Avant même les signatures des Français OlivierDalmat et Jean- FélixDorothée, le défenseur croate StjepanSkocibusic (25 ans) s'est érigé en premier renfort mouscronnois du mercato. Pourtant, il avait rallié le Canonnier en août, mais n'était jamais apparu sur la pelouse pendant le premier tour. " La faute à une ennuyeuse blessure aux abdominaux ", explique-t-il. " J'avais disputé deux ou trois matches amicaux en avant saison, puis j'ai ressenti une douleur que je ne connaissais que trop bien. J'avais déjà souffert des abdominaux la saison dernière, et je suis allé consulter le spécialiste slovène qui m'avait opéré à l'époque. L'an passé, c'était du côté gauche. Cette fois, c'est le côté droit qui nécessitait une intervention. Celle-ci s'est bien déroulée, mais j'ai sans doute voulu reprendre trop tôt. J'avais hâte de justifier mon transfert, et deux semaines après l'opération, je suis remonté sur le terrain. Fâcheuse erreur : j'avais besoin de deux mois pour être complètement guéri. Avec l'accord de tous, je me suis donc reposé afin d'être prêt pour le début du second tour ".
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Avant même les signatures des Français OlivierDalmat et Jean- FélixDorothée, le défenseur croate StjepanSkocibusic (25 ans) s'est érigé en premier renfort mouscronnois du mercato. Pourtant, il avait rallié le Canonnier en août, mais n'était jamais apparu sur la pelouse pendant le premier tour. " La faute à une ennuyeuse blessure aux abdominaux ", explique-t-il. " J'avais disputé deux ou trois matches amicaux en avant saison, puis j'ai ressenti une douleur que je ne connaissais que trop bien. J'avais déjà souffert des abdominaux la saison dernière, et je suis allé consulter le spécialiste slovène qui m'avait opéré à l'époque. L'an passé, c'était du côté gauche. Cette fois, c'est le côté droit qui nécessitait une intervention. Celle-ci s'est bien déroulée, mais j'ai sans doute voulu reprendre trop tôt. J'avais hâte de justifier mon transfert, et deux semaines après l'opération, je suis remonté sur le terrain. Fâcheuse erreur : j'avais besoin de deux mois pour être complètement guéri. Avec l'accord de tous, je me suis donc reposé afin d'être prêt pour le début du second tour ". Stjepan Skocibusic a débuté lors du déplacement à Anderlecht, et a enchaîné au Canonnier avec le match de coupe contre La Gantoise et le match de championnat contre Genk. Il livra des prestations très satisfaisantes, mais soldées à chaque fois par des défaites. " On ne peut pas parler de satisfaction quand on est battu ", rétorque-t-il. " En plus, contre Genk, j'ai dévié la trajectoire d'un tir anodin de NenadStojanovic et le ballon a terminé sa course au fond des filets de FranckyVandendriessche. Sur le deuxième but, on pourrait aussi trouver à redire : quelqu'un aurait pu empêcher KoenDaerden de centrer, quelqu'un aurait aussi pu empêcher OrlandoEngelaar de se retrouver seul à la réception du centre. Mais il est inutile de s'appesantir là-dessus, cela ne changera rien. Si on se tracasse trop, on se saborde. Il faut regarder devant soi. Cela me fait plaisir d'entendre que l'on est content de moi, mais c'est facile d'évoluer aux côtés d'un garçon comme SamirBeloufa, très intelligent et rarement pris en défaut dans son placement. Sur ma droite, Alex Teklak se montre aussi à son avantage. Je suis bien entouré. Je laisse à d'autres le soin de juger ma propre prestation : lorsqu'on se livre à une auto-évaluation, on n'est jamais très objectif ". Stjepan Skocibusic est originaire de Makarska, sur la côte dalmate, à 60 kilomètres au sud de Split. " C'est une toute petite ville, mais située dans un coin merveilleux. C'est là que je retourne chaque année en vacances, et c'est là que je retournerai vivre au terme de ma carrière. J'apprécie particulièrement le mois de juin : le climat est idéal et il n'y a pas encore trop de monde sauf en juillet et en août : c'est bondé de touristes. J'ai débuté dans les équipes de jeunes du club local. En ce temps-là, l'équipe Première évoluait en D2 et en D3. Aujourd'hui, elle est redescendue en D4. J'avais 10 ou 11 ans lorsque la guerre a éclaté, mais je n'en ai pas trop souffert. La région de Makarska a été relativement épargnée. Plus au sud, à Dubrovnik, les tirs d'artillerie ont fait rage, mais je voyais surtout les images à la télévision. Je ne pouvais pas ignorer ce qui se passait. Des hommes de mon village partaient à la guerre et, parfois, n'en revenaient pas. J'ai perdu des