Son équipe ne tourne absolument pas mais JohanBoskamp reste un type formidablement ouvert. Il est malade de la défaite à Bucarest et ses joueurs l'ont appris. Ils n'avaient encore jamais été attaqués ainsi. Il n'a pas prêté attention aux noms. Bossie protège les jeunes et il accepte d'ignorer le comportement des aînés en-dehors du terrain, pour autant qu'ils prestent, mais si ce n'est pas le cas, malheur à eux... Dans ce cas, la pièce devient minuscule et l'ancienneté ne compte pas. Dans son élan de spontanéité, il les collerait volontiers dos au mur.
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Son équipe ne tourne absolument pas mais JohanBoskamp reste un type formidablement ouvert. Il est malade de la défaite à Bucarest et ses joueurs l'ont appris. Ils n'avaient encore jamais été attaqués ainsi. Il n'a pas prêté attention aux noms. Bossie protège les jeunes et il accepte d'ignorer le comportement des aînés en-dehors du terrain, pour autant qu'ils prestent, mais si ce n'est pas le cas, malheur à eux... Dans ce cas, la pièce devient minuscule et l'ancienneté ne compte pas. Dans son élan de spontanéité, il les collerait volontiers dos au mur. Pourtant, le Néerlandais affirme à une équipe de la VRT qu'il s'amuse toujours à Sclessin : " Coach, c'est le plus beau métier du monde ; même au Standard ". Même au Standard, où il se passe quelque chose tous les jours... Où il est possible qu'un technicien aussi capable que Christophe Dessy soit démis de ses fonctions de coordinateur des jeunes au profit d'un ancien du régime Louis-Dreyfus, Tomislav Ivic (73 ans), qui a jadis travaillé à Marseille sous les ordres du patron français du Standard et instruit maintenant les jeunes Liégeois. Pas selon les méthodes les plus novatrices mais " selon les méthodes de Split il y a 40 ans ", entend-on dans les coulisses du club. C'est le Standard, où il est possible qu'un joueur qui éprouve une sensation bizarre dans le genou, consulte un médecin - qui n'est pas une nullité en matière de genoux puisqu'il a récemment traité Mateja Kezman - qui lui dit que ça va. Mauvaise estimation, car au moment où la vedette, Sergio Conceiçao, est prêt à rejouer après une suspension qui a peut-être coûté le titre au Standard la saison passée, il passe au travers du même genou. Sur ces entrefaites, Sergio s'envole pour le Portugal, où il apprend qu'une opération du ménisque est indispensable. Sur la touche au moment où une somme énorme est en jeu lors du match retour à Bucarest, là où le vestiaire était trop petit pour la colère de Boskamp, qui a vu ses reproches confirmés ce mercredi-là : " A Bucarest, aucun joueur n'a dit : - Allez-y, les gars, c'est la Ligue des Champions, on joue à fond. Que ce soit Sergio ou un autre, je m'en fous, mais j'avais besoin de quelqu'un qui se fâche. Quelqu'un qui insiste sur la discipline et l'organisation, qui dise, comme Sergio :- Vous pouvez bien être tous contre moi mais nous allons nous qualifier pour la Ligue des Champions. En deux matches, nous concédons trois buts. C'est énorme en qualification ". Oui, c'est le Standard, où l'adjoint veut imposer sa volonté lors d'une discussion oiseuse sur l'emplacement d'un coup franc lors d'un petit match et quitte le terrain d'entraînement alors que l'entraîneur principal est à l'intérieur, en train d'analyser son adversaire en Coupe d'Europe et doit donc se rendre dans le vestiaire pour s'enquérir de ce qui arrive et tenter de rétablir l'autorité de l'assistant. Selon la rumeur, le clan portugais détermine bel et bien ce qui se passe au Standard. La saison passée, VedranRunje était encore là pour y opposer sa résistance et PhilippeLéonard se faisait entendre mais