C'était censé être l'année de la reconstruction pour l'Union Saint-Gilloise. Changement d'entraîneurs et départ d'une multitude de joueurs allaient effectivement dans ce sens. Mais les performances des Jaune et Bleu ne font absolument pas ressentir cette période de transition. Jacques Urbain a remplacé Joël Crahay à la tête de l'équipe et, dans un court laps de temps, est parvenu à imposer sa vision du jeu.
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C'était censé être l'année de la reconstruction pour l'Union Saint-Gilloise. Changement d'entraîneurs et départ d'une multitude de joueurs allaient effectivement dans ce sens. Mais les performances des Jaune et Bleu ne font absolument pas ressentir cette période de transition. Jacques Urbain a remplacé Joël Crahay à la tête de l'équipe et, dans un court laps de temps, est parvenu à imposer sa vision du jeu. " J'ai été contacté par le président, Giovanni Ravasio, en janvier étant donné le départ annoncé de Crahay ", dit Urbain. " J'étais alors à Charleroi où je devais superviser le club et m'occuper du scouting. Abbas Bayat voulait un technicien à cette place mais je n'avais plus de responsabilité sportive. Le piment de la compétition me manquait et la présentation du projet unioniste m'a séduit directement. Maintenant, on ne peut qu'être satisfait de nos résultats. L'Union a clôturé la première tranche à la deuxième place. Ce succès est la conséquence de plusieurs paramètres : l'organisation du club, la relation que j'entretiens avec mes joueurs au niveau de mon expérience et de mes idées tactiques, et l'osmose entre le club et les joueurs. Ma philosophie de jeu est constructive et participative. Chacun doit se sentir concerné. Par exemple, les défenseurs doivent participer à l'élaboration du jeu ". " Mon noyau est très hétéroclite mais je l'ai souhaité ainsi et formé avec le manager, Jacques Swalens. Nous avons tout basé sur la mentalité des joueurs. Les transfuges sont, pour la plupart, des garçons qui ont soif de revanche personnelle et d'autres reviennent au club. On a également intégré quelques jeunes. Ma première satisfaction par rapport à ce groupe concerne le plan humain. Les joueurs ont conscience de l'importance et de l'honneur que représentent le fait d'être Jaune et Bleu. Il existe une tradition et une culture du club et il faut tirer cela à son avantage. L'Union est un club dans le sens anglais du terme. Les gars aiment vraiment s'y retrouver. Il ne faut pas oublier le public de l'Union. Il est phénoménal ! Après notre défaite à Namur (1-0), des supporters sont immédiatement venus nous remonter le moral. C'est la première fois que je vois ça ! L'Espace Jeunes aussi est une clé pour l'avenir du club. Cette école est très axée sur le social et on y trouve des jeunes de tous les horizons. Elle est très importante pour les joueurs de 16 à 20 ans ". " Dans mon dispositif, chaque joueur doit être animé de la volonté de produire et d'entreprendre collectivement. Ce système n'est ni fermé, ni défensif et ne brime, en aucun cas, les qualités individuelles. Chaque élément a son importance. C'est comme un engrenage. Si une des 11 roues bloque, la machine est grippée. On doit parvenir à conserver une permanence dans la production et l'organisation en zone. Mais il faut évidemment du temps pour y arriver. Le job d'un coach est de capter le positif du groupe. Ma vision du jeu est basée sur l'organisation et la participation. Avec ces dernières, je tente d'obtenir le mélange le plus équilibré. Chacun y trouve sa place et que ce soit en perte ou en possession de balle, l'équipe reste organisée et positionnée. Les qualités de mon groupe sont essentiellement offensives. De toute façon, je pense qu'au Parc Duden, personne ne voudrait d'une équipe attentiste. Pour jouer offensivement, on travaille beaucoup physiquement en perte de balle, au niveau de la reconversion qui s'effectue rapidement et collectivement. Cette dernière n'est généralement pas naturelle et c'est pour cette raison que tous mes joueurs doivent être