Les fantastiques résultats européens de Zulte Waregem frappent l'imagination. Et il y a de quoi. Car comment en arriver à mener sa poule en Coupe de l'UEFA alors qu'on n'en est qu'à sa seconde saison en D1 belge ? Le gain de la dernière Coupe de Belgique aurait dû mettre la puce à l'oreille, mais tous les observateurs avaient pensé à la chance des débutants. Or, les Flandriens continuent de rêver.
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Les fantastiques résultats européens de Zulte Waregem frappent l'imagination. Et il y a de quoi. Car comment en arriver à mener sa poule en Coupe de l'UEFA alors qu'on n'en est qu'à sa seconde saison en D1 belge ? Le gain de la dernière Coupe de Belgique aurait dû mettre la puce à l'oreille, mais tous les observateurs avaient pensé à la chance des débutants. Or, les Flandriens continuent de rêver. On commence à connaître par c£ur le conte de fées. Il y avait une fois un président - Willy Naessens - qui comme ancien joueur en connaissait un bout sur la question et s'occupait de Zulte (qui allait fusionner avec Waregem en 2001) depuis toujours. Il y avait aussi un entraîneur, Francky Dury, là depuis 1990 mis à part une année d'infidélité passée au RCH Gand en 93-94. Une vie commune aussi longue crée des automatismes, mais cela suffit-il à planer si haut avec un budget de seulement 5,5 millions d'euros ? Non, il y a autre chose et ça concerne Dury. Le bonhomme est fort probablement un génie du football belge. Pas parce qu'il est tombé dedans quand il était petit (il n'a jamais été un joueur de haut niveau). Par contre, il est avantagé par sa tête bien faite et bien pleine. Quand il parle de football, tout semble très clair, très simple. Transmettre son savoir, c'est le don des bons pédagogues, ça met les élèves (donc les joueurs) à l'aise. En plus, Dury (un policier de formation) a cette intelligence de vite faire confiance aux gens. Quand vous avez cette attitude avec des joueurs, ils sont prêts à aller au feu pour vous. Ils exécutent généralement ce que vous demandez en y ajoutant un plus en matière de créativité. Et puis, il y a le travail sur le long terme. C'est comme Tomislav Ivic, rappelé par le Standard pour apporter son expérience à son l'école des jeunes qui profitera - comme les pros - de la toute nouvelle Académie Robert Louis-Dreyfus. Le Croate ne cache pas que les coaches sont comme le bon vin. " Je suis un meilleur entraîneur à 72 ans qu'à 45 ans ". Evidemment, ce qu'il ne dit pas c'est qu'il a été un des plus grands penseurs du football dans l'ex-Yougoslavie. Par intérêt tactique, il avait d'ailleurs obtenu son diplôme d'entraîneur de basket-ball après celui de football, ce qui l'avait inspiré dans la mise au point d'un pressing très haut dans les années 80. Cela ne s'était jamais vu en football, à l'époque, à l'inverse du basket. Innovateur, Ivic a également été un des précurseurs en matière de développement individuel des footballeurs. Avec un guide comme ça et un pareil centre d'entraînement, les jeunes du Standard auront pas mal de cartes dans leur jeu. Tant mieux, car à Sclessin, on voudrait voir à l'avenir de plus en plus de joueurs du cru en D1.par John Baete