L'effet du fair-play financier cher à Michel Platini se ferait-il déjà sentir ? Toujours est-il que le marché a été particulièrement calme durant le mois de janvier et aucune grande vedette du foot international n'a troqué sa vareuse en cours de saison. Tour d'horizon.
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L'effet du fair-play financier cher à Michel Platini se ferait-il déjà sentir ? Toujours est-il que le marché a été particulièrement calme durant le mois de janvier et aucune grande vedette du foot international n'a troqué sa vareuse en cours de saison. Tour d'horizon. On n'aura parlé que d'un club durant ce mercato en Ligue 1 : le PSG. Mais au final, Paris aura été le Jean-Claude Dusse du marché hivernal. Comme le personnage des Bronzés, le club de la capitale a chaque fois été à deux doigts de conclure. La liste des joueurs annoncés au Parc des Princes qui n'y ont finalement pas abouti est longue comme une journée sans pain : après l'épisode David Beckham, on a eu droit au feuilleton Carlos Tevez, Pato a été cité avec insistance sans parler des Marek Hamsik, Filippo Inzaghi, Demba Ba, Moussa Sow, Kaká, Hulk, Frank Lampard, Eden Hazard,... Au final le PSG s'est contenté des défenseurs Brésiliens Alex (Chelsea, 5 millions) et Maxwell (Barcelone, 3,5), du médian italien Thiago Motta (Inter, 10) et... du gardien vétéran Ronan Le Crom, 37 ans, sans club. De jolies pioches mais rien à voir avec les noms ronflants cités plus haut. Reste à voir si Carlo Ancelotti parviendra à faire prendre la vinaigrette et si Paris conservera sa pole position. Un beau défi pour l'ancien coach du Milan AC et de Chelsea. Tout ce remue-ménage a eu le don d'éclipser de l'actualité les autres clubs français qui ne sont pourtant pas resté inactifs. Le LOSC a vendu Sow, meilleur buteur de la défunte saison, à Fenerbahçe et lui a immédiatement trouvé un remplaçant : Nolan Roux (Brest), auteur d'un doublé dès son premier match pour les Dogues. Les Nordistes ont aussi attiré le revenant Mauro Cetto, prêté par Palerme. Toujours rayon prêts, le prometteur Gaël Kakuta délaisse Chelsea pour venir se faire les dents à Dijon tandis que Thomas Kahlenberg s'offre une cure thermale à Evian. A Marseille, janvier a d'abord été marqué par le retour de Brandao pour pallier le départ des frères Ayew à la CAN, puis, surtout, par le come-back de Lucho Gonzalez à Porto pour 2 millions (alors que les Phocéens avaient déboursé 19 millions pour l'attirer en 2009). Ludovic Obraniak tentera de se relancer à Bordeaux qui a également acheté un défenseur brésilien, Mariano (Fluminense, 3). Enfin, Sochaux s'est débarrassé du récalcitrant Kevin Anin qui file à Nice pour 2,5 millions alors que Sébastien Puygrenier et Olivier Kapo retrouvent leur ancien club, respectivement Nancy et Auxerre. Une fois encore, la faible disponibilité économique des clubs a fait en sorte que le prêt avec option d'achat a eu la cote : 188 contrats sur 263. Tout n'est pas limpide : il existe en effet des accords où les options d'achat doivent obligatoirement être levées. Alors, quelle est la différence avec un transfert à titre définitif (61 contrats sur 263) ? Et bien que les clubs peuvent reporter les investissements sur le bilan comptable de l'année suivante. Exemple : la Juventus a payé 1,5 million pour le prêt de Caceres jusqu'à la fin de la saison mais devra en verser 8 supplémentaires à Séville si elle termine dans les six premiers ; ce qui est quasi assuré. Par contre, la copropriété en a pris un coup depuis l'arrivée du nouveau