Comme promis, je vous récapitule à froid mes sentiments, sur ce Mondial 2002 s'estompant déjà. Le Mondial à la télé, depuis que 32 équipes le disputent, c'est un peu comme les noces de Cana: tu te défonces avec de la piquette, puis tu es trop bourré pour apprécier le bon vin quand Jésus se décide à l'amener! C'est-à-dire qu'ici, les choses sérieuses commencent en huitièmes de finale, mais tu as déjà à ce moment ingurgité en deux semaines 48 des 64 matches: lesquels te restent sur l'estomac et te saturent la footballite, au moment même où ta concentration est sensée s'accentuer!
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Comme promis, je vous récapitule à froid mes sentiments, sur ce Mondial 2002 s'estompant déjà. Le Mondial à la télé, depuis que 32 équipes le disputent, c'est un peu comme les noces de Cana: tu te défonces avec de la piquette, puis tu es trop bourré pour apprécier le bon vin quand Jésus se décide à l'amener! C'est-à-dire qu'ici, les choses sérieuses commencent en huitièmes de finale, mais tu as déjà à ce moment ingurgité en deux semaines 48 des 64 matches: lesquels te restent sur l'estomac et te saturent la footballite, au moment même où ta concentration est sensée s'accentuer! Ce fut un Mondial prévisible, pas très éloigné de ce que je vous avais pronostiqué début juin. Pas de gros ennuis, pas de gros frissons. La seule mini-stupeur fut que cinq seulement des huit favoris accédèrent aux huitièmes, alors qu'ils furent plutôt six ou sept lors des précédentes éditions: mais pas de quoi hurler que le monde du foot était en mutation, ...d'autant que la finale a bien fini par opposer, comme d'hab, deux favoris! Personnellement, j'ai moins souffert que ce que je redoutais rapport à ces horripilants nuls blancs (3) ainsi qu'à cette débilité de départage par tirs au but (2). Pour le reste des chiffres, je voudrais pas faire de mon nez, mais j'avais grosso modo repéré les constantes footeuses dans ma balle de cristal: cinq matches seulement avec à la fois cinq buts au moins et du suspense en chassé-croisé, quatre cartons jaunes par match, 11 coups de tête sur coups de coin, neuf coups francs directement convertis, ...et cette moyenne parfaitement moyenne de 2,5 buts par match qui me laissera toujours un goût de trop peu! Surtout qu'à partir des huitièmes et malgré le beau match sans enjeu (pléonasme?) que fut Turquie-Corée, cette moyenne retombe à 2 pile...Du point de vue tactique, y'a toujours une équipe qui presse haut tant qu'elle en a le courage, face à une équipe qui subit bas tant qu'elle ne peut pas faire autrement: ça s'appelle attaquer et défendre, ça peut varier en cours de match et le jeu se nomme le football! L'expression à la mode y est "défense à plat", comme si cela induisait du "un contre un" et de la prise de risque défensif: je renonce à comprendre puisque, dans 99% des duels, je vois quand même toujours un autre défenseur surgir pour recouper son pote dribblé! Non, sans blague, le seul machin qui me semble en évolution tactiquement, c'est que les rôles soient peut-être aujourd'hui moins marqués qu'hier entre les joueurs d'axe et les latéraux. C'est le cas derrière dans une défense dite "à trois", avec des gars comme Linke et Metzelder, Vidrio et Carmona, Matsuda et K.Nakata, qui oscillent sans cesse entre l'axe et leur flanc. C'est aussi le cas plus haut dans le jeu, où le "dédoublement des flancs" revêt parfois une signification nouvelle: avec des duos comme Sorin- Lopez, Morales- Luna, il s'agissait moins d'être sans cesse à deux pour occuper un flanc que d'alterner sans cesse pour que l'un continue d'écarter tandis que l'autre rentrait alors dans le jeu. Conséquence indirecte, mais je peux me gourrer: le vrai "soutien axial", le meneur de jeu attitré, le n°10 à la Zizou serait-il alors en voie de disparition? Bref, je ferme ma page/spectacle en vous citant 7 des 736 participants, que je ne connaissais pas du tout et qui m'ont tout à fait plu: Bouba Diop, Donovan, Duff, H.Emre, Joachin, Torrado, et Hasan Sas par dessus tout! L'arbitrage? Rien à signaler. Il fut équivoque et imparfait comme toujours, on a comme toujours écarquillé les yeux comme s'il s'agissait d'un chancre nouveau, et on re-stigmatisera en 2006 un arbitrage quasi inchangé, en ayant oublié le bordel de 2002 comme on a oublié cette année celui de 1998: la passion du foot s'alimente entre autres d'un refus de mémoire... Les juges de ligne ont souvent manqué de flair, c'est vrai: mais la politisation des désignations ne date pas du Mondial 2002, et elle n'explique pas toutes les errances réglementaires. Parmi celles-ci, je range les coups de coin, que je hais désormais d'une haine absolue: ils se résument à balancer le ballon dans un paquet de connards en espérant que, de temps en temps, tes grands tricheurs à toi trichent mieux que les tricheurs d'en face...