Ariel Jacobs (49 ans) est le fils unique d'un couple qui tenait la buvette de Diegem Sport, le club où il fit ses premiers pas de joueur. " Je n'ai jamais reçu une éducation de fils unique ", lance-t-il. " Mes parents étaient très stricts et, dès qu'il était question de football, mon père avait un regard très, très, très critique. Pour lui, ce n'était jamais bon. Il a forgé mon caractère : je ne plie pas facilement, je n'abandonne jamais ".
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Ariel Jacobs (49 ans) est le fils unique d'un couple qui tenait la buvette de Diegem Sport, le club où il fit ses premiers pas de joueur. " Je n'ai jamais reçu une éducation de fils unique ", lance-t-il. " Mes parents étaient très stricts et, dès qu'il était question de football, mon père avait un regard très, très, très critique. Pour lui, ce n'était jamais bon. Il a forgé mon caractère : je ne plie pas facilement, je n'abandonne jamais ". Ses parents ont tenu à ce qu'il fasse des études supérieures, au moment où il jouait en Promotion. " Des humanités gréco-latines, puis une licence en traduction. J'ai fait mes études en français dès le début alors que nous ne parlions que le néerlandais à la maison. J'ai souffert. Il faut se remettre dans le contexte communautaire de l'époque. Il y a 40 ans, ce n'était déjà pas franchement chaleureux entre Wallons et Flamands. Une loi obligeait à suivre sa scolarité dans sa langue maternelle. J'étais en français mais je ne maîtrisais pas bien la langue. Il y avait régulièrement des visites d'inspecteurs dans les classes. Chaque fois, je suais des gouttes. S'ils avaient découvert que j'étais néerlandophone, j'aurais dû changer d'école du jour au lendemain. Pendant ce temps-là, mes parents me faisaient du bourrage de crâne : - Mais si, mais si, tu parles très bien français ! " Aujourd'hui, le coach des Loups donne à ses trois enfants l'éducation qu'il a reçue. " Je suis d'ailleurs beaucoup trop strict avec eux par rapport au temps que je peux leur consacrer. Je ne les ai pas vu grandir quand j'étais à la fédération, parce que j'étais souvent absent le soir. Et, aujourd'hui encore, je ressens un manque. J'ai rarement vu jouer mon fils aîné, qui est en équipe Première de Diegem, en Promotion. Ma femme me l'a d'ailleurs souvent reproché : -Tu vas voir les gosses des autres mais pas les tiens... Pour le match du titre à Diegem, je n'étais pas là. Ce soir-là, je devais assister à Anderlecht-GBA parce que c'était la dernière occasion pour moi de voir le Sporting avant notre déplacement au Parc Astrid. Cette saison, j'ai dû consacrer un temps fou au scouting de nos adversaires. Parce que nous n'avons pas encore une vraie cellule à la RAAL, mais aussi parce que nous affrontions systématiquement l'adversaire qui venait de jouer contre Lommel. Je peux vous dire que, le long chemin pour aller là-bas, je le connais comme ma poche. Sur l'ensemble du championnat, ça représente un paquet d'heures de voiture ".