gouvernement. L'actuel patron du fisc a décidé d'analyser ce système faisant en sorte qu'un joueur puisse appartenir à plusieurs clubs. Il a ainsi trouvé qu'il n'était pas évident de savoir qui versait la TVA et les impôts des sociétés liés à la plus-value enregistrée dans les échanges des joueurs. Bref, la Lega Calcio n'a enregistré que 14 transferts de ce style : un peu plus de 5 %, soit une misère pour un artifice qui, l'été dernier, représentait encore 10,2 % des opérations de marché. Malgré tout, un club a continué à utiliser l'astuce : huit fois pour l'Inter, qui a notamment cédé la moitié du matricule du gardien Emiliano Viviano à Palerme pour 5 millions. Si l'on s'en tient à l'argent investi, soit la différence entre les dépenses et les rentrées, la Juventus arrive en première position. Elle a déboursé 16,65 millions d'euros pour contenter un coach qui réclamait un renfort par ligne : Caceres (défense), Padoin (milieu, Atalanta, 4,5 millions) et Bouy (attaque, Ajax, 2). Avec 11,4 millions de passif, Naples arrive 2e. Mais c'est simplement dû à l'acquisition la plus chère du mercato : 11 millions pour l'attaquant chilien, Edu Vargas. Palerme et Milan (-9,5 millions) se partagent la 3e place. A l'exception de Viviano, le club sicilien a une nouvelle fois tablé sur la jeunesse. Milan dans une moindre mesure aussi mais les négociations pour Carlos Tevez ont relégué le tout à l'arrière-plan. Finalement c'est Maxi Lopez dont l'arrivée était annoncée depuis plusieurs mois qui épaulera Zlatan Ibrahimovic. L'avant venu de Catane présente au moins quatre avantages par rapport à son compatriote de Manchester City : il connaît le championnat italien, peut jouer en Champions League, n'est pas sans compétition depuis des mois et n'a pas coûté une fortune (9,5 millions alors que Man. City en réclamait plus de 20 millions pour l 'Apache). Genoa, qui a acheté Gilardino à la Fiorentina (8 millions), a retravaillé son noyau (coach compris !) et a également terminé le mercato en passif : 7,7 millions. Une fortune si on compare aux 200.000 de Lecce qui ont servi à rapatrier un vieux héros local, l'attaquant Bojinov (Sporting Lisbonne), aux 300.000 de l'AS Rome où l'achat le plus cher ( Lopez, l'attaquant du Nacional Montevideo) a coûté 800.000 euros et même aux 900.000 euros de Parme. Les 100.000 euros investis par Chievo pour Dainelli (défenseur, Genoa), les 250.000 de Sienne et les 400.000 de l'Udinese ne font que confirmer le calme du marché. Tous les autres clubs ont terminé le mercato en boni mais essentiellement parce qu'ils ont vendu sans réinjecter l'argent empoché. L'Inter s'est servie des 10 millions reçus du PSG pour Thiago Motta pour acheter Juan, le défenseur de l'Internacional directement prêté à Novara (3,2 millions), Palombo, le milieu de la Sampdoria (1,5) et Guarin, le milieu de Porto (1,5) non-qualifié pour la LC. Les clubs anglais nous avaient habitués à dépenser sans compter durant les périodes de transferts précédentes, ce n'est pas le cas cette fois-ci. C'est Roman Abramovitch, à Chelsea qui a délié les cordons de la bourse le plus généreusement. Largués par les deux Manchester au classement, les Blues se sont offerts Kevin De Bruyne pour 8 millions d'euros (il ne rejoindra Londres qu'en juin), le jeune Brésilien Lucas Piazon (Sao Paulo, 7,5) ainsi que l'international anglais Gary Cahill (Bolton, 8,4). Queens Park Rangers a également mis la main à la poche en déboursant 5,8 millions pour Bobby Zamora (Fulham), 5 pour Djibril Cissé (Lazio), qui a marqué dès son premier