maintenant, les Portugais n'ont plus de frein, ce qui frustre MilanRapaic, qui a déjà déclaré à des journaux croates ne pas comprendre que MladenPelaic ne joue pas. Le coach ouvre de grands yeux : " A-t-il aussi précisé que le garçon loge chez lui ?" Karel Geraerts veut tempérer ces bruits : " Le vestiaire a changé. Il est plus calme, il compte moins de personnalités. Les Portugais sont nombreux mais ne déterminent pas ce qui se passe. L'entraîneur a les choses bien en mains. Son approche force le respect ". Non, c'est le Standard, qui laisse filer le meilleur buteur de la saison passée, Meme Tchité (16 buts), chez son principal concurrent pour constater ensuite qu'il n'a pas ou presque pas d'avants et surtout pas d'avant-centre, d'autant qu' Igor De Camargo, après sa blessure de la saison passée, est à peine disponible. Eric Deflandre : " De tous les transferts, c'est celui de Tchité qui m'a le plus surpris, d'autant qu'il a rejoint un concurrent direct alors que la direction de Bruxelles, qui l'a en tout cas clairement signifié dans le cas de WalterBaseggio, ne laisse personne rejoindre Liège. Mais bon, la direction a ses raisons. Elle ne savait pas non plus qu'il allait casser la baraque là-bas ". Entre-temps, le coach a demandé des nouveaux joueurs tout l'été mais cela semble relever de la mission impossible. Quand il est clairement apparu, en début de championnat, que le Portugais Rogério Matias n'était pas l'arrière gauche de l'avenir, on a tenté d'approcher Léonard. On lui a soumis une proposition encore inférieure à celle qu'il avait déjà rejetée ! Léonard a donc signé à Rotterdam, qui lui offre quatre fois plus pour ses services. Boskamp soupire et préfère s'abstenir de commentaire. Avec sa légendaire spontanéité, il nous prend par le bras et nous montre son tableau tactique. Un tableau où il a écrit 11 noms avant le match contre Bucarest. Sans avant, précise-t-il : " Je l'ai pourtant signifié clairement à la direction. Voilà l'équipe. Et nous n'avons pas d'attaquant... " Il ne demande plus de renforts à cors et à cris, non. Il est là depuis deux mois et sait comment le club fonctionne : il peut demander ce qu'il veut, c'est la direction qui dispose. Ce n'est pas son genre. A Stoke, il était impliqué dans le management. Ici, il doit se taire et entraîner. Entraîner sur le terrain. Jeudi et vendredi, il a délégué cette tâche à son adjoint. Le jeudi, les joueurs ne l'ont pas vu : il était en réunion. Le vendredi, il a observé ses troupes de la touche. Il cherche, tâtonne, rectifie le jeu et les ambitions. " Nous ne sommes pas favoris dans la course au titre ", il en est certain. " Quand tout le monde sera de retour, nous aurons une équipe apte à lutter pour la quatrième ou la cinquième place ". En juin, il a brièvement cru pouvoir rivaliser avec Anderlecht mais il est plus avancé, depuis. " Pendant dix jours, j'ai déclaré que nous jouerions le titre. (Il éclate de rire). Dix jours de mensonges, ça suffit ". Pourtant, il ne s'estime pas trompé par la direction : " Elle ne m'a peut-être pas tout raconté mais le Standard est et reste un chouette club ". Son groupe n'a pas de leader en défense, comme il l'a remarqué à Bucarest, où nul n'a été impressionné par Oguchi Onyewu, qui n'a d'ailleurs pas été convaincant au Mondial et a encore besoin d'être coaché au plus haut niveau. Pas bon non plus, Eric Deflandre, sur lequel l'entraîneur comptait, dans sa quête d'un meilleur jeu, avec moins de longs ballons. Le premier a essuyé des critiques pour sa mauvaise maîtrise du hors-jeu (" Avec les règlements actuels concernant le hors-jeu, je ne connais pas une équipe, au niveau international, qui s'y risque encore. Mais