Lorsqu'un nouvel entraîneur débarque, on voit souvent apparaître de nouveaux visages. Les choix sont différents et c'est d'ailleurs le but du jeu, lorsqu'on procède à une passation de pouvoirs : effacer les éventuels privilèges dont bénéficiaient certains et forcer les joueurs à une remise en question, en remettant tout le monde sur un pied d'égalité face au nouveau mentor.
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Lorsqu'un nouvel entraîneur débarque, on voit souvent apparaître de nouveaux visages. Les choix sont différents et c'est d'ailleurs le but du jeu, lorsqu'on procède à une passation de pouvoirs : effacer les éventuels privilèges dont bénéficiaient certains et forcer les joueurs à une remise en question, en remettant tout le monde sur un pied d'égalité face au nouveau mentor. C'est ainsi que, lors de son retour au Canonnier en 2003, GeorgesLeekens avait fait confiance à GuillaumeLépine et JulienCatrain : des défenseurs costauds et de grande taille, qui n'avaient jamais eu leur chance sous LorenzoStaelens et qui ont complètement disparu de la circulation depuis le départ de LongCouteau. Avec l'arrivée de PhilippeSaint- Jean en 2004, on a revu des footballeurs plus frêles mais plus techniques, à l'image de PacoSanchez. Depuis trois semaines, GeertBroeckaert a encore sorti d'autres atouts de sa manche : YassineBenajiba, un petit gars hargneux, qui ne renonce jamais, à l'image du joueur qu'il était lui-même lorsqu'il ratissait les ballons dans l'entrejeu du Cercle de Bruges et de Mouscron ; et BastienChantry, un flanc droit qui figurait déjà dans le noyau de Saint-Jean mais qui a rarement joué durant le premier tour (en raison, notamment, de petits pépins physiques mais aussi parce que l'ancien entraîneur lui préférait la paire Charlet- DeVleeschauwer dans ce couloir). Il s'est aussi résolu à offrir un baptême du feu au tout jeune DaanVangyseghem (17 ans depuis le 3 mars) pour compenser la suspension de SamirBeloufa, et les blessures de GeoffreyClaeys et OlivierBesengez. Considéré comme l'une des plus belles promesses du football belge, il figurait déjà sur les tablettes de Saint-Jean qui l'avait inclus dans le noyau A pendant les vacances scolaires, mais il était retourné dans le noyau B pour pouvoir terminer ses études. Jusqu'à présent, les choix de Broeckaert se sont révélés concluants. " Le talent de buteur d' ErminSiljak a, certes, permis de récolter des points précieux, mais il n'y a pas que l'attaquant slovène qui a initié le renouveau de l'Excel ", se réjouit RolandLouf. " Les nouveaux se révèlent à leur manière ". Le surnommé Pitbull : " En premier lieu, je voudrais remercier ma famille et mes amis. Tous ceux qui m'ont aidé à garder le moral et la motivation dans les moments difficiles. Car j'étais dans le trou. Le plus dur, ce n'était pas tellement la fracture du péroné dont j'avais été victime lors d'un match au Lierse, en début de saison dernière, à l'époque de Leekens. Le plus pénible, ce fut la décision de Saint-Jean, au début de cette saison-ci, lorsqu'il m'a fait comprendre qu'il n'avait pas besoin de moi. Officiellement, parce que le noyau était déjà pléthorique. C'est son droit de ne pas me trouver assez bon. Mais il ne m'a même pas essayé. Je serai éternellement reconnaissant à Broeckaert de m'avoir repêché. Car j'avais déjà noué des contacts avec d'autres clubs en vue de la saison prochaine. Cette semaine, j'ai un autre rendez-vous : avec Roland Louf, en vue d'une prolongation de contrat à Mouscron. C'était mon rêve, car Mouscron est le club de mon c£ur. Je suis arrivé ici à l'âge de 15 ans. Je garde des souvenirs inoubliables de ma période au Futurosport. En particulier du prestigieux Tournoi de Croix, que l'on a remporté avec les -18. Et du titre conquis avec les Scolaires. Je côtoie Gert Broeckaert depuis trois saisons. Il s'est toujours montré très sévère à mon égard, mais c'était pour mon bien. Je sais ce qu'il attend de moi. Et je sais qu'il m'apprécie : chez les jeunes, il avait fait de moi son capitaine. Je crois qu'il se reconnaît un peu en moi : il apprécie les battants, les demis défensifs qui n'hésitent pas à mettre le pied et qui ne lâchent rien. Mais je n'oublie pas EddyCallaerts, mon premier entraîneur au Futurosport. C'est lui qui m'a donné la joie de jouer au football. Ici à Mouscron, tout le monde me surnomme le pitbull. En référence à Edgar Davids, parce que j'ai beaucoup de mordant. J'ai un peu le même style de jeu, mais il n'est pas