match, et 4,7 pour Nedum Onuoha (Man City). Ils obtiennent également les prêts de Federico Macheda (Man U), Taye Taïwo (AC Milan) et Samba Diakité (Nancy). Un solide mercato pour le club du richissime Tony Fernandes, président d'AirAsia et du team Lotus Racing en F1, qui ne se contente visiblement pas de la 15e place actuelle. Si Newcastle a encore aligné 12 millions pour le Sénégalais Papiss Cissé de Fribourg (le plus gros transfert de Premier League), les autres formations se sont montrées économes, optant souvent pour des prêts à l'image de Man City qui obtient le concours du Chilien David Pizarro (AS Roma) jusqu'à la fin de la saison. Sunderland, le club de Simon Mignolet, n'a pas agi autrement pour s'adjuger les services de SotirisKyrgiakos (Wolfsburg) et WayneBridge (Man City). Autre mode : le prêt de courte durée des stars de la MLS pendant la trêve américaine. Arsenal a rapatrié pour deux mois la légende Thierry Henry pendant que Landon Donovan fait la pige à Everton et que Robbie Keane se tient chaud à Aston Villa. Signalons encore les transferts de l'ex-Gantois Jean Beausejour de Birmingham à Wigan (4,7) et de l'ancien de Zulte, Nikica Jelavic des Rangers à Everton (6,6). Une arrivée qui fait suite au départ de Louis Saha pour Tottenham alors que les Toffees ont misé sur Darron Gibson, réserviste à Man U pour remplacer Diniyar Bilyaletdinov, rentré au pays (Spartak Moscou) pour 6,6 millions. Enfin, Moussa Dembélé aura, de son côté, un nouveau coéquipier en attaque à Fulham en la personne de l'attaquant russe Pavel Pogrebnyak (Stuttgart, 500.000 euro). En Liga, l'électrocardiogramme du marché hivernal est demeuré spectaculairement plat. Les deux ogres que sont le Real Madrid et le Barça, satisfaits de leurs effectifs, n'ont pas enregistré la moindre arrivée. Seul mouvement du côté du Camp Nou, le Brésilien Maxwell (4 titularisations cette saison) est parti chercher du temps de jeu au PSG. A Valence, 3e, le noyau n'a pas subi la moindre retouche non plus tandis que leur surprenant voisin de Levante se renforçait avec l'ailier expérimenté Oscar Serrano (Santander) et les prêts jusqu'en fin de saison du jeune Pedro Botelho (Arsenal) et d' Abdelkader Ghezzal (Bari). L'Espanyol Barcelone a de son côté profité de la faillite des Suisses de Neuchâtel Xamax pour s'approprier le médian Victor Sanchez et l'attaquant nigérian Kalu Uche. Coutinho, l'espoir brésilien de l'Inter arrive en prêt tandis que Jesus Datolo est cédé à l'Internacional Porto Alegre pour 3 millions et le gardien Carlos Kameni prend gratuitement le chemin de Malaga après 8 années de bons et loyaux services. Le seul club à avoir véritablement sorti le carnet de chèque est le FC Séville. Coincés en milieu de tableau, les Andalous ont misé 3,5 millions sur le retour de l'enfant du pays, José Antonio Reyes et ont attiré l'avant sénégalais Baba (3 millions, 10 buts au Maritimo Funchal durant la première partie de saison). Son compatriote Khouma Babacar, grand espoir de 18 ans de la Fiorentina, aura 6 mois pour démontrer son talent et son sens du but à Santander. A l'image de la Liga et de la Premier League, les gros calibres du championnat allemand ne se sont pas montrés hyperactifs en ce mois de janvier. Le Bayern a bien tenté de créer le buzz en invitant ses fans à télécharger une application Facebook pour découvrir la nouvelle star du club mais les supporters n'y ont trouvé... qu'un message de remerciement. Aucune modification donc dans le noyau de Jupp Heynckes. A Dortmund, le temps est au dégraissage : Mohamed