nous bien ! "). Le second a pris une volée de bois vert pour une mauvaise rentrée en touche qui a induit le second but. Deflandre, vendredi : " Le ballon a ricoché, Fellaini ne l'a pas très bien contrôlé mais après, nous avions encore trois défenseurs contre un seul Roumain. On veut m'attribuer la responsabilité de ce but ? C'est n'importe quoi. J'admets bien volontiers que cette rentrée était sans doute risquée, mais c'est tout. Je n'ai pas d'influence sur la suite des événements. Si je dois être sanctionné pour cela, plus personne n'effectuera de passe constructive vers l'entrejeu ". Mais Boskamp se moque des noms et des statuts. Et donc, samedi, Deflandre a été sacrifié au profit de Frédéric Dupré, dans un quatuor défensif dont le jeu de position n'a pas été brillant, contrairement à celui qui avait entamé la saison. Le Standard a un problème en défense - il a encaissé quatre buts en Coupe d'Europe, six en championnat - mais aussi devant. Samedi, des supporters voulaient le retour de Dominique D'Onofrio et de ses longs ballons, oubliant qu'il n'y a plus de Tchité pour courir derrière. C'est pour cela que Boskamp veut construire le jeu plus lentement de l'arrière : quand son équipe doit changer rapidement de man£uvre, elle perd constamment le ballon devant. L'arrivée de RicardoManuel Sa Pinto a quelque peu résolu le problème mais le joueur manque de rythme et sera suspendu contre le Celta Vigo, suite à son exclusion à Bucarest. Problèmes, problèmes ! Karel Geraerts est honnête dans son analyse de ce départ raté : " Nous sommes trop courts, tout simplement. C'est une nouvelle équipe, qui se cherche. Il y a quelques mois, j'ai pensé qu'on allait conserver l'équipe et la renforcer aux positions auxquelles nous perdrions quand même des joueurs, ce qui arrive toujours. Mais il y a eu énormément de départs, ce qu'on ne peut que déplorer, compte tenu de ce qui arrive maintenant. Tout s'accumule : blessés, nouveaux joueurs, positions différentes... StevenDefour doit jouer au milieu, tout le monde le sait, y compris l'entraîneur, mais il faut bien l'aligner sur le flanc pour le moment. Il y a évolué dans le passé mais c'est totalement différent à ce niveau. De nouveaux joueurs coûtent du temps alors que le club n'en avait justement pas. Donc, c'est de nouveau raté de peu, comme si souvent en Belgique. Parfois, c'est décourageant, oui. Je pense qu'au début, l'entraîneur attendait beaucoup, notamment en transferts, mais qu'il a constaté que ce club était différent. Peut-être s'est-il leurré, en effet. Au cours des dernières semaines, il a dû tourner la page et cesser de dire : - Je n'ai pas de joueur là et là... Il l'a fait. Il a donné sa chance à Fellaini. Je m'attendais à ce que ce ne soit pas facile. Nous avons perdu peu de matches de préparation mais nous n'avons pas bien joué et un joueur peut prédire ce qui arrive. Le départ est raté, nous sommes sous pression. Nous n'avons pas à en rejeter la faute sur le club. Un joueur du Standard sait comment ça marche, ici. Je n'y prête plus attention. On a raconté beaucoup de choses à mon sujet. Ce n'est pas marrant, je dis les choses telles qu'elles sont, mais j'essaie de jouer mes matches et je fais de mon mieux. Je pense qu'on n'a pas à se plaindre, je continue à me sentir concerné ". Pourquoi refuse-t-il de prolonger son contrat ? Geraerts : " N'est-ce pas assez clair ? C'est à cause de la façon dont les choses se passent ici. Sportivement... Je n'avais pas à me plaindre : l'équipe formée durant ma période a progressé régulièrement. Je pense qu'elle va reprendre cette courbe ascendante. (Il rigole). Peut-être cette formation surpassera-t-elle la précédente ! " PETER T'KINT