Le jeu a toujours hanté les vestiaires, parfois pour tuer le temps mais aussi par appât du gain. Il y a une quinzaine d'années, des bagarres auraient même éclaté dans le vestiaire du Standard pour des dettes de jeux de cartes. Dans une partie à 2.500 euros, il y avait un pigeon à table. A une époque, les courses de chevaux avaient la cote parmi les footballeurs belges. Le regretté Roger Claessen tenait une agence de tiercé, Michel Pavic et...

Le jeu a toujours hanté les vestiaires, parfois pour tuer le temps mais aussi par appât du gain. Il y a une quinzaine d'années, des bagarres auraient même éclaté dans le vestiaire du Standard pour des dettes de jeux de cartes. Dans une partie à 2.500 euros, il y avait un pigeon à table. A une époque, les courses de chevaux avaient la cote parmi les footballeurs belges. Le regretté Roger Claessen tenait une agence de tiercé, Michel Pavic et Gilbert Bodart étaient des turfistes assidus. L'ancien gardien était connu pour ses grosses mises. Pilier du FC Liégeois, Bernard Wégria a eu son cheval de course. Il en rigole encore. Son champion était en fait un trotteur-fantôme. Originaire de la région de Strée, Vincent Machiels (excellent petit médian défensif qui de 1982 à 1995 joua 220 matches en D1 pour le compte de Seraing et du FC Liégeois) s'y connaissait en chevaux. " Le trotteur que j'avais acheté avec Machiels n'a finalement jamais pris part à une course ", raconte Wégria. " Pour un crack, c'était maigre. Un jour, j'ai rencontré le patron de l'écurie où notre cheval était en pension. Il n'avait pas encore vu un sou même si je déboursais mon dû tous les mois. Et j'ai même continué à payer alors que le trotteur avait été vendu depuis un petit temps. Peu méfiant, je l'ignorais. Quelqu'un mettait mes paiements dans sa poche. J'aurais dû avoir la puce à l'oreille. En ville, on m'a parfois demandé des nouvelles de mon associé. Un jour, il a donné son bracelet à un gars qui exigeait le remboursement d'une dette. Je n'ai plus jamais eu de nouvelles de Machiels. J'ai perdu 7.500 euros dans ce qui n'était finalement qu'un hobby. " En renonçant à temps à ce milieu, Wégria a probablement échappé à l'addiction aux courses hippiques qui, dit-on à Liège, aurait coûté cher à ceux qui l'ont attiré vers les chevaux. Alors qu'il avait quitté la Juventus pour Rome, Zibi Boniek passait régulièrement ses après-midi à l'hippodrome delle Campanelle. En Angleterre, Michael Owen, la vedette de Newcastle (ex-Liverpool), est un passionné sans limites des courses de chevaux. Sir Alex Fergusson ne l'est pas moins et Ruud Gullit a même eu un cheval qui porte son nom. Les footballeurs propriétaires de chevaux de courses sont nombreux en France : Jérôme Rothen, Lionel Letizi, Lionel Charbonnier, Luis Fernandez, Robert Pirès, etc. Eux, ils n'ont pas de trotteur fantôme : on parie ?