Nul n'a oublié le manque de transparence financière qui a conduit au départ du CEO Steven Martens en février dernier. Il a rendu un élan à l'UB mais n'a pas eu ses points en maths et a commis des erreurs, fatales dans un univers qui se régale des fuites. Le président François De Keersmaecker a vu son image fameusement écornée pour n'avoir jamais rappelé Martens à l'ordre.
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Nul n'a oublié le manque de transparence financière qui a conduit au départ du CEO Steven Martens en février dernier. Il a rendu un élan à l'UB mais n'a pas eu ses points en maths et a commis des erreurs, fatales dans un univers qui se régale des fuites. Le président François De Keersmaecker a vu son image fameusement écornée pour n'avoir jamais rappelé Martens à l'ordre. Cette critique touche également l'autre candidat à l'élection, Joseph Allijns, de même que Gérard Linard, CEO ad interim, et deux outsiders à l'élection, Johan Timmermans et Gilbert Timmermans : membres du conseil d'administration, ils ont tous échoué dans leur mission de contrôle. Linard a été nommé CEO à la demande d'Allijns. L'aile francophone et les clubs pros s'étaient déjà unis pour faire tomber Martens. Linard, comptable, semblait être la personne idéale pour mettre de l'ordre dans le chaos financier Avenue Houba de Strooper. Initialement, Allijns songeait à un duo Linard-Gilbert Timmermans. Il a finalement préféré le seul Linard, pour se charger de la supervision des quatre directeurs restés en poste. D'après les observateurs, c'est une manoeuvre destinée à lui attirer des suffrages francophones. Elle a fâché Gilbert Timmermans, qui comptait tirer profit de la mauvaise image de De Keersmaecker, issu comme lui des amateurs flamands. En posant sa candidature, il a révélé à quel point le camp flamand était divisé. De Keersmaecker ne s'est pas laissé déstabiliser et a reposé sa candidature, contraignant Gilbert Timmermans à se retirer. La Pro League a connu un scénario similaire. Allijns s'est posé en adversaire du président actuel en mars, au nom des clubs pros, coupant l'herbe sous le pied de Johan Timmermans, qui a alors décidé de se consacrer au stade de Malines. Allijns, lui, s'est retiré de la commission qui étudiait le fonctionnement de l'UB. En théorie, les huit voix pros lui sont acquises, d'autant qu'il a mené à bien la réforme des championnats. Allijns pense que ça lui vaudra aussi des voix francophones. De Keersmaecker, lui, compte sur les voix flamandes, depuis qu'il a fait taire la révolte entretenue par Gilbert Timmermans. Il a slalomé en fin politicien, ne se plaçant au premier plan que quand il a fallu vendre la réforme des championnats. Peut-être quelques amateurs wallons lui accorderont-ils le crédit de la réforme. Sinon, reste à voir quelle position adoptera Anderlecht, représenté au Comité Exécutif par Philippe Collin. Jadis, c'est le Sporting qui a fait nommer De Keersmaecker, issu des amateurs. Collin préfère celui-ci à Allijns, estampillé Club Bruges. D'autre part, Roger Vanden Stock vient d'être élu président de la Pro League et occupe le poste le plus important du foot belge. Donc, Allijns ne devrait pas constituer de problème insurmontable. Imaginez donc que De Keersmaecker fasse l'unanimité auprès des amateurs flamands et qu'Allijns fasse celle des pros. Les suffrages des amateurs francophones seraient décisifs. Allijns se fait fort de gagner les quatre voix nécessaires dans ce camp. On évoque d'ailleurs un accord entre la ligue francophone et les pros. Il ne repose pas seulement sur les critiques à l'égard de Steven Martens : en échange de la présidence de la commission nationale d'études, les clubs francophones auraient promis leur soutien au candidat de la Pro League. Le poste constitue un symbole important pour les francophones, fâchés que Martens ait systématiquement offert les postes les plus stratégiques à des Flamands. C'était toutefois sans compter avec De Keersmaecker. Il aurait riposté à la manoeuvre d'Allijns en concluant un pacte secret avec Linard. En échange des voix francophones, il lui aurait promis le poste de CEO à titre définitif. Linard n'a pas dit non : le job lui plaît beaucoup. En d'autres termes, d'après les bruits de couloir, De Keersmaecker et Linard auraient lié leur sort. On saura dans quelques semaines ce qu'il en est, pour autant que De Keersmaecker soit réélu. On prédit déjà la révolte du football professionnel. Pas pour des raisons communautaires car les francophones sont désormais bien servis avec Linard (CEO), Vanden Stock (président de la Pro League), Pierre François (administrateur délégué de la Pro League) et Philippe Godin (président de la commission d'études). Mais parce que le tandem De Keersmaecker-Linard remettrait les pendules à l'heure. Le président en exercice n'a pas envie d'une culture d'entreprise, dirigée par un CEO. La rupture avec Martens l'illustre parfaitement. Linard a 72 ans, ne parle ni anglais ni néerlandais, il n'y connaît rien en informatique et ne semble pas capable de développer l'aspect commercial ni les objectifs stratégiques. On en reviendrait à l'ancien régime dont Bart Verhaeghe et Marc Coucke ne veulent pas. On ne serait pas loin d'une scission du football. La position qu'adoptera Anderlecht dans chaque scénario est cruciale. Conclusion : on a l'impression que les pros ne visent pas vraiment la présidence de l'UB. Ils ne présentent pas une figure très forte en la personne d'Allijns, ce qui laisse à penser qu'ils ne veulent pas vraiment mettre de bâtons dans les roues de De Keersmaecker. La nomination du CEO est bien plus importante puisque c'est lui qui détermine la gestion. Paul Allaerts, le directeur du sport, est ambitieux mais nul ne le prend au sérieux. A-t-il jamais donné son avis ? La Pro League songe à un candidat plus solide. PAR JAN HAUSPIE & PETER T'KINTDe Keersmaecker a slalomé en fin politicien.