mon joueur préféré. En comparaison avec Ronaldinho, il n'y a pas photo. C'est le meilleur joueur du monde. Je possède une certaine technique, moi aussi, mais je n'ai pas souvent l'occasion de le démontrer. Au demi défensif, il faut jouer le plus simplement possible. On ne peut pas se permettre de trop dribbler, car chaque perte de balle peut se révéler mortelle. Ce que je peux apporter à Mouscron ? Mon engagement, mon pressing. En exerçant un pressing sur le porteur du ballon, j'empêche l'adversaire de développer son jeu. Cela manquait auparavant et notre défense se retrouvait dès lors en difficulté. Mon rêve est de devenir, un jour, international. Avec la Belgique ou le Maroc, peu importe. J'accorderai la préférence au pays qui se manifestera le premier. J'ai la double nationalité belgo-marocaine, même si j'ai déjà évolué avec les û18 et les û19 belges. Je suis né à Etterbeek, une commune de l'agglomération bruxelloise, mais j'habite à Rixensart depuis plusieurs années. Je suis le cadet d'une famille de trois enfants. Mon père, originaire de Tanger, est contrôleur de métro à la STIB (Société des Transports Intercommunaux Bruxellois) et ma mère est femme au foyer. J'ai débuté ma carrière à Auderghem, où j'ai évolué des Diablotins jusqu'en Pré-Minimes. J'ai ensuite joué cinq ans au RWDM, puis une saison au RJ Wavre. C'est là que j'ai été repéré ". Le surnommé Vincent :" Ce que j'ai ressenti lorsque Broeckaert m'a annoncé que je débuterais la rencontre face à Westerlo, il y a 15 jours ? J'ai eu le temps de me faire à l'idée, car j'avais déjà perçu des signes avant-coureurs lors des entraînements de la semaine précédente. Il n'empêche que j'étais assez nerveux en montant sur le terrain. La semaine suivante, au Lierse, cela allait déjà beaucoup mieux. Aujourd'hui, voilà trois matches que je suis titulaire. Ce qu'il adviendra de moi dimanche prochain à Charleroi, lorsque Beloufa reviendra de suspension ? On verra bien. Broeckaert a déclaré qu'à rendement égal, il accorderait la préférence aux jeunes. Je ne me tracasse pas trop. Cette intégration dans le noyau A me procure à la fois une grande joie et quelques soucis. Au départ, il était prévu que je termine ma rhétorique au KTA de Bruges, avant de me consacrer pleinement au football. Les événements se sont précipités. Pendant les vacances de Pâques, les entraînements quotidiens ne m'ont pas posé de problèmes. Aujourd'hui, je dois m'organiser. Je me lève à 6 heures pour prendre le train de 7 h 15 à Courtrai. Je commence les cours à Bruges à 8 h 15. Les mardis et mercredis, le délégué de l'équipe PatrickStelandre vient me chercher en voiture à 10 h 00 pour m'amener à l'entraînement à Mouscron. Le directeur, heureusement, se montre compréhensif. Les autres jours, je continue les cours jusqu'à 16 h 30 et je m'entraîne le soir avec le noyau B. Auparavant, j'étais à l'école TopSport de Meulebeke, mais je me suis retrouvé seul dans la section Foot Elites. Devoir s'entraîner seul, ce n'est pas l'idéal lorsqu'on pratique un sport collectif. J'ai donc dû me rabattre sur Bruges. Mais je n'aime pas trop cette école. La création de la section Foot Elites est très récente et tout n'est pas encore bien en place. Il me reste deux mois à mordre sur ma chique, car je tiens à décrocher mon diplôme. Après, je pourrai me consacrer pleinement au football. A Mouscron ? Sans doute, je dois bientôt négocier pour la signature d'un premier contrat professionnel. En principe, il sera d'une durée de deux ans. Après, on verra. Je joue à l'Excel depuis trois saisons et je loge à l'internat de Mouscron. Je suis originaire de Renaix, une ville à cheval sur la frontière linguistique, ce qui explique que je parle presque aussi bien le français que le flamand. Mon père travaille au Ministère des Finances à Bruxelles et ma mère à l'Office du Tourisme à Renaix. J'ai un frère, Tim (19 ans), qui a joué en Réserve à Mouscron et qui évolue désormais à Eine en 1re Provinciale. Quand ai-je pris conscience que j'avais du talent ? Vous savez, lorsqu'on reçoit des convocations pour les équipes nationales de jeunes et que des clubs étrangers commencent à vous approcher, c'est un signe. Il y a déjà eu Heerenveen, Lens et surtout Bolton, où je me suis rendu l'an passé. Le contrat était prêt, je n'avais plus qu'à le signer. Mes parents m'ont laissé le choix. Financièrement, c'était intéressant. Mais je n'ai pas voulu brûler les étapes. Je n'oublie pas les mésaventures de JonathanBlondel, qui était