Les Rouches montent dans les tours et cette puissance retrouvée est le fruit d'un an de travail. L'effectif a été régénéré, de fond en comble, et il était impossible d'arriver à un tel résultat en quelques semaines, comme la direction liégeoise l'avait exigé dans le chef de Robert Waseige.
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Les Rouches montent dans les tours et cette puissance retrouvée est le fruit d'un an de travail. L'effectif a été régénéré, de fond en comble, et il était impossible d'arriver à un tel résultat en quelques semaines, comme la direction liégeoise l'avait exigé dans le chef de Robert Waseige. Le passé étant le passé, Dominique D'Onofrio a patiemment, mais fermement, mis en place une conception tactique dont la gestion ne changea pas la saison passée, dans la réussite ou dans le doute. Il s'en est dégagé, malgré la déception de ne pas être présent sur la scène européenne, une stabilité dans l'occupation du terrain qui, bien avant les transferts de l'été, ou l'arrivée des récents renforts, entraîna une richesse évidente sur le plan de l'occupation du terrain. Le Standard termina la précédente saison en plaçant ses pions en 4-3-1-2, avec une variante en 4-3-2-1 lors de certaines circonstances. Des hommes sont partis, d'autres ont été recrutés mais, en gros, la vision tactique est restée la même. Un bloc fut mis en place avec, notamment, le nouveau duo offensif formé par Alexandros Kaklamanos et Sambegou Bangoura. Ils ne trouvèrent pas tout de suite le chemin des filets et, partant de cela, la vérité offensive vint de la ligne médiane et des arrières ailes avec des perforations dans l'axe et des évasions sur les ailes. Tout était en place avec des transferts réussis : Alexandros Kaklamanos, Sambegou Bangoura, Papy Kimoto, le retour de Jurgen Cavens hélas gêné d'entrée de jeu par une blessure. Puis, le Standard recruta récemment trois joueurs supplémentaires et non des moindres : Emile Mpenza, Gonzalo Sorondo et Miljenko Mumlek. Soit un attaquant, un arrière et un médian. Un luxe quand une équipe tourne à un régime intéressant ? Des facteurs de déstabilisation psychologique pour des joueurs qui, avant ces arrivées, auront eu le mérite de relancer ce club ? Une chose est acquise : Dominique D'Onofrio ne chamboulera pas son occupation du terrain pour faire de la place à l'un ou l'autre des nouveaux arrivés. Ce sera à eux de s'adapter à ce qui a, petit à petit, été mis en place et pas le contraire. Une chose est claire : le noyau est plus large en profondeur et le coach liégeois aura, tout au long des matches de la saison, un choix des armes infiniment plus abondant. Au Lierse, une certaine étroitesse des troupes l'avait gêné malgré le succès acquis dans le jardin d' Emilio Ferrera. " Bangoura et Kaklamanos étaient incertains, pas en pleine possession de tous leurs moyens ", rappelle Dominique D'Onofrio. " Avec un attaquant de plus dans mon arsenal, j'aurais pu en remplacer un, même appliquer le principe de la tournante, adapter le positionnement de notre attaque ". Quand Emile sera prêt à 100 %, dans deux ou trois semaines, vu sa cote financière, ainsi que sa popularité et son talent, il sera difficile de le garder sur le banc. Le coach liégeois ne changera-t-il pas alors son fusil d'épaule en partant d'abord de ce joueur pour composer son équipe ? " Non, quelque chose de très bien, de solide et de fiable, s'est mis en place ", souligne tout de suite Dominique D'Onofrio. " Le système de base restera le même, ne changera pour personne, mais l'apport d'un joueur de la trempe d'Emile Mpenza multiplie les variantes. Au Standard, actuellement, nous avons déjà fameusement enrichi les sources de dangers offensifs pour l'adversaire. Cette pression offensive vient de partout : devant, milieu, débordements et même de très loin quand Drago met le nez à la fenêtre. Tout est dans la compensation, l'occupation des zones libérées. Jonathan Walasiak et Papy Kimoto jouent à droite ou à gauche, dans la ligne médiane, mais ils ont l'art de serrer vers Godwin Okpara, de ne pas boucher leur zone quand Onder Turaci ou Gonzague Van Dooren débordent. De plus, Wali et Papy sont extrêmement dangereux dans leurs percées axiales. Moreira, notre numéro 10, en fait un... 9,5, comme on dit en France, trouve de mieux en mieux Bangoura et Kaklamanos. Ces deux-là croisent bien, se trouvent mais il ne faut pas oublier AliyuDatti, rapide comme l'éclair, souvent décisif quand il monte au jeu. Cette abondance tactique sera maintenue car elle convient à tout le monde. Elle enrichira Emile et Emile l'enrichira ". Kaklamanos est un pivot, un homme puissant des 16 m mais pas un buteur hors normes. Bangoura l'est un peu plus que lui. Emile Mpenza n'est pas non plus un finisseur de très haut vol. " Un grand attaquant n'est pas nécessairement un