Si les médias francophones se sont évidemment focalisés sur la déroute rouche et les problèmes d'un Standard balayé 0-4 sur sa pelouse, Zulte Waregem n'est évidemment pas étranger à un tableau d'affichage qui a réveillé les références au préfixe des téléphones liégeois. Le Essevee, fidèle à sa philosophie, s'est installé dans la moitié de terrain du Standard et a déroulé son football, resté plus ou moins identique aux préceptes de la saison dernière malgré les départs de Soualiho Meïté, Lukas Lerager et Mbaye Leye, qui constituaient la colonne vertébrale de l'équipe.
...

Si les médias francophones se sont évidemment focalisés sur la déroute rouche et les problèmes d'un Standard balayé 0-4 sur sa pelouse, Zulte Waregem n'est évidemment pas étranger à un tableau d'affichage qui a réveillé les références au préfixe des téléphones liégeois. Le Essevee, fidèle à sa philosophie, s'est installé dans la moitié de terrain du Standard et a déroulé son football, resté plus ou moins identique aux préceptes de la saison dernière malgré les départs de Soualiho Meïté, Lukas Lerager et Mbaye Leye, qui constituaient la colonne vertébrale de l'équipe. Francky Dury a visé juste cet été pour pallier ces départs et renforcer ses points faibles. En défense centrale, il a attiré Michael Heylen, produit d'une école anderlechtoise où les arrières centraux ont l'habitude de défendre à la ligne médiane sur les terrains de Neerpede. Au milieu, le jeu long de Julien de Sart améliore un aspect parfois déficient de la circulation de balle flandrienne la saison dernière, car ses transversales précises permettent de basculer rapidement d'un côté à l'autre, et d'ouvrir une fenêtre de centre pour Davy De fauw ou Brian Hamalainen. Les principes sont restés sensiblement identiques, même si les centimètres de Christophe Lepoint et l'excellent jeu de tête de Leye ont quitté le stade arc-en-ciel : Zulte Waregem reste une équipe qui exploite parfaitement la largeur du terrain, en envoyant ses arrières latéraux très haut et en offrant une grande liberté de déplacement à Sander Coopman et Onur Kaya, pour créer des surnombres sur les côtés et faire une première différence avant de délivrer un centre, histoire que ce ballon de but ne soit pas donné à l'aveugle ou dans la précipitation. La chorégraphie, parfaitement préparée, s'achève en remplissant le rectangle d'un grand nombre de joueurs : trois sont généralement mobilisés pour créer la situation de centre, deux ou trois autres restent en position pour prévenir une éventuelle contre-attaque, et le reste de l'équipe se trouve dans les seize mètres, avec une présence de l'arrière latéral opposé au second poteau, qui fait souvent mouche quand les centres sont précisément déposés en deuxième zone. En perdant de la taille, Dury a tout de même adapté une partie du plan, pour qu'Aaron Leya Iseka ou Peter Olayinka ne soient pas confrontés dans les airs aux grands défenseurs centraux qui peuplent les pelouses de Pro League. À Sclessin, la circulation de Zulte Waregem était plus insistante qu'à son habitude, pour amener un joueur avec le ballon dans le rectangle et délivrer un centre en retrait qui profiterait d'un bloc liégeois pas encore apte à être complètement hermétique dans ses derniers mètres. Après de nombreuses tentatives infructueuses en première période, la brèche s'est finalement ouverte, et la chorégraphie du Essevee s'est déroulée en parfaite harmonie sur le troisième but de la rencontre : très haut et très écarté sur son flanc, Nill De Pauw trouve Coopman, qui profite d'un une-deux dans le rectangle avec Kaya pour se mettre en position de centre en retrait et offrir un ballon cinq étoiles à Olayinka, qui n'a plus qu'à pousser le ballon au fond. En quelques semaines, Francky Dury a reconstruit une équipe capable de dominer presque tous les adversaires qui se sont présentés sur sa route. Grâce à des principes très clairs avec le ballon. Guillaume Gautier