Zidan retourne à Mainz, Le Tallec et Hornschuh plient aussi bagage. Le Borussia n'est pour autant pas resté les bras croisés niveau acquisition. Marco Reus, le jeune prodige du Borussia Mönchengladbach a paraphé un contrat de 5 ans, qui prendra effet en juillet, en faveur des Jaune et Noir. Un fameux investissement (17 millions) pour le club de Jurgen Klopp qui espère donc que le néo-international gardera son efficacité (12 buts déjà) la saison prochaine. Dans le top 3, seuls les Konigsblauen de Schalke 04 découvrent une nouvelle tête : l'attaquant nigérian Chinedu Obasi, prêté par Hoffenheim. L'unique équipe à avoir véritablement modifié ses batteries est Wolfsburg, coachée par Felix Magath, réputé pour son côté dépensier. Die Wolfe ont principalement musclé leur entrejeu avec les arrivées de Jiracek (Plzen, 4 millions), Medojevic (Vojvodina, 2,5), Hasani (Tetovo, 700.000), Vieirinha (PAOK, 4,5), Sio (Sion, 5,8) et Sissoko (Coimbra, 1,5). Auxquels s'ajoutent deux défenseurs, Rodriguez (Zürich, 8,5) et Lopes (Nacional, 2,5), pour atteindre la somme rondelette de 30 millions d'euros ! De quoi décrocher un ticket européen ? Leverkusen et Stuttgart ont tous les deux misés sur un gros transfert : l'acquisition définitive du gardien Espoir Bernd Leno (en plus du prêt de Vedran Corluka de Tottenham) pour le Bayer et le puncheur bosniaque Vedad Ibisevic (Hoffenheim, 4,5) pour les Souabes. En embuscade derrière le quatuor de tête, le Werder a investi le million et demi reçu de la part de Monaco, pour le défenseur Andreas Wolf, dans deux paris : le stoppeur suisse François Affolter et le médian autrichien Zlatko Junuzovic. Lanterne rouge, Fribourg a profité de la vente de Papiss Cissé pour acquérir du sang neuf avec cinq nouvelles têtes. Quant à Hanovre, l'adversaire du Club Bruges en Europa League il n'enregistre qu'une arrivée : l'attaquant sénégalais Mame Biram Diouf, 24 ans, qui était jusqu'ici propriété de Manchester United. Si les gros clubs européens ont rechigné à faire des folies, les clubs russes ne se sont, une fois de plus, pas montré avares. Ainsi, le Dinamo Moscou n'a pas hésité à débourser 19 millions d'euros pour l'ailier gauche hongrois Balazs Dzsudzsak ! Les voisins du Lokomotiv ne sont pas en reste : les Cheminots ont rapatrié l'international Roman Pavlyuchenko pour 9 millions tandis que le CSKA s'est délesté de 3 millions pour s'offrir Pontus Wernbloom, le milieu défensif de l'AZ Alkmaar, futur adversaire européen d'Anderlecht. Une bonne nouvelle pour les Mauves ? Dans le sens inverse, Vagner Love, l'extravagant centre-avant brésilien a délaissé le froid moscovite pour retrouver la chaleur de Rio de Janeiro au club de Flamengo. Un retour qui se chiffre tout de même à 10 millions. Enfin, si les joueurs en fin de carrière avaient pour habitude de rallier les pays du Golfe, à l'image de Mamadou Niang, transféré de Fenerbahçe à Al-Sadd (Qatar), la tendance est désormais plus à l'Est. Nicolas Anelka, après 4 ans passés à Chelsea, a opté pour un passage lucratif en Chine, dans le club de Shenhua et l'Inde a misé sur de vieilles gloires sur le retour pour lancer sa nouvelle Premier League Soccer. Hernan Crespo, Fabio Cannavaro, Robert Pirès, Jay-Jay Okocha et Robbie Fowler seront les fers de lance de cette compétition naissante qui mise sur un système d'enchères particulier pour répartir les footballeurs dans les différents clubs. PAR JULES MONNIERMode anglaise : le prêt de courte durée des stars de la MLS pendant la trêve américaine. Arsenal a rapatrié Henry pour deux mois.