Soupe à la grimace en début de semaine dernière à Anderlecht. Où chacun fait ses comptes suite au faux départ de Matias Suarez au CSKA Moscou. Le club d'abord qui voit 11 millions d'euros s'envoler en fumée. Gérard Witters ensuite, ex-£il des Mauves en Argentine et copropriétaire du joueur, privé d'une commission de 5 % de ce joli pactole. Alors, on râle.
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Soupe à la grimace en début de semaine dernière à Anderlecht. Où chacun fait ses comptes suite au faux départ de Matias Suarez au CSKA Moscou. Le club d'abord qui voit 11 millions d'euros s'envoler en fumée. Gérard Witters ensuite, ex-£il des Mauves en Argentine et copropriétaire du joueur, privé d'une commission de 5 % de ce joli pactole. Alors, on râle. Les frustrations se portent a priori sur Christophe Van Impe, coupable de s'être épanché sur le sujet dans les quotidiens du groupe Sudpresse. Mais, surtout, d'avoir mis son nez où il ne faut pas. Car, dès la reprise, le Sporting mesure que son puncheur n'est médicalement pas en ordre. Et il se doute que le screening, à Munich, peut faire capoter l'affaire. Aussi, en cas de non-cession du Sud-Américain, l'idée est de s'en tenir à une question d'argent plutôt qu'à un genou récalcitrant. Marquez pas de chance, Sudpresse en décide autrement en divulguant le secret. Qui dit info, dit source. Et les soupçons se portent sur José Garcia, ex-team manager de l'équipe et confident du joueur. SMS à l'appui entre l'ancien de la maison mauve et notre collègue, il apparaît clairement que l'intéressé, en vacances au moment des faits, n'est pas du tout au parfum. Les supputations vont dès lors bon train pour savoir qui a vendu la mèche. Dans l'intervalle, le staff médical est devenu l'exutoire du courroux de la direction. A raison car on y a sans doute agi avec légèreté concernant la blessure de l'Argentin. Contrairement à Ronald Vargas, suivi à la trace tout au long de sa revalidation, Suarez n'a pas été encadré lors de son retour au pays pendant la trêve d'été. Au Parc Astrid, on a cru que le repos suffirait pour guérir son inflammation au tendon rotulien. Une erreur coupable, dont les Sportingmen assument aujourd'hui les conséquences. Il tombe sous le sens que Suarez ne va plus jamais peser la coquette somme pour laquelle sa tête a été mise à prix cet été. La direction a beau minimiser sa portée, elle-même n'a pas agi autrement avec certains transferts rentrants ces derniers mois. Un Vargas fit and well, c'est 5 millions ou rien en 2011. Le même joueur éclopé, c'est tout juste la moitié de ce montant. Idem pour Gohi Bi Cyriac : sans sa blessure, l'ancien Standardman ne rallie jamais le Sporting pour deux millions. Tout porte à croire que les Mauves devront composer avec le même cas de figure, pour Mati. A moins, bien évidemment, qu'ils ne décident de le garder. Mais là aussi, financièrement parlant, ils vont trinquer. Et pour cause, puisque le joueur n'a jamais coûté cher à la maison mauve jusqu'ici. Un contrat de 600.000 euros par saison, c'est moins de la moitié de ce que palpent Milan Jovanovic et Dieumerci Mbokani. C'est même moins qu'un Olivier Deschacht. Et si le Sporting veut conserver le joueur au-delà de 2015, il lui faudra puiser de façon plus conséquente dans sa bourse. Un manque à gagner de 11 millions, c'est aussi la perspective d'un statu quo au plan du noyau A, alors que le nouveau coach, John van den Brom, a toujours fait de la venue de son ancien élève ajacide, Niklas Moisander, une priorité. La rumeur veut même qu'Anderlecht ait songé à faire coup double, en utilisant une partie de l'argent récolté par la vente de l'Argentin afin de rapatrier Mehdi Carcela, qui trouve le temps long à Anzhi Makhatchkala. Faute de rentrées, il est quasiment acquis qu'on en restera là. Deux consolations quand même : l'AEL Limassol ne doit pas faire figure d'épouvantail, même si les épisodes de BATE Borisov en 2008 ainsi que du Partizan Belgrade en 2010 incitent à la prudence. Et puis Roland Juhasz et par-dessus tout Cheikhou Kouyaté sont de retour. Des rentrées sportives qui valent peut-être plus que des rentrées financières... PAR BRUNO GOVERS - PHOTO: IMAGEGLOBE