En octobre 2019, 35.000 supporters accompagnent Dresde à l'Olympiastadion de Berlin, un trajet de 180 kilomètres, pour le match de Coupe contre le Hertha. Quelques mois plus tôt, plus de 8.000 Ultras chantent et dansent au Volksparkstadion de Hambourg. Le Dynamo Dresde est lanterne rouge en deuxième Bundesliga, mais peu de clubs sont suivis aussi massivement.
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En octobre 2019, 35.000 supporters accompagnent Dresde à l'Olympiastadion de Berlin, un trajet de 180 kilomètres, pour le match de Coupe contre le Hertha. Quelques mois plus tôt, plus de 8.000 Ultras chantent et dansent au Volksparkstadion de Hambourg. Le Dynamo Dresde est lanterne rouge en deuxième Bundesliga, mais peu de clubs sont suivis aussi massivement. Souvent pour les mauvaises raisons, comme au printemps 2017, quand 2.000 Ultras en tenues de combat et casques marchent au son des trompettes sur le Wildparkstadion du Karlsruher SC, entraînant des bagarres avec la police et des blessés. Les supporters sont traités de néonazis agressifs, mais leurs protestations visent en fait la fédération allemande de football, qui avait interdit de stade des dizaines de supporters de Karlsruhe. " La commercialisation outrancière du football nous insupporte, car elle entraîne la disparition de la véritable culture des fans ", raconte alors Stefan Lehmann, capo des Ultras du Dynamo pendant 17 ans, au quotidien Die Zeit. " Les matches sont programmés en fonction des téléspectateurs, plus des supporters qui désirent se rendre au stade. " Le club, fondé en 1953 sous le nom de Sportgemeinschaft Dynamo Dresde, a été un des plus prestigieux d'Allemagne de l'Est, avec sept titres. Jusqu'à ce qu' Erich Mielke, le patron du Ministerium für Staatssicherheit (la fameuse Stasi, la sécurité d'état), vienne féliciter le champion au printemps 1978. " Bravo mais maintenant, c'est l'heure du BFC Dynamo. " Il ordonne aux joueurs et au staff technique de Dresde de rejoindre le club de Berlin-Est. " Notre capitale a besoin d'un champion. " De 1979 à 1988, le BFC Dynamo est sacré champion de DDR-Oberliga sans interruption, au grand dam des autres formations est-allemandes, tandis que le club de Dresde termine deuxième à six reprises. Le BFC bénéficie souvent d'un coup de pouce arbitral. À la fin des années '80, le régime ayant d'autres priorités que le football, le club de Dresde réussit à ajouter deux titres à son palmarès et loupe de peu la finale 1989 de la Coupe UEFA, au terme d'un double match contre le VfB Stuttgart. À la chute du Mur, le Dynamo perd deux de ses jeunes loups, qui préfèrent les anciens ennemis de l'Ouest : Ulf Kirsten rejoint le Bayer Leverkusen, Matthias Sammer enfile le maillot de Stuttgart. Le dernier titre de RDA (1990-1991) revient au Hansa Rostock. Le club de Dresde, rebaptisé 1. FC Dresde, l'accompagne en Bundesliga. Mais ça se passe mal. Au terme de la quatrième saison, le club, dernier, accumule une dette de plus de cinq millions d'euros. Il est rétrogradé en Regionalliga Nordost, le troisième niveau à l'époque, et son président, Rolf-Jürgen Otto, est emprisonné pour détournement de fonds. Quelques années plus tard, il tombe encore plus bas, en D4. Mais même durant ces années sombres, plus de 6.000 personnes se rendent au Rudolf-Harbig-Stadion, où les plus fanatiques d'entre eux se retrouvent au légendaire K-Blok. Les succès sportifs sont rares, mais même en étant lanterne rouge de D2, le club peut toujours se targuer d'avoir une moyenne de 27.000 spectateurs. Seuls Stuttgart, Hambourg, Nuremberg, Sankt Pauli et Hanovre 96 font encore mieux. En nombre, du moins, car les Ultras du Dynamo font souvent la Une dans le monde entier. Jusqu'aux États-Unis, quand en novembre 2015, ils déploient une banderole de 450 mètres ( ! ) sur 35 à l'occasion du match historique contre le FC Magdebourg. Un ouvrage qui reste la plus grande banderole d'Europe et a coûté 25.000 euros, plus deux ans de travail.