véritable buteur ", lance Dominique D'Onofrio. " Qui ne voudrait pas Emile ? Il ne marque pas comme il respire mais quelle présence, quels problèmes pour tous les défenseurs du monde. En pleine possession de ses moyens, il fait rêver tout le monde. A Anderlecht, Aruna Dindane est pétri de classe mais n'est pas aussi décisif que NenadJestrovic dans le dernier geste mais peut-on dire que ce n'est pas un immense attaquant ? Non, bien sûr. Ivica Mornar ne fusille pas les gardiens belges comme à la parade mais c'est un attaquant qui pèse et use une défense. A Bruges, on a parfois de la peine à désigner le buteur car il n'y en a pas mais cela n'a pas empêché l'équipe de Trond Sollied d'avoir la meilleure attaque la saison passée. Si Emile ne marque que dix buts mais permet aux autres de mieux jouer, et de marquer, cela me comblerait ". Encore faudrait-il savoir où le placer. Seul en pointe ? Avec un joueur à côté ou juste derrière lui ? En léger décrochage par rapport à un autre attaquant de pointe ? Dans les différentes formules et cas de figure, la position d'Alexandros Kaklamanos semble fragilisée. Sera-t-il à la fin du compte la principale victime du retour d'Emile Mpenza? " Mais il ne faut surtout pas poser le problème sous cette forme ", dit Dominique D'Onofrio. " Le groupe a probablement été secoué par les arrivées récentes. Le contraire aurait été inquiétant. Il y aura dès lors une concurrence positive. Un championnat ne se négocie plus avec 11 joueurs. La saison passée, la fin de championnat a été pénible car le groupe était fatigué. Le manque de joueurs frais nous a probablement coûté l'Europe. Ole-Martin Aarst était un renard de rectangles mais il avait besoin d'être ravitaillé dans le petit rectangle. Notre jeu offensif est désormais beaucoup plus varié. Tout le monde aura du temps de jeu car un championnat propose un long chapelet de difficultés. Je préfère être dans cette situation, même si les choix ne sont pas faciles, que de me retrouver dans le besoin ". S'il est en progression dans le jeu collectif, Emile Mpenza n'est-il pas avant tout attaquant de rupture ? " A mon avis, Emile est devenu, malgré ses récents problèmes à Schalke 04, un joueur bien plus complet qu'on ne l'estime généralement. Je peux l'allier avec tout le monde : Bangoura, Kaklamanos, Aliyu, Moreira, même Walasiak, ElYamani, Cavens etc. On peut créer des trios aussi, avec pointe du triangle orientée vers l'avant ou pas : Emile est capable d'apporter une solution partout, même en démarrant en léger décrochage. Cela fait un paquet d'options dans la même occupation générale du terrain. Il y en a aussi sans lui et un banc confortable fait la richesse d'une équipe. On peut éviter des fatigues et des blessures avec un tel groupe. La tournante, c'est nouveau en Belgique mais les joueurs apprécient quand ils comprennent que cela leur fait du bien. On ne peut pas être à 100 % durant toute la saison tant ce sport est devenu exigeant. Quand Emile peut exploiter sa pointe de vitesse, personne ne le revoit. Il s'agira de le lancer dans les espaces libres mais Emile a aussi l'art de remettre un ballon à un médian et personne ne se retourne aussi vite que lui en Belgique, peut-être même en Europe. Donner la balle, se retourner, foncer : c'est une arme mortelle. Sans oublier sa présence dans les airs et sa percussion. Puissance, taille, technique, fraîcheur : le Standard pourra gérer son groupe et varier ses armes, rendant la lecture de nos possibilités plus difficiles pour l'adversaire. " Cette abondance permettra aussi à Dominique D'Onofrio d'aborder la période de la CAN sans se poser trop de problèmes. Le noyau du début de saison ne pourrait pas se passer de quatre ou cinq éléments comme Sambegou Bangoura, Aliyu Datti, JosephEnakarhire, Papy Kimoto ou Godwin Okpara, tous intéressés par la Coupe d'Afrique des Nations. L'équipe serait carrément décapitée. Cela explique, en plus du retour d'Emile Mpenza, le transfert de Gonzalo Sorondo et de Miljenko Mumlek. " Ce sont deux joueurs qui ont du vécu, malgré le jeune âge de Sorondo ", affirme Dominique D'Onofrio. " L'Uruguayen est un international à part entière. Il est grand. Intéressant sur phases arrêtées. Je peux l'aligner à l'arrière central ou au poste de médian défensif, à la place que Godwin Okpara occupe actuellement avec bonheur. Sorondo a envie de prouver, ici, qu'il peut réussir en Europe. Mumlek est un médian dans la tradition du football croate. Balle au pied, c'est tout bon. Il est prêt à jouer tout de suite car ce joueur tournait à plein régime à Varteks Varazdin. Lui, je peux l'aligner en position de médian gauche, légèrement excentré comme Papy Kimoto. Mais Mumlek peut aussi jouer de façon plus centrale, poste actuellement occupé par Moreira. Mumlek a l'art de lancer un joueur dans les espaces libres ".