Rome transpire. Le thermomètre affiche près de 40 degrés. Mondialement connu pour ses statues, le célèbre Stadio dei Marmi sert généralement de cadre aux joggeurs et attire les curieux mais il est quasiment désert quand Gaby Mudingayi débarque. Le médian est souriant même si la veille (le samedi 28 juillet), il n'a pas fait le déplacement à Southampton. Victime d'une légère gêne à la cheville, son staff a préféré ne pas le sélectionner par mesure de précaution. Du coup, le médian aura bénéficié d'un jour de repos supplémentaire vu qu'après ce déplacement en Angleterre, les joueurs avaient reçu 48 heures de liberté entre le premier stage à Kapfenberg et le deuxième à Fiuggi.
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Rome transpire. Le thermomètre affiche près de 40 degrés. Mondialement connu pour ses statues, le célèbre Stadio dei Marmi sert généralement de cadre aux joggeurs et attire les curieux mais il est quasiment désert quand Gaby Mudingayi débarque. Le médian est souriant même si la veille (le samedi 28 juillet), il n'a pas fait le déplacement à Southampton. Victime d'une légère gêne à la cheville, son staff a préféré ne pas le sélectionner par mesure de précaution. Du coup, le médian aura bénéficié d'un jour de repos supplémentaire vu qu'après ce déplacement en Angleterre, les joueurs avaient reçu 48 heures de liberté entre le premier stage à Kapfenberg et le deuxième à Fiuggi. Dans la cité autrichienne, Mudingayi a en fait effectué son premier stage complet depuis qu'il est à la Lazio. La première saison (2005-2006), il était arrivé blessé de Torino et l'année dernière, il se remettait à peine d'une fracture du tibia. " Mis à part ce petit pépin à la cheville sans gravité, tout s'est bien passé ", affirme Gaby. Gaby Mudingayi : Pendant cette préparation, on a travaillé dur. Sans cela, il est impossible d'acquérir la condition nécessaire pour affronter tous nos rendez-vous. C'est vrai que nous avons beaucoup couru dans les bois mais il ne faut pas exagérer, nous n'avons pas fait que cela. Pendant le premier stage, on travaille surtout l'endurance et le second à Fiuggi est plus tactique. Mais en Autriche, les après-midi étaient consacrés au travail tactique et on terminait toujours par des jeux en mouvement avec ballon. Des séances de travail en salle étaient aussi prévues. Nous avons également disputé plusieurs rencontres à intervalle régulier (le lundi, le mercredi...) d'abord contre des équipes amateur locales avant d'affronter des adversaires de plus en plus costauds, Stuttgart, West Ham, Southampton, Arsenal et l'Atletico Madrid. Les dernières rencontres constitueront des tests solides. C'est n'importe quoi. Il est quand même plus agréable de courir dans les bois que de travailler sur un terrain par cette chaleur. Vous vous imaginez ce que cela aurait fait comme dégâts si nous avions dû nous préparer à Rome par 40 degrés. Je ne dis pas en hiver mais à cette période, il valait mieux se rendre en montagne où la température est plus clémente. Les deux années précédentes, nous avons procédé de la même façon et on a bien vu que cela avait donné de bons résultats. La saison dernière, nous avons connu quelques petits problèmes au démarrage mais nous n'avons pas cessé de croître tout au long de la compétition. Personnellement, j'ai appris à mieux gérer. Au début, je voulais sans doute en faire trop. J'étais toujours à fond. Maintenant, j'effectue tout à un bon rythme. Ceci dit, je trouve que cette année le stage a été légèrement moins dur car il a été programmé en fonction du match de Ligue des Champions du 15 août. Nous avons travaillé de manière à être prêts pour ce premier objectif. Le compte à rebours a commencé depuis quelques semaines. Nous voulons passer ce troisième tour préliminaire à tout prix. Personnellement, je me sens bien. D'ailleurs, les résultats de mes tests sont là pour le confirmer. Non, c'est exact j'arrive juste après. Des joueurs comme Valon Behrami ou Luciano Zauri partent avec un avantage car la nature les a dotés d'une meilleure base physique. Valon est un jeune joueur (22 ans) bourré de talent mais je travaille très dur et cela finira par payer. Je ne pars jamais comme titulaire, j'en ai l'habitude. C'était pareil la première année à Torino. Je vais me surpasser et je saisirai ma chance dès qu'on me la donnera. J'ai confiance. Le coach parle beaucoup avec moi et m'a déjà prévenu qu'il ne fallait absolument pas que je baisse les bras car, si l'on se qualifie pour les poules de la Ligue des Champions, on est appelé à jouer