L'organisation du Giro avait fièrement annoncé, avant le départ de l'épreuve, la création du classement des descendeurs. Le meilleur allait percevoir une prime de 5.000 euros, après avoir risqué sa vie dans dix descentes. Un scandaleux coup de pub de Pirelli, le fournisseur des pneumatiques en F1, à l'occasion de la mise en vente de nouveaux boyaux pour vélos.
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L'organisation du Giro avait fièrement annoncé, avant le départ de l'épreuve, la création du classement des descendeurs. Le meilleur allait percevoir une prime de 5.000 euros, après avoir risqué sa vie dans dix descentes. Un scandaleux coup de pub de Pirelli, le fournisseur des pneumatiques en F1, à l'occasion de la mise en vente de nouveaux boyaux pour vélos. Le montant de 5.000 euros souligne bien la modestie des primes que reçoivent les coureurs au Giro, même si elles sont plus élevées cette année que lors des éditions normales. Le lauréat du 100e Tour d'Italie a reçu une prime de 90.000 euros, les deuxième et troisième ont touché 50.000 et 20.000 euros et pour le reste du top dix, le patron du Giro, Mauro Vegni, a déboursé 1.500 euros. Le bonus, ajouté à la prime normale de 115.668 euros, a valu au porteur du maillot rose, Tom Dumoulin, la somme de 205.668 euros, complétée par une prime de 1.000 euros par journée passée en rose. Il ne conserve pas la totalité de cette somme : comme c'est la coutume en cyclisme, il va la partager avec ses coéquipiers Sunweb et le personnel. Ce succès peut évidemment rehausser de quelques centaines de milliers d'euros la valeur de son nouveau contrat. Les primes du Giro sont nettement inférieures à celles du Tour de France. Dans l'Hexagone, un vainqueur d'étape gagne certes 3.000 euros de moins que dans la Botte (8.000 euros contre 11.000) mais le maillot jaune à Paris perçoit 450.000 euros, soit plus du double, et le deuxième touche 200.000 euros, soit environ la même somme que le lauréat du Giro. Ces messieurs n'ont pas de quoi se plaindre car les primes octroyées aux dames du Giro Rosa, la principale course féminine par étapes, qui a lieu début juillet, sont scandaleusement basses. Après dix étapes, la lauréate reçoit 1.130 euros... Comparativement, NafiThiam est mieux lotie. Sa victoire lors de l'heptathlon de Götzis, où elle a été la quatrième athlète à franchir la barre mythique des 7000 points, lui a rapporté 11.000 euros (soit 4.000 euros de moins que Damian Warner, vainqueur du décathlon). Avec les 3.000 euros reçus pour trois meetings, la Namuroise aura donc glané au total 14.000 euros. Un montant brut sur lequel le fisc autrichien prélèvera 15 %. Mais ces sommes ne sont que des cacahuètes par rapport à ce qu'on peut gagner en tennis, à une nuance près : les joueurs de tennis n'ont pas de salaire mensuel. Le lauréat de Roland-Garros, qui a débuté lundi, perçoit 2,1 millions d'euros, quel que soit son sexe. Même un(e) quart de finaliste, qui aura disputé cinq matches de deux ou trois heures, gagne 85.000 euros de plus que le vainqueur du Giro, qui aura pédalé quatre à cinq heures par jour pendant trois semaines. Même les joueurs éliminés au premier tour à Roland-Garros se voient crédités de 35.000 euros. Soit trois fois plus que ce que gagne le vainqueur d'une étape du Giro ou de la prime de victoire de Thiam (11.000 euros). Et 35 fois plus que la lauréate du classement finale du Giro Rosa... Jonas Creteur