résulte bien évidemment une formation offensive à souhait. Avec une moyenne de plus de deux buts par match, aucune phalange ne fait mieux que l'OL, pas même Monaco, le premier classé. Après une adaptation un tantinet laborieuse, Giovane Elber, recruté au Bayern à l'intersaison, s'érige comme le digne héritier de son compatriote Sonny Anderson. Avec cinq buts au cours des cinq dernières sorties, parmi lesquels le goal victorieux à Munich, le Brésilien, tous matches confondus cette saison, carbure à la moyenne d'une réalisation toutes les deux rencontres, faisant honneur à son effarante moyenne de 195 buts en 394 matches depuis ses débuts professionnels aux Grasshoppers Zurich en 1991. Et, ce qui ne gâte rien, le Sud-Américain possède cette qualité rare, qui est l'apanage des meilleurs, de faciliter l'expression des autres. Un joueur en profite pleinement ces dernières semaines : le Congolais Peguy Luyindula, auteur de six roses jusqu'à présent, dont deux lors de l'ultime joute de championnat à Marseille. Au classement des goal-getters, un Lyonnais fait cependant encore mieux que ses deux compères : Juninho, qui en est à sept réalisations en championnat et deux en Ligue des Champions. Détail piquant : près de la moitié de ces buts ont été marqués sur phases arrêtées. Des coups francs contre Lens, Nice et le Bayern. Ainsi qu'un penalty de sinistre mémoire contre Anderlecht. Les Olympiens ne le cachent pas : ils se déplacent à Anderlecht pour la gagne. Et s'il est vrai qu'avant de s'imposer à Munich, ils ont bu la tasse au Celtic (2-0), il n'est peut-être pas inutile de rappeler que l'OL peut se targuer d'être avec l'Ajax Amsterdam, la seule équipe qui réussit à s'imposer à Glasgow ces dix dernières années. C'était au deuxième tour de la Coupe de l'UEFA 1999-2000 et les Rhodaniens l'avaient emporté 0-1 par l'entremise de Tony Vairelles. Anderlecht est prévenu !