parti trop tôt, alléché par un très beau contrat et qui s'est noyé outre-Manche. Les joueurs flamands de l'équipe, comme FranckyVandendriessche, KoenDeVleeschauwer ou GeoffreyClaeys, me surnomment volontiers Vincent. En référence à VincentKompany, bien sûr. C'est flatteur, mais mon joueur préféré, c'est William Gallas. Pour son style, mais aussi parce qu'il joue en Angleterre, un championnat qui me passionne ". Le surnommé Nelson Montfort : " En décembre, j'ai été opéré de l'appendicite. Mais ce n'est pas l'unique raison pour laquelle j'ai très peu joué avec Saint-Jean. Il avait effectué d'autres choix, c'est tout. Lorsqu'il avait été nommé entraîneur de l'équipe Première, tous les jeunes avaient pensé qu'ils recevraient une chance sous sa direction. Cela ne s'est pas passé ainsi. Je crois qu'il n'avait pas assez confiance en lui, et qu'il a dès lors privilégié les noms plutôt que les qualités, au détriment des vrais choix qu'au fond de lui-même, il aurait voulu effectuer. Je ne lui en veux pas. Mais c'est vrai que, lorsque Geert Broeckaert m'a fait monter en deuxième mi-temps à Ostende, il y a un mois, je me suis senti revivre. C'était la première fois depuis deux ans que je n'avais pas dû aller jouer en Réserve. La première fois, aussi, que j'ai bénéficié d'un temps de jeu conséquent en D1. J'ai tout donné. Et j'ai remis la dose contre Westerlo, au point d'être victime de crampes en fin de match. Le travail, tôt ou tard, finit par payer. Ce que je peux apporter ? Je n'ai pas une mentalité individualiste, j'aime travailler en équipe. Défensivement, j'essaie de bosser. Mais j'affectionne surtout d'apporter ma contribution aux offensives. J'ose dribbler, centrer et amener les ballons devant le but pour les attaquants. J'apporte de la profondeur, dit-on. J''espère aussi apporter mon enthousiasme pour assurer le sauvetage. Car la D1 ne peut pas se permettre de perdre un club comme Mouscron. Je suis arrivé au Futurosport en Cadets 2e Année. Je suis né à Tournai. J'ai joué à l'US Tournai puis au RC Tournai avant la fusion. Au départ, c'était un peu bizarre de m'affilier à l'Union, car le nom Chantry a longtemps été associé au Racing : il y a eu René Chantry et Marco Chantry, qui ont tous les deux joué en D1 avec le RC Tournai. Petit, j'étais supporter d'Anderlecht. Lorsque Mouscron est monté en D1, je me suis rendu de plus en plus souvent au Canonnier et mon c£ur a chaviré. Aujourd'hui, je me considère comme mouscronnois. J'ai fréquenté l'internat à Mouscron pendant trois années. Ce ne fut que du bonheur. J'ai appris la vie là-bas. Loin de mes parents, en devant gérer seul la combinaison du football et des études. Avant cela, j'étais trop obnubilé par le football et j'obtenais tout juste les points nécessaires à l'école. J'ai conclu un pacte avec mes parents : si je ne réussissais pas mes études, je devais arrêter le football. A partir de là, j'ai cartonné dans les études, au point de me surprendre moi-même. J'ai atteint les 90 % en mathématiques, par exemple. Mais, ce qui me passionne surtout, ce sont les langues étrangères. Aujourd'hui encore, je suis des cours particuliers, en anglais et en espagnol, deux fois par semaine. C'est sans doute pour cela que les kinés me surnomment Nelson Montfort : ils m'entendent souvent parler l'anglais. Cette connaissance des langues me permet d'avoir de très bons contacts avec les joueurs étrangers. Cela ouvre bien des portes, aussi. Avec l'anglais et l'espagnol, on va partout. Cela pourrait m'être utile, plus tard, mais une carrière dans le journalisme ne me déplairait pas non plus. Mon objectif dans la vie ? Etre heureux, tout simplement. Jadis, j'avais un autre surnom : Christophe Grégoire m'appelait souvent le chat noir. Parce que, chaque fois que j'étais repris sur le banc, l'équipe perdait. C'était lors du deuxième tour avec Staelens. Le chat noir a disparu lorsque j'ai inscrit mon premier but en D1, lors de mon premier match, à Malines, en 2003. Aujourd'hui, je constate avec plaisir que Mouscron peut aussi gagner avec moi. Comme Yassine et Daan, je suis un produit du Futurosport. Pour les dirigeants comme pour nous, c'est agréable de constater que les investissements consentis commencent enfin à porter leurs fruits ". Daniel Devos" Mon objectif ? Etre HEUREUX ! " (Bastien Chantry) " Je rêve de devenir INTERNATIONAL. Avec la Belgique ou le Maroc " (Yassine Benajiba) " Mon contrat à BOLTON était prêt. Je n'avais plus qu'à le signer " (Daan Van Gyseghem)