C'est en 1927 que la D1 polonaise a pris son véritable envol, en s'organisant sous l'appellation Ekstraklasa, et le Wisla Cracovie s'empara du titre comme ce fut le cas la saison passée. Pourtant, ce n'est pas ce club historique mais le solide Lech Poznan qui défend le plus brillamment les intérêts européens du football polonais. " C'est ce qui se fait de mieux pour le moment ici ", souligne Michel Thiry, expert du football de ce pays, agent de joueurs et ancien directeur technique de plusieurs clubs d'Ekstraklasa.
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C'est en 1927 que la D1 polonaise a pris son véritable envol, en s'organisant sous l'appellation Ekstraklasa, et le Wisla Cracovie s'empara du titre comme ce fut le cas la saison passée. Pourtant, ce n'est pas ce club historique mais le solide Lech Poznan qui défend le plus brillamment les intérêts européens du football polonais. " C'est ce qui se fait de mieux pour le moment ici ", souligne Michel Thiry, expert du football de ce pays, agent de joueurs et ancien directeur technique de plusieurs clubs d'Ekstraklasa. " Il y a eu un travail de base très important au Lech Poznan avec un mélange très intéressant entre du talent local et l'apport d'excellents éléments principalement recrutés au Pérou et dans les pays issus de l'ex-Yougoslavie. Les joueurs étrangers assument un rôle important. Cracovie s'est emparé du titre la saison passée mais c'est Lech Poznan qui a produit de loin le jeu le plus intéressant. A mon avis, plusieurs de ses éléments peuvent évoluer sans trop de problèmes dans de grands clubs européens. C'est certainement le cas du jeune meneur de jeu bosniaque Semir Stilic, une remarquable patte gauche mais ce n'est pas le seul. Le danger vient de partout car cette équipe très vive a l'art de passer sans problème de la récupération au jeu offensif. Cet effectif a les moyens d'aller loin dans cette Europa League. Ce n'est pas une éclosion spontanée car, la saison passée déjà, Poznan avait réussi un parcours intéressant en n'échouant que de justesse en seizième de finale à Udine (2-1) qui avait été secoué en Pologne (2-2). Avant cela, Poznan avait émergé des poules en gagnant à Feyenoord (0-1). " " L'équipe était alors coachée par Franciszek Smuda. Il misait sur le 4-4-2 ou le 4-5-1. Le successeur de Smuda, Jacek Zielinski, organise systématiquement ses troupes en 4-4-2. Bruges aurait tort de faire la fine bouche. Poznan a eu des hauts et de bas dans son histoire et la fusion avec Amica Wronki (ancien club de Marcin Wasylewski qui joua une saison à Lech Poznan après le mariage des deux clubs), en 2006, a servi de détonateur. Les dirigeants de Wronki, une ville de 12.000 habitants, ont dirigé la man£uvre lors de cette union. Ils ont intelligemment misé sur la popularité du football à Poznan, une grande ville de plus de 900.000 habitants. Lech ne compte pas ses nombreux supporters. Pour le moment, on construit un nouveau stade de 40.000 places à Poznan pour les besoins de la phase finale de l'Euro 2012. On pourrait ajouter 20.000 places de plus tant la ferveur des fans du Lech Poznan est grande. En attendant l'inauguration des nouvelles installations, le Lech évolue dans la petite enceinte d'Amica Wronki. Cela pourrait être un avantage pour Bruges. Cela avait réussi à Frederikstad au tout précédent (1-2) mais Poznan a remis les pendules à l'heure en Norvège : 1-6. " La défense est solide, surtout dans son axe central. Manuel Arboleda et Bartosz Bosacki s'y entendent à merveille. Arboleda est parfois trop cool en championnat mais ses performances sur la scène européenne sont parfaites. Bosacki apporte sa taille, son métier et un vécu en Bundesliga. Ivan Djurdjevic peut dépanner dans l'axe ou au back gauche où sa force de travail est appréciée mais le coach a de nombreuses solutions dans ce secteur avec Dimitrije Injac, Marcin Kikut, Seweryn Gancarczyk et d'autres. La ligne médiane a perdu Rafael Murawski qui a été transféré au FC Rubin Kazan mais cela n'a pas perturbé les équilibres. Stilic rayonne de plus en plus. Thiry : " Cet homme est la tête pensante d'une équipe qui réfléchit et agit comme un seul homme. Il est venu du Zeljeznicar Sarajevo et a trouvé chaussure à son pied en Pologne. Il marque régulièrement et est un passeur de premier ordre. Stilic intéresserait pas mal de grands clubs. Il avait été cité à West Bromwich Albion mais pourrait jouer dans les plus grands clubs européens. Endurant, il excelle autant dans le jeu court que dans la profondeur. Il s'entend bien avec son compère Tomasz Bandrowski, plus défensif et qui lui permet de réaliser ses ambitions offensives. Stilic utilise aussi parfaitement les éléments de débordement : Jakub Wilk, Slawomir Peszko, etc. Il est tentant de se concentrer en priorité sur la neutralisation de Stilic. Certains l'ont fait mais ont payé le prix : le danger vient alors de partout. Poznan est difficile à gérer car c'est une équipe intelligente et vive. " L'attaque brille par deux joueurs différents et complémentaires : Robert Lewandowski et Hernan Rengifo. Le premier cité est un buteur de haut vol. Il n'a que 20 ans et a fait son trou en D3 et en D2 (chaque fois meilleur de sa série) avant de débarquer au Lech Poznan. Lewandowski confirme et cela ne passe pas inaperçu : Arsenal, Dortmund, Saint-Etienne et Naples se seraient renseignés à son propos. " S'il confirme, d'autres clubs frapperont à sa porte ", estime Thiry. " Le Péruvien Rengifo semble un peu enrobé, très cool et il fait penser à une ancienne star du Standard : Erwin Kostedde. Comme lui, il garde magnifiquement la balle en attendant du renfort. " La Pologne n'a plus d'yeux que pour Lech Poznan, son dernier représentant sur une scène européenne. Ce club a aussi très bien commencé son parcours dans le cadre du championnat national. Les scouts de Bruges ont été impressionnés par la vivacité de Poznan dont le palmarès national est riche de cinq titres et de cinq Coupes. La saison passée, Peszko avait marqué le seul but de la finale de la Puchar Polski contre Ruch Chorzow. Il y a des succès qui en appellent d'autres. Poznan est décidé à le prouver en championnat et en Europa League. par pierre bilic