Le rendez-vous est fixé à 18 h. Ça tombe bien, on a plus d'une heure de retard. Ce qui tombe mieux encore, c'est qu'entre petits fours et papotes, personne n'a l'air pressé d'inaugurer officiellement le Soccer Club.
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Le rendez-vous est fixé à 18 h. Ça tombe bien, on a plus d'une heure de retard. Ce qui tombe mieux encore, c'est qu'entre petits fours et papotes, personne n'a l'air pressé d'inaugurer officiellement le Soccer Club. Pas de panique. Fast foot, slow food, c'est le slogan. Sur l'un des écrans disséminés dans le Zinc, restaurant avec vue plongeante sur les terrains, Courtrai affronte Ostende. Ça passe (moyen) le temps. Fer de lance du projet, le jeune retraité Benjamin Nicaise fait faire le tour du propriétaire à Mogi Bayat, pendant que d'anciennes gloires de notre valeureux football national débarquent au compte-gouttes. On recense, vite fait : Daniel Kimoni, Ali Lukunku, Eric Deflandre, Gonzague Vandooren, Philippe Vande Walle, Khalilou Fadiga ou encore Olivier Dacourt. Ce dernier, rappellera Nicaise, a eu la gentillesse et la simplicité de répondre à l'appel de son compatriote après avoir participé, quelques semaines plus tôt, à l'inauguration du deuxième Z5, en région parisienne. Le " Z " de Z5, ça veut carrément dire Zidane : impliqué dans la popularisation du foot à 5 - le " five " comme le nommait à cette occasion Robert Pires -, Zizou symbolise l'impact d'un sport en pleine effervescence dans l'Hexagone. Grosse hype du moment en France, le foot en salle, mais sur gazon synthétique, ne possède que l'une ou l'autre implantation belge (notamment à Dworp), alors qu'on recense plus de 150 clubs outre-Quiévrain. " Pour la plupart des joueurs, c'est compliqué de prendre du plaisir à 11, sur grand terrain. Il faut vraiment être très bon techniquement et affûté physiquement pour s'amuser. (...) Avec le foot à 5, tout devient plus facile, donc plus agréable ", déclarait récemment Zinédine Zidane au magazine GQ. Benjamin Nicaise, lui, en est à d'autres considérations. " Le banquier a été difficile à convaincre ", plaisante-t-il d'emblée durant la présentation d'un projet mené avec son vieux pote Thibaut Souchon. Après une année de travaux, l'ancien Tennis Tie Break s'est bel et bien transformé en Soccer Club, avec ses trois terrains bordés de rambardes et de filets, histoire d'accélérer au maximum un jeu qui ne compte quasi pas de temps morts. Une ligue locale s'apprête à voir le jour -sachant que développer un véritable championnat national en bonne et due forme, vu les contingences d'infrastructures, n'est pas encore réaliste à l'échelle du pays. N'empêche, il faut bien commencer quelque part : ouvert de 10 h à minuit, le club permettra aux footeux de la région de trouver une alternative aux gazons gorgés d'hiver et aux salles omnisports un peu rudes pour les articulations. " Tu sais qu'on ne peut pas tacler ", interpelle de loin M'Baye Leye, venu saluer le projet (sans jouer, on le précise). " Ce sont mes règles ici ! ", répond malicieusement Benjamin Nicaise, avant que les équipes, rejointes notamment par le présentateur de Studio 1 Benjamin Deceuninck, ne descendