Après le dernier match du premier tour, on pouvait quand même se demander pourquoi une équipe comme Bruges ne comptait aucun joueur dans le top dix du classement des buteurs.
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Après le dernier match du premier tour, on pouvait quand même se demander pourquoi une équipe comme Bruges ne comptait aucun joueur dans le top dix du classement des buteurs. "Avec Rune Lange et Bengt Saeternes, j'ai deux buteurs", explique Trond Sollied. "Mais jusqu'à présent, ils ont passé plus de temps à l'hôpital que sur le terrain". Bengt Saeternes : Nous ne savons pas vraiment pourquoi ma fracture du tibia, encourue en septembre, a mis tellement de temps à se résorber. Certains disent que j'en suis responsable parce que j'ai recommencé à courir trop tôt mais je n'en suis pas si sûr. Chaque fois que je m'entraînais un peu, je souffrais de cette fracture. Deux jours après mon entrée au jeu contre Galatasaray, j'ai senti que ça n'allait pas. Même les exercices les plus faciles me posaient problème. Je suis allé trouver un spécialiste norvégien qui me connaît. Il m'a beaucoup aidé. Il a téléphoné au staff médical de Bruges et a expliqué que sans opération, je ne guérirais pas. Une semaine après l'intervention, je ne ressentais plus aucune douleur. On a simplement incisé la gaine des muscles du mollet pour leur laisser plus de jeu. Il y a cinq ans, j'avais déjà subi pareille intervention aux deux jambes mais cette fracture m'a fait rechuter. Rune Lange: J'ai disputé mon dernier match à Galatasaray, mais mes problèmes ont en fait commencé un an auparavant. En octobre 2001. Sur un ballon croisé, à l'entraînement, j'ai sauté et j'ai senti mon dos craquer. Je suis retombé. On a dit que mes muscles dorsaux étaient trop courts et que je devais effectuer beaucoup d'étirements. On m'a donné des antidouleurs. Parfois, je souffrais beaucoup, parfois, je ne sentais rien. Je ne voulais pas me plaindre ni chercher d'excuses. Donc, je parlais peu de ce problème, je le gardais pour moi en espérant que mon état s'améliorerait grâce aux vacances estivales. Et quand nous avons repris l'entraînement, en juillet, le problème s'est représenté. On m'a rendu des médicaments mais j'ai dit que ça ne pouvait plus durer. Les radios ont révélé une légère hernie. On m'a dit qu'elle n'était pas suffisamment importante pour être opéré pourtant la douleur est revenue. On m'a aussi fait des infiltrations. Sans cela, je n'aurais pu m'entraîner. A l'Antwerp, le dernier samedi de septembre, la douleur a empiré. Le dimanche, j'ai reçu une nouvelle infiltration. Le lundi, nous sommes partis à Istanbul. Je pouvais à peine m'asseoir dans la voiture. La douleur avait changé de nature. J'en ai parlé au médecin, à l'aéroport. Il m'a donné quelque chose. éa n'a eu aucun effet. Dans l'avion non plus, je ne pouvais rester assis. Quand nous avons visionné une vidéo de Galatasaray-Barcelone, j'ai dû m'allonger sur le sol, tant je souffrais. J'étais en nage. Le soir, le médecin m'a refait une infiltration car je voulais jouer le lendemain.Au bout d'une dizaine de minutes, quelque chose s'est bloqué et ma jambe s'est raidie. Je ne pouvais plus courir. J'ai cru que j'avais reçu un coup. A la mi-temps, on m'a massé mais ma jambe était tellement contractée que j'ai dit à Trond: - Je ne peux pas courir. Peu après le repos, il m'a remplacé. Je ne marchais même plus normalement. A notre retour, on a refait des examens radiologiques: la hernie s'était aggravée. Je ne pouvais plus échapper à l'opération. Un disque des lombaires s'était déchiré et son noyau, en sortant, comprimait la moelle épinière, d'où ce blocage des jambes. La douleur s'est évanouie, puisque plus rien ne comprime les nerfs. Le médecin m'a toutefois prévenu que je serais plus raide qu'avant. En décembre, le kiné m'a autorisé à m'entraîner quelques fois sur le terrain, sous sa surveillance. Mes mouvements étaient limités et très lents. Ma guérison va donc requérir du temps.Saeternes : Je sens aussi que je ne me suis pas entraîné depuis longtemps. Je suis maintenant en forme. Je ne souffre plus de rien mais je suis conscient d'avoir besoin de m'entraîner beaucoup. Il me faut du temps. Lange : Je suis resté serein car je savais que je ne pourrais rejouer avant la fin du premier tour. Je l'ai facilement accepté. Je me suis focalisé sur la perspective de rejouer en janvier ou en février. Si jamais il s'avérait que je ne suis qu'à 50 ou 60%, j'encaisserais mal le coup. Je sais qu'une opération de cette nature a déjà contraint des footballeurs et d'autres sportifs à mettre fin à leur carrière mais je ne pense pas que je doive arrêter. Je reste optimiste et je travaille dur pour revenir. AdversairesLange : Je ne