sur plusieurs tableaux à la fois et pour cela on a besoin de tout le monde. Nous sommes huit pour trois places, il faut se battre et je vais tout faire pour m'imposer. Je suis serein, le coach m'estime et je jouerai. C'est simple, je suis arrivé de Torino blessé et il a fallu cinq mois pour que je sois débarrassé d'une déchirure au tendon à l'arrière du genou. J'ai passé plusieurs résonances magnétiques mais le bon diagnostic n'a été établi qu'après une visite chez le docteur Ferret, l'ex-médecin de l'équipe de France. Grâce à une échographie, il a décelé le mal qui était bien caché. Il m'a soigné et je n'ai plus eu de rechute. Ceci dit, j'ai quand même joué 14 matches et marqué un but. Ma saison a malheureusement été stoppée nette contre la Juventus le 22 avril 2006 à trois journées du terme. Ce jour-là, Fabio Cannavaro m'a cassé la jambe. Enfin, il m'a téléphoné et m'a même appelé pendant la Coupe du Monde... Cette affaire a pris de l'ampleur et même le bourgmestre de Rome est intervenu. Walter Veltroni est un personnage respecté et cela a certainement eu une répercussion sur le comportement de Cannavaro. Je n'ai pas revu les images de son agression. De nombreuses personnes me l'ont racontée et toutes se demandent encore pourquoi il a foncé sur moi alors que je n'étais pas dans sa zone. Le jour où je le rencontrerai, je lui poserai la question : -Pourquoi as-tu fait cela ? Je n'ai rien compris. On dirait qu'il n'attendait que cela. D'accord, la semaine avant le match les journaux n'ont pas cessé de dire que j'étais en forme, que je jouais bien et, qu'en tant qu'ex-joueur du Torino, je considérais ce match comme un derby mais cela ne justifie pas son geste. Ce que je peux affirmer, c'est que j'ai eu comme l'impression d'avoir un train qui fonçait sur moi. Non, c'est le fruit d'un long travail tant physique que tactique. Je suis convaincu que l'on progresse toujours si l'on bosse bien et c'est le cas à la Lazio. Malgré la pression, un match ici c'est 90 minutes de plaisir. J'ai contacté Anthony Vanden Borre qui était très content de cet état d'esprit qu'il a découvert à la Fiorentina aussi. Tant mieux pour lui. Quand j'étais en Belgique et que je voyais à la télévision des gars comme Cafù jouer avec le sourire, je ne comprenais pas. Je me disais : -Tiens, il rigole tout le temps parce qu'il est content de gagner beaucoup d'argent ou quoi ? Depuis, j'ai remarqué qu'ici, ils sont nombreux dans le cas du Brésilien. Dans une certaine mesure, moi aussi je suis devenu comme cela. Avant d'arriver à Torino, je ne savais pas ce que c'était le football. A Gand, je n'avais jamais connu cela. Je n'aimais pas ce que je faisais. Je ne m'amusais même pas à l'entraînement. J'étais toujours critiqué. Ici, quand tu travailles, les gens le voient et tu sais que cela va payer. J'ai toujours beaucoup bossé mais à Gand on n'a pas cru en moi. Henk Houwaart m'a relégué avec les Espoirs et Patrick Remy m'a repêché après avoir été visionner un match des Espoirs. Il m'a aligné en Coupe en disant : - On peut faire quelque chose avec lui. Une fois le Français parti, j'ai de nouveau commencé à voyager entre les deux noyaux. Heureusement, Herman Vermeulen croyait en moi et m'alignait chaque fois qu'il assurait l'intérim. Il y avait aussi Jean-François de Sart qui me convoquait chez les moins de 21 ans. C'est d'ailleurs au cours d'un match avec la sélection nationale que j'ai été repéré par Torino. J'ai bossé à fond pour m'améliorer physiquement, tactiquement et techniquement mais j'ai aussi beaucoup gagné en assurance. Non, mais elle m'a aidé. Ici, on décortique tout et j'ai appris que j'étais troisième à ce classement. Rino Gattuso, l'a emporté avec quelques points d'avance seulement. Je ne me souviens pas du nom du deuxième. En fait, grâce au travail tactique, j'arrive à savoir où va aller le ballon. Nous jouons à trois au milieu avec toujours quelqu'un en couverture. On apprend à coulisser selon le changement de position de l'adversaire. Le but est de ne pas laisser un joueur de l'autre camp dans notre dos. Dans ce cas vous êtes mort, surtout si vous avez affaire à Kaka, qui a une fameuse pointe de vitesse. Dans un autre style, il y a Pippo Inzaghi. C'est un véritable poison. Il cherche sans cesse la faille. Contre nous, il n'a pas eu la moindre liberté mais il ne lui a fallu qu'un mini espace pour marquer le but de la victoire. Certains rigolent de lui mais moi je vois qu'il marque des goals et c'est ce qu'on demande à un attaquant. J'ai toujours récupéré beaucoup de ballons mais je