L'éternel play-boy s'est marié. Comment est-ce possible?
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L'éternel play-boy s'est marié. Comment est-ce possible?Patrice Zere (il rit): Vous savez, quand on a 30 ans, qu'on est encore célibataire et qu'on n'a pas d'enfant, la famille trouve cela bizarre et se pose des questions... Et ce fut directement le coup de foudre?Oui. (Il rit). Quand je l'ai vue pour la première fois, je me suis dit: -Qu'est-ce que c'est que ça? Et vous savez que Zéré accorde beaucoup d'importance à la qualité. (il rit).Vous aviez toujours dit que vous ne vous marieriez que lorsque vous voudriez des enfants.C'est vrai. Voici ma fille, Fabienne. Elle a un an.Pourquoi vouliez-vous des enfants?Parce que j'avais besoin de stabilité. Quand on n'a pas d'enfant, on vit un peu la tête dans les nuages. En tant que père, on réfléchit à deux reprises avant de faire quelque chose.Vous sortez moins?Oui mais après les matches, ma femme me donne l'autorisation d'aller prendre un verre. Elle est jalouse mais compréhensive.Voulez-vous d'autres enfants?Encore un mais après ma carrière, lorsque j'aurai plus de temps pour m'en occuper. Actuellement, ce n'est pas évident. Quand je rentre à la maison, je suis fatigué. Fabienne veut jouer mais moi, je veux dormir.Que faites-vous de vos temps libres?Quand nous avons congé l'après-midi, je fais du lèche-vitrine à Anvers, je vais au parc avec la petite ou au restaurant. Je ne suis pas cinéphile mais, le soir, il m'arrive de regarder un bon film sur RTL. Je suis abonné à Sport/Foot Magazine tandis que mon ami et manager Alfred Raoul me ramène Jeune Afrique Magazine et Jeune Afrique Economie. Le dernier livre que j'ai lu, c'est Nelson Mandela, le long chemin vers la liberté. Qui s'occupe du jardin?Ce n'est pas mon truc. Au club, j'ai trouvé quelqu'un qui aime faire cela.Attachez-vous de l'importance à la décoration de la maison?Je veux seulement que ce soit propre. Si je vois de belles choses, je ne les achète pas pour ici mais pour mon appartement à Abidjan, dont je suis plus fier. Cette maison est louée par le club. Le jour où je m'en irai, je n'emmènerai que mes vêtements et quelques photos ou cadres.Vous vous sentez toujours dans la peau d'un immigré?Evidemment. Si un club ivoirien me payait autant que Lokeren, je ne serais pas ici. C'est juste pour le boulot. Après ma carrière, je veux rentrer à la maison. En Europe, les gens travaillent toute l'année pour s'offrir quelques semaines à la mer et au soleil. En Côte d'Ivoire, il y a de jolies plages de sable blanc et du soleil tous les jours. Moins d'impôts, aussi.Vous possédez des centaines de CD.De la musique africaine, de la soul mais aussi le dernier Lionel Ritchie. Je suis ouvert à presque tous les genres. Je suis fou de musique mais pas du style à danser comme un fou dans les discothèques. Je préfère regarder (il rit). Portez-vous toujours des vêtements de luxe?Oui, j'aime les marques mais c'est sans prétention. En fait, je me dis que, plus c'est cher, plus c'est de qualité.Etes-vous dépensier?Non, plutôt économe. Je ne joue pas en bourse parce que je n'y comprends rien. A Abidjan, j'investis dans l'immobilier. Cela offre une certaine sécurité et mes enfants pourront en profiter plus tard. Avec Raoul, j'ai également fondé une société chargée d'accompagner les jeunes joueurs africains. Raoul est un frère pour moi. Il y a près de 20 ans, nous étions à l'école à Paris ensemble. Lorsqu'il vient en Belgique, il loge chez moi. Et lorsque j'étais à la Coupe d'Afrique, c'est lui qui a filmé l'accouchement d'Anna.Où avez-vous rencontré Patrice pour la première fois?C'était il y a trois ans, à une fête d'anniversaire, à Abidjan. Deux ou trois jours plus tard, il m'a téléphoné pour voir si nous pourrions prendre un verre. J'étais surprise mais j'ai dit : -Pas de problème. Voilà. (elle rit). Avant, je ne le connaissais que de nom. Les Zéré, ce sont des stars à Abidjan. (elle rit). En Afrique, toutes les filles se mettent à plat ventre devant les stars du football?Je ne suivais pas tellement le football, je n'allais pas voir jouer l'équipe nationale car j'étais mannequin et je n'avais guère de temps libre. Je faisais des défilés de mode, des reportages photographiques pour des calendriers et des magazines comme Africa Revue ou Amina. Je faisais également des campagnes de publicité pour des crèmes pour la peau et l'eau minérale nationale, Ara. J'ai fait cela pendant cinq ans. Puis je suis tombée amoureuse de Patrice et je l'ai épousé. Quel était votre rêve d'enfant?J'ai toujours rêvé d'être une grande star. Je rêvais également d'avoir un mari et deux enfants: un garçon et une fille. Il ne me manque que le garçon.Vous arrive-t-il de faire du sport?Plus maintenant. J'ai joué au basket au Stade Abidjan jusqu'en seniors. Puis j'ai travaillé comme modèle.Vous êtes folle de vêtements?Oui. Et d'accessoires aussi mais surtout de bijoux. (elle rit). Que pensez-vous de la vie en Belgique?Je suis venue ici à cause de Patrice mais je n'aime pas l'Europe. Ici, c'est chacun pour soi. C'est ça, le problème. Il n'y a pas de chaleur humaine. Ma famille, mes amis, la plage, le soleil, la piscine, les taxis et les voisins me manquent. Quand on sort en rue, personne ne dit bonjour.Que faites-vous de vos temps libres?Je n'ai que peu ou pas de contact, si ce n'est avec une femme de Dago qui est restée ici et avec quelqu'un d'un magasin de vêtements. Je n'ai que la télévision. Je regarde des feuilletons comme Sous le soleil, à 17 heures sur RTL ou Top Model, à midi. J'aimerais qu'il y ait un peu plus d'amour. (elle rit). Etes-vous croyante?Je suis musulmane car ma mère est d'origine malienne mais je veux me convertir au catholicisme car l'islam est trop compliqué, avec toutes ces règles qui ne sont pas vivables. Je me suis déjà informée auprès d'un prêtre. Je vais suivre trois cours puis je me ferai baptiser.Etes-vous pour la monogamie ou la polygamie?La monogamie. Mon père, qui est le plus grand transporteur de bus de Côte d'Ivoire, avait trois femmes. La troisième, c'était ma mère. Je n'accepterais pas cela. Mon mari n'appartient qu'à moi.Etes-vous heureuse?Patrice est très gentil avec moi mais il n'est jamais à la maison, rien n'est à moi et je ne connais personne. Que puis-je faire? Ce n'est pas une vie. La Côte d'Ivoire me manque. Je rentrerai sans doute déjà le mois prochain, je ne peux pas attendre jusqu'à la fin de sa carrière.Et alors?Nous en avons déjà discuté: mieux vaut que j'aie quelque chose à faire, que je travaille plutôt qu'être malheureuse ici. Je veux ouvrir un salon de coiffure et de beauté à Abidjan car je possède un diplôme. Patrice dit que, si c'est ce que j'aime, il m'aidera à m'installer...Christian Vandenabeele