T errence Genaux (20 ans), frère de Régis, vient de parapher un contrat de deux ans avec une option d'un an au CS Visé. Par ce transfert, il met donc un terme à son expérience italienne longue de six années. N'ayant pas reçu suffisamment sa chance à l'Udinese (Serie A) et à Benevento (Serie C), il espère montrer enfin ses qualités sur le terrain.
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T errence Genaux (20 ans), frère de Régis, vient de parapher un contrat de deux ans avec une option d'un an au CS Visé. Par ce transfert, il met donc un terme à son expérience italienne longue de six années. N'ayant pas reçu suffisamment sa chance à l'Udinese (Serie A) et à Benevento (Serie C), il espère montrer enfin ses qualités sur le terrain. " J'ai vraiment envie d'exploser cette saison. Il est désormais impératif pour moi de jouer une saison en tant que titulaire. Je ne pense quasiment plus qu'à cela. Du temps de jeu, c'est tout ce qu'il me faut ! Il est également très important que je ne me mette pas martel en tête quant à mes objectifs de la saison. Je vais laisser faire les choses. Pour ce qui est de mes performances, il faudra sans doute être patient car une certaine période d'acclimatation est généralement indispensable ", explique Terrence Genaux. Au niveau de la tactique défensive, le coach visétois Jean-Pierre Philippens a d'ores et déjà opté pour une assise en ligne. Habituellement back droit comme son frère, Terrence jouera stopper avec une vieille connaissance du football belge, Daniel Kimoni. " Lors de deux rencontres de préparation face au Standard et à Seraing, l'entraîneur s'est montré très satisfait des performances de notre duo défensif. En Italie, on jouait souvent à trois derrière avec les ailiers qui descendent défendre. C'est pour cette raison que je n'ai pas éprouvé trop de difficultés à évoluer en 4-4-2. Je fournis à peu de choses près le même travail qu'en Italie. Je suis un joueur en réalité assez agressif sur le terrain et mon style de jeu ne convenait en fait pas trop à l'Italie. Je joue fort à l'anglaise. Je m'impose souvent dans les duels qu'ils soient aériens ou terrestres. Je compense par cela mon déficit de technique. J'ai beaucoup évolué comme arrière droit et on peut en déduire de façon simpliste que je tiens de mon frère. Je ne pense pas être tout à fait le même type de joueur que lui et de plus, je ne suis pas si souvent comparé à lui. Heureusement ! Car ça ne va pas être facile de faire aussi bien que lui sur le plan de la carrière qu'il a réalisée ", dit-il. Terrence Genaux a fait toutes ses classes au Standard jusqu'en Cadets nationaux. A 15 ans, il a quitté Liège pour Udine : " Ce départ pour l'étranger a profondément modifié ma vie. D'un coup, je me suis retrouvé seul et éloigné de ma famille. En cas de problèmes, j'aurais été fortement embarrassé étant donné que mes proches se trouvaient à plus de 1.000 kilomètres. La présence de Régis a évidemment forcé un peu les choses en ma faveur. Là-bas, j'ai commencé à m'entraîner tous les jours avec les Espoirs. C'était bizarre au début car ils avaient presque tous 20-21 ans. Au fur et à mesure des entraînements, j'ai intégré l'équipe Première. C'était à l'époque Roy Hodgson, ancien entraîneur de l'Inter, qui dirigeait l'équipe. J'y ai évolué à l'entraînement pendant presque six mois mais je n'ai jamais participé à des rencontres officielles, juste des matches amicaux. C'était ma meilleure période chez les Noir et Blanc. Après, tout a commencé à s'effriter. Hodgson est parti et le nouvel entraîneur n'a plus du tout fait confiance aux jeunes éléments. Traditionnellement, en Italie, les espoirs sont envoyés dans des petits clubs de Série B ou C pour pouvoir jouer. En effet, la plupart des formations ont un gros noyau de joueurs et sont obligées d'alléger un peu la masse salariale. C'est ce qui s'est passé avec moi. Après cinq années à l'Udinese, donc l'an dernier, j'ai été prêté à Benevento, une petite équipe de Série C. Je n'y ai jamais évolué en équipe Première mais bien en Espoirs. On peut en conclure que j'ai royalement perdu un an dans ce club peu sérieux. Je n'ai jamais été intégré à l'équipe ni d'ailleurs au groupe de joueurs. Je me suis donc vite senti exclu et c'était difficile à supporter moralement. Je m'entraînais à l'écart. En définitive, l'entraîneur n'a jamais voulu de mes services et m'a indirectement incité à casser mon contrat. Dans le Sud, à partir de Naples, les joueurs sont traités comme de la marchandise et apparemment, j'en ai fait les frais. Pas de respect ! Au départ, je souhaitais obtenir une indemnité car ce dernier courait encore sur deux ans mais plus les tractations évoluaient, plus je me rendais compte qu'il allait être difficile de récupérer mon dû. Pendant ce temps, mon manager m'a averti de l'intérêt que Visé portait à mon égard. Ce contact tombait vraiment à point. J'ai donc passé un test qui s'est révélé concluant. Les rencontres face à Seraing et au Standard ont séduit Philippens. Par la suite, j'ai abandonné l'idée d'une indemnité car je craignais que mon transfert sur les bords de la Meuse échoue en dernière minute. Je me suis donc empressé de signer et les choses se sont vite enchaînées ". De retour à Liège, Terrence retrouve enfin sa famille. " Mes proches me manquaient beaucoup. Il y a un an, j'ai parlé longuement avec mon père. Il m'avait dit très clairement -Reviens. Cette idée m'a longtemps obnubilé. Je me posais beaucoup de questions quant à un retour probable en Belgique. J'avoue que la question financière m'interpellait énormément. Il était évident que j'allais devoir faire des sacrifices et donc, perdre de l'argent. Mais vu comment la situation s'est décantée, je n'ai aucun regret. Ma famille m'a toujours été d'une grande aide. Régis me donne quelques conseils que j'essaye de suivre à la lettre mais dans nos relations, on tente de parler le moins possible de foot. Pour l'instant, je recherche un appartement et suis souvent avec Régis. Il me soutient beaucoup ". Au niveau footballistique, la Belgique est totalement différente de l'Italie : " Tout est centré sur la tactique en Italie. On nous harcèle réellement avec des détails sur les autres équipes. Avant chaque match, on visualisait une vidéo de l'équipe adverse. Personnellement, je n'ai jamais vraiment cru aux avantages de cette pratique. On y travaille aussi beaucoup physiquement. On passe une journée sur deux dans la salle de musculation et on court énormément. A Visé, les entraînements sont principalement axés sur la conduite de balle et constituées de démarquages. Au niveau du professionnalisme, c'est le jour et la nuit. A Udine, c'était mise au vert le vendredi soir pour se préparer pour le match du dimanche ! Ici, on se contente d'arriver au stade quelques heures avant la rencontre. C'est totalement différent. Je redécouvre en fait le football belge et la Division 2 est d'après ce que j'ai entendu plus physique que la Première. Ce championnat est fait pour me convenir ". Tim Baete" En Italie, on travaille beaucoup physiquement : on passe une journée sur deux dans la salle de musculation "