connais pas très bien Bengt. En Norvège, nous avons déjà été adversaires mais pas coéquipiers. Nous ne nous étions jamais adressé la parole avant son arrivée à Bruges. Même si je le connais mal, je suis convaincu qu'il va renforcer l'équipe. En Norvège, il était centre-avant, comme moi, mais la concurrence est importante, dans une grande équipe. Saeternes : Quand Rune sera guéri et si nous sommes assez bons, nous pourrons jouer de concert. Je peux également jouer à gauche ou à droite de l'attaque. Pas dans ma condition actuelle mais bientôt. Les noms ne comptent pas. Bruges a six attaquants. C'est l'entraîneur qui décide qui joue, qui convient à tel autre. Ce n'est pas parce que Rune joue que je ne puis figurer dans l'équipe. En Norvège, il a évolué avec des hommes comme moi sur les flancs. L'un d'eux a marqué près de 20 buts en une saison, grâce aux passes de Rune, et lui-même en a inscrit à peu près autant. Je pense que nous pouvons former un bon tandem si nous en avons l'opportunité. Je sais que Rune me cédera le ballon si je suis démarqué. Nous sommes ainsi faits. Nous sommes des joueurs d'équipe. Lange : Jusqu'à présent, l'équipe a fait du bon boulot. Saeternes : Certains matches ont été très bons, d'autres moins. Je savais que Bruges avait une excellente équipe et je suis heureux de l'avoir rejointe. Financièrement, il eût été plus intéressant de venir à la fin de l'année, quand j'étais libre, mais je rêvais de participer à la Ligue des Champions. J'ai finalement dû me contenter de deux remplacements. C'est râlant car j'avais précipité mon transfert pour ces matches, mais qu'y puis-je? J'espère me rattraper la saison prochaine. L'avenir doit me le confirmer mais je pense avoir fait le bon choix en rejoignant la Venise du Nord. Je suis dans une équipe gagnante qui peut m'utiliser dans mon meilleur registre. Dès que je serai intégré, je pourrai exploiter pleinement mes qualités dans le style brugeois, avec trois attaquants et une progression rapide vers le but adverse.Le titreLange : Le noyau est très bon. La plupart des joueurs évoluent ensemble depuis des années et ça se remarque. Nous avons de belles perspectives mais n'oublions pas que c'était le cas des deux dernières saisons aussi et que le second tour a été décevant. Nous sommes face à des matches difficiles. A part St-Trond, nous avons reçu tous nos rivaux. Donc, nous allons avoir sept ou huit rencontres difficiles... Nous sommes plus expérimentés, nous savons que nous devons être affûtés et motivés pour chaque match, quel qu'il soit, mais quand même: on ne sait jamais. Jouer à domicile reste un avantage. Quelle est la différence par rapport au premier tour de la saison passée? Fin décembre, nous devions nous déplacer à Anderlecht et à Mouscron, deux matches que nous avons perdus. Trois, en comptant le match à domicile contre le Standard. Qui dit que nous n'aurions pas revécu ce scénario si le calendrier avait été aussi lourd à ce moment? Et que va-t-il se passer si nous perdons un ou deux matches?Saeternes : Tant que nous gagnons, il n'y aura pas de problème. Je ne dis pas que nous en connaîtrons, je dis qu'il n'y en aura pas dans la victoire. Lange : L'ambiance est bonne. Certains joueurs ne partagent peut-être pas mon avis mais je me rends avec plaisir à l'entraînement. Un grand club a besoin d'un noyau très large. Tout le monde reçoit quand même sa chance, au cours d'une longue saison chargée. Saeternes : Cette fois, nous tiendrons jusqu'au bout. Nous avons plus de bons joueurs. La concurrence est plus âpre, nous devons travailler plus dur, rester concentrés à l'entraînement pour obtenir notre chance en compétition. C'est bon pour l'équipe. C'est pour ça que je pense que nous serons champions. Saeternes : Si nous parvenons à nous requalifier pour la Ligue des Champions, nous y serons meilleurs, grâce à l'expérience acquise cet automne. Cette épreuve requiert une certaine adaptation. Lange : Nous avons loupé de peu le deuxième tour. On a pus e rendre compte, qu'à ce niveau, rater une occasion peut s'avérer fatal. Peu de joueurs avaient déjà évolué en Ligue des Champions. Maintenant, nous savons comment elle fonctionne. Avec quel entraîneur?Saeternes : Sera-ce avec le même entraîneur? Je n'en sais rien. Je ne lui en ai pas encore parlé (il rit). Lange : Je n'ai pas la moindre idée à ce sujet. Parfois, j'apprends que c'est oui, d'autres fois que c'est non. Saeternes : Envoyons-lui un sms (il rit). Nos préférences ne sont pas importantes. Elles s'effacent devant l'intérêt de l'équipe. Nous connaissons ses qualités, nous savons ce qu'il représente et la plupart des joueurs l'estiment. Il sait ce qu'il fait. Christian Vandenabeele"Voilà pourquoi nous serons champions..." (Rune Lange)