proches. Mais, personnellement, je n'ai pas entendu siffler les balles. Après avoir terminé mes secondaires à Makarska, je suis parti poursuivre des études supérieures à Zagreb et je me suis inscrit au Dinamo. Je n'y ai joué qu'en Juniors et en Réserve, jamais en Première. C'était la période de gloire du Dinamo, qui disputait la Ligue des Champions. Ce n'était pas évident pour moi de faire mon trou, car j'avais entamé une licence en éducation physique et j'étais confronté à une surcharge. Il y avait déjà énormément de sport au programme pendant la journée et j'étais sur les genoux lorsque je me présentais aux entraînements. Après quelques mois, j'ai dû effectuer un choix et j'ai opté pour le football. Je suis resté un an et demi au Dinamo. Puis, pendant six mois, j'ai joué pour un club de D2 de Zagreb. Ma carrière professionnelle a réellement commencé lorsque j'ai signé pour Rijeka. Ce fut la période la plus heureuse de ma carrière. J'étais encore jeune et je n'avais pas un très gros contrat, mais j'avais l'impression de réaliser un rêve en atteignant la D1 et je me suis fait énormément d'amis. Lorsque je suis arrivé, l'équipe était encore en course pour une qualification à la Ligue des Champions, mais elle a échoué lors de la dernière journée et a dû se contenter de la Coupe de l'UEFA. Je me souviens d'un affrontement mémorable avec le grand Celta Vigo, qui comptait en ses rangs des footballeurs comme ValériKarpin, AlexanderMostovoi, BennyMcCarthy, Catanha, Juanfran... On était revenu de Vigo avec un match nul, et lors du match retour, les deux équipes n'avaient toujours pas réussi à se départager à l'issue du temps réglementaire. La prolongation nous a été fatale : on a été éliminé à la 118e minute. Cela reste à la fois une grosse déception et un très grand souvenir. J'ai joué quatre saisons à Rijeka. Arrivé en fin de contrat, j'ai reçu plusieurs propositions et j'ai opté pour Hajduk Split, sans trop savoir pourquoi. Peut-être pour la réputation du club, peut-être parce que je me rapprochais de ma ville natale. Ce ne fut pas un choix très heureux. Je ne me suis jamais senti à l'aise à Split, et au printemps, j'ai souffert de ces problèmes aux abdominaux qui ont nécessité une opération ". Ces problèmes aux abdominaux furent à la base de son départ de Haj-duk Split : l'entraîneur était sceptique, les dirigeants hésitaient sur l'opportunité d'une prolongation de contrat. Mouscron s'est présenté. " J'ai effectué un test pendant l'été et il s'est révélé concluant ". Stjepan Skocibusic n'a jamais regretté d'avoir signé. " D'emblée, j'ai été favorablement impressionné par l'accueil : aucune animosité, aucun rejet. Cela ne se passe pas toujours aussi bien lorsqu'on débarque dans un nouveau club et qu'on est appelé û qu'on le veuille ou non û à reprendre le rôle d'un joueur en place. A Split, l'accueil avait été beaucoup plus froid alors que, pourtant, j'étais dans mon pays. Ici, tout le monde s'est montré très gentil avec moi. TonciMartic m'a aidé à me familiariser avec mon nouvel environnement. Au début, cela n'a pas été facile. Je débarquais dans un pays inconnu, et dans une ville où la pratique de la langue anglaise n'est pas généralisée. De mon côté, je ne parlais pas un mot de français. En outre, pendant deux ou trois mois, je suis resté seul, mais je ne me suis jamais plaint : cela fait partie du métier. Aujourd'hui, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisque ma copine m'a rejoint en Belgique ". Stjepan Skocibusic est, à la limite, trop modeste : calme, posé, il ne fait aucun bruit. Il ne demande rien, semble presque avoir peur de déranger les habitués et s'avoue simplement heureux d'être là, d'avoir renoué avec la compétition. " Ce que j'espère apporter à l'équipe ? Solidifier la défense, l'aider à garder le zéro au marquoir. Et, pourquoi pas, inscrire un petit but moi-même. Cela m'arrive de monter sur les phases arrêtées. En Croatie, je dois avoir inscrit une dizaine de buts en 150 matches de D1. La plupart, de la tête. J'ai toujours joué comme défenseur central. Parfois comme libero, au sein d'une défense à trois, mais le plus souvent en zone au sein d'une défense à quatre, comme à Mouscron. De ce point de vue-là, je ne suis donc nullement dépaysé. Pour l'avenir, je ne me préoccupe pas encore. J'ai déjà réalisé un rêve en jouant en D1, mais mon rêve n'est peut-être pas terminé. On a toujours envie d'aller plus haut. On verra au moment voulu ". Daniel Devos" Solidifier la défense et l'aider à GARDER LE ZéRO AU MARQUOIR "