imprégnés par un sentiment d'entreprise. C'est un véritable travail de l'ombre, qui passe souvent inaperçu. C'est en effet moins spectaculaire qu'un tir de loin. Le but est de casser le rythme de l'adversaire. Au niveau de la tactique, la base est le 4-4-2, qui se transforme parfois en 4-3-3 ou 4-2-4. Tout dépend de la mobilité des joueurs que j'ai à ma disposition ". " Notre gardien est Thierry Coppens. Ses qualités sont sa détente horizontale et verticale, sa vivacité et sa concentration. Il est entraîné par Claude Cordier, qui réalise avec lui un travail extraordinaire. Il râle de temps en temps car il est peu sollicité. Cette situation est due à une excellente défense. Six joueurs sont potentiellement capables de former le quatuor. Il s'agit de Laurent Zaccaria, Francis Mangubu, Jean-Luc Walschap, Jules M'Bayoko, Nathanaël Scozzari et Davy Peeters. Ces garçons ont tous fait preuve d'une grande régularité. Ils gardent souvent la tête froide et ils sont les premiers acteurs de l'organisation, qui doit être perpétuelle. Yves Cums et Alexandre Vandamme sont mes deux médians. Le premier est un véritable leader et il est très constant dans son jeu. Je suis très satisfait de son apport. Le deuxième reste sur une saison difficile. Il a en effet été victime de la transformation de Strombeek en FC Brussels. Il regorge d'énergie. Il y a aussi un travail qui s'effectue sur les flancs. Ces derniers constituent le meilleur moyen de contourner la défense adverse. Miguel Capilla et Clyde Hoxha évoluent sur les côtés. Grâce au nouveau sponsor, on a pu se payer les services d'un gaucher, David Rimbold. Il n'a pas encore apporté ce dont il est capable et il en est conscient. Deux raisons : il vient de quitter le foot professionnel et son taux de fer est anormalement faible, ce qui diminue son énergie. Selon le dispositif tactique, Miguel Capilla évolue soit comme médian super offensif, soit comme attaquant en retrait. Esily Mosango est attaquant mais peut jouer sur le flanc droit. Lucas Lesenfants est une autre solution mais il n'a pas encore beaucoup participé. Sanharib Malki a tout juste 19 ans et explose totalement. Sa course est très bonne et son bagage technique doit être complété. Je vais juste veiller à ne pas le brûler. Il nous apporte énormément. Roland Saboga complète le secteur offensif ". " On me demande souvent si on subit une certaine pression étant donné nos performances. Je ne peux évidemment pas le nier mais j'essaye de l'utiliser pour que nous soyons encore plus compétitifs. En fait, nous n'avons pas le souci de préserver absolument notre place. Mais attention, je ne vais pas non plus dire qu'on aborde match par match. Formule employée neuf fois sur dix par les entraîneurs... C'est tellement facile. On ne fait aucune fixation sur notre classement et nous ne sommes pas crispés. La direction a établi un budget très intéressant. Cross Comm, notre nouveau sponsor, nous a apporté un complément d'assurance qui nous permet d'être ambitieux. Ravasio me laisse une totale liberté d'action pour le secteur sportif et souhaite évidemment qu'on arrive le plus haut possible. Le staff médical administratif et matériel effectue un boulot très important et cela se ressent dans nos résultats. A l'heure actuelle, notre souci est de savoir jusqu'où on peut aller avec le potentiel des joueurs. La moyenne d'âge de notre noyau est de 22 ans. Il est donc difficile d'être définitivement fixé ". " Oud-Heverlee et Overpelt-Lommel le seront. Le club louvaniste est un modèle d'ambition et de continuité. Pour moi, c'est le véritable favori. Overpelt se trouve entre deux eaux mais il ne faut pas oublier que son noyau contient six ou sept joueurs anciennement titulaires en D1. Cela va immanquablement jouer à long terme. Quant à Bocholt, le leader, je ne suis pas convaincu qu'ils ira au bout des 30 rencontres. Le club est trop tributaire du rendement de son attaque. Personnellement, je considère que si on est devant Oud-Heverlee la veille de la trentième rencontre, on sera champion ". Tim Baete