me suis rendu compte que, dans la foulée, je n'en faisais pas toujours un bon usage. Et si je suis parvenu à me bonifier, c'est parce que j'ai gagné en assurance et parce que j'ai appris à soigner la qualité de ma passe. Très souvent après l'entraînement, je travaille avec le mur sous le regard du coach adjoint. Le but est d'envoyer le ballon contre le mur et s'il ne revient pas c'est qu'il a été mal calibré. J'avais l'impression que j'étais seul. Mais il y a une grande différence entre nous : je n'ai jamais reçu un carton rouge. Je n'ai jamais l'intention de faire mal. J'ai la réputation d'un joueur qui va au contact, qui n'a pas peur et il suffit parfois qu'un joueur gueule pour que l'arbitre me donne le carton. Certains avertissements n'étaient pas justifiés et probablement que si j'avais joué à Milan, j'en aurais totalisé quelques-uns en moins. C'est un peu frustrant mais cela ne sert à rien de se plaindre. C'est comme cela dans tous les pays : il y a toujours des clubs favorisés. Je ne retire pas mon pied. Certains pensaient que la blessure de Cannavaro allait engendrer une certaine peur mais c'est le contraire qui s'est passé. Je me dis que lors de cette blessure, je n'avais pas disputé le ballon à la régulière, pied contre-pied, à un adversaire et que si je retire mon pied, je risque de me faire mal. Le championnat écoulé a été un peu bizarre dans la mesure où manquait la Juventus mais le titre de l'Inter ne se discute pas. Il était mérité, c'était l'équipe la plus complète. D'ailleurs, je n'ai pas compris comment elle avait pu se faire sortir par Valence en Ligue des Champions. L'Inter jouera encore un rôle en vue. L'année dernière, certaines équipes, dont la Lazio, ont débuté la compétition avec un handicap et je crois que cela a multiplié leur volonté. Chez nous, aucun joueur n'a voulu s'en aller. Nous espérions secrètement décrocher une place en Coupe de l'UEFA et finalement nous nous retrouvons en Ligue des Champions. La Fiorentina a décroché un ticket pour la Coupe UEFA, la Reggina est parvenue à se maintenir en D1 et Milan, qui a un fameux noyau, a remporté la Champions League. Ceci dit, le prochain championnat sera encore plus disputé. Les candidats pour le titre seront plus nombreux et les équipes qui sont montées ont plus de moyens que celles qui sont descendues. Plus que jamais, une équipe du haut du classement devra se méfier d'un déplacement chez un petit. Personnellement, je m'attends à un championnat plus difficile pour la Lazio mais nous avons l'obligation de figurer parmi les cinq premiers. La Juventus revient en D1 et, si elle a acheté de bons joueurs comme Tiago, je crois que sa force c'est d'avoir conservé Gianluigi Buffon, David Trezeguet et Mauro Camoranesi, des fameux footbaleurs. La Roma est en mesure de répéter sa performance de la saison dernière d'autant que ses doublures sont meilleures cette année. Milan sera sans doute plus redoutable cette saison : le noyau n'a pas été modifié, Massimo Oddo est définitivement intégré, Ronaldo est plus compétitif et a soif de revanche et les joueurs auront bénéficié d'un repos bien mérité contrairement à 2006. Effectivement, mon manager Giovanni Bianchini a été approché par Milan et j'ai été tenu au courant des négociations. Mais nous avons rapidement été conviés par notre président, Claudio Lotito qui n'est pas un homme facile en affaires. Il a immédiatement affirmé qu'il n'avait nullement l'intention de me vendre. C'est clair que si Milan avait voulu m'avoir, il ne se serait pas arrêté à cela. Je me demande toutefois d'où sort ce montant. J'étais en Belgique pour la préparation du match contre le Portugal quand on m'a amené la Gazzetta dello Sport qui annonçait que Milan allait verser 8 millions pour moi. J'ai appelé mon manager qui m'a répondu -Toi, cette année-ci, tu ne bouges pas de là.Effectivement mais nous avons fait un pari sur l'avenir. Si je réussis une bonne saison et que je m'illustre en Ligue des Champions, ma valeur va être multipliée par trois. Et, à ce moment-là, il sera temps de songer à un contrat plus avantageux que celui-ci que j'ai aujourd'hui. Non, pas du tout. Je crois au projet de notre club qui accorde sa confiance à des jeunes et qui les fait grandir. Je pense que le premier échange de vues avec la direction pourrait avoir lieu en janvier. Je remercie Michel Louwagie pour le coup de pied au cul qu'il m'a mis et d'avoir prétendu que je n'étais pas capable de jouer à Gand. Il aura ainsi contribué à ma progression. par nicolas ribaudo - photos : reporters/gouverneur