LE COACH JANNE ANDERSSON

Né le 29 septembre 1962
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Né le 29 septembre 1962 Janne Andersson avait déjà ses adeptes en 2016 quand il a repris la sélection suédoise qui sortait d'un EURO raté sur les pelouses françaises. À ce moment-là, le magazine spécialisé FourFourTwo l'avait placé à la 47e place dans le classement des meilleurs entraîneurs du monde. Lors d'un nouveau référendum en novembre 2018, il avait grimpé jusqu'à la 17e place. Sa carrière de joueur ne le prédisposait pourtant pas à pareils honneurs. Et encore, quand on parle d'une "carrière"... Il l'a passée presque exclusivement dans un petit club, dont il reste le meilleur buteur de l'histoire. Mais il n'a jamais évolué au niveau pro. Tout au plus dans le ventre mou en troisième division. Pas dingue, donc. Mais c'est quand même lui qui a été choisi par les patrons de la Fédération il y a cinq ans. Premier objectif: qualifier la Suède pour le Mondial 2018. Ça faisait douze ans que ce pays n'y avait plus participé. Andersson a assumé. Avec brio, terminant les éliminatoires devant deux géants, les Pays-Bas et l'Italie. La belle histoire ne faisait que commencer. Sur les gazons de Russie, les Suédois ont terminé à la première place de leur groupe dans lequel il y avait quand même l'Allemagne, championne du monde en titre. Et ils sont allés jusqu'en quarts, où ils sont tombés face à l'Angleterre. La Suède a continué à enchaîner les bons résultats par la suite. En Ligue des Nations, il y a encore eu une première place de groupe, devant la Russie et la Turquie. Ce que lui a permis de grimper dans la division supérieure. Aujourd'hui, les Suédois se préparent à disputer leur sixième EURO consécutif. Ils n'ont été devancés que par les Espagnols en éliminatoires. Janne Andersson a été élu Coach de l'Année 2019 en Suède. Ça n'étonnera personne. "Il y a eu un gros débat quand l'entraîneur a divulgué sa sélection. Il a repris Andreas Granqvist. Il a 36 ans, il joue dans un club suédois de deuxième division, et surtout, va voir ses stats récentes. Il a connu plusieurs blessures, et à cause de ça, il n'a pas joué cinq matches complets depuis un an et demi. Le sélectionneur s'est justifié en disant qu'il le prenait parce qu'il peut être utile pour le groupe. Tout le monde sait qu'il ne va pas jouer. Les gens se demandent pourquoi il n'a pas plutôt sélectionné un jeune comme Jesper Karlsson, qui sort d'une grosse saison avec l'AZ Alkmaar. L'autre sujet, c'est évidemment l'absence pour blessure de Zlatan Ibrahimovic. Il a joué deux matches depuis son retour, il a directement été décisif. Il a beau avoir presque quarante ans, il reste notre joueur le plus dangereux. Et il joue un rôle énorme quand les jeunes ont besoin d'un guide. La presse dit qu'on a une meilleure équipe qu'en Russie, mais je n'y crois pas. Je pense que le grand maximum qu'on peut viser, c'est un quart de finale. On peut battre tout le monde. Mais aussi s'écraser contre n'importe quel adversaire." On a bien connu Henrik Larsson, une icône du foot suédois. Il a fait le bonheur du Celtic, de Barcelone, de Manchester United. Il a gagné des prix à peu partout. Il est aussi passé par Feyenoord et c'est là, à Rotterdam, que son fils Jordan est né. Un prénom en référence au basketteur américain. Le gamin n'a pas la même facilité que son père pour marquer des buts. Mais il se débrouille bien malgré tout, dans le championnat russe désormais. Il tente d'y appliquer des choses apprises dans une des meilleures écoles du monde: La Masia, le centre de formation du Barça, qu'il a fréquentée quand son père jouait au Camp Nou. Il est fort possible qu'on ne le voie que très peu sur les pelouses de cet EURO parce que sa carrière en équipe nationale vient seulement de commencer et le sélectionneur possède des joueurs beaucoup plus expérimentés en attaque. Mais les Suédois lui prédisent une belle carrière. Il aurait déjà pu disputer un grand tournoi. Il avait été sélectionné pour les Jeux Olympiques au Brésil en 2016. Mais un homme a tout fait foirer. Son entraîneur en club, qui estimait avoir besoin de lui. Ah oui, cet entraîneur, c'était Henrik Larsson... Pär Zetterberg nous explique que la sélection de Granqvist et l'absence d' Ibrahimovic ont été les deux sujets les plus discutés après l'annonce de la liste définitive. Le troisième sujet le plus commenté, c'était la présence du fils Larsson. Cet EURO est le 23e tournoi de la sélection suédoise. Elle a participé à douze éditions de la Coupe du monde, elle attaque son septième championnat d'Europe et il y a eu quatre présences sur la scène des Jeux Olympiques. Avec la seule consécration internationale, aux Jeux de Londres en 1948. La Fédération suédoise n'est pas réputée pour être une grande consommatrice de sélectionneurs. Elle ne les vire pas après quelques mauvais résultats. Des exemples depuis le début des années 90: Tommy Svensson et Tommy Söderberg sont restés six ans en place. Et Lars Lagerbäck a tenu neuf ans, de 2000 à 2009. Deux bizarreries suédoises au niveau de la production offensive. Ce pays a disputé jusqu'ici vingt matches en phases finales de championnat d'Europe. Il n'a pas réussi à marquer une seule fois sur coup franc direct. Et sur les 25 goals marqués, un seul l'a été du pied gauche. L'équipe suédoise qu'on va voir dans cet EURO ne sera pas fondamentalement différente de celle qui est allée en quart de finale de la dernière Coupe du monde. Janne Andersson n'est pas un homme d'innovation à tout prix, il s'en tient le plus souvent à un 4-4-2 très classique. Dans l'entrejeu, Olsson et Ekdal tiennent la boutique debout et laissent les joueurs latéraux créer le danger, ce qu'ils font très bien: Forsberg et aussi Sebastian Larsson, un vétéran du foot européen pourtant. Si tout s'était passé comme prévu, l'équipe se serait mise au service inconditionnel d' Ibrahimovic, mais il a dû annoncer son forfait peu de temps après avoir retrouvé la sélection. C'est à coup sûr la mauvaise nouvelle de la dernière ligne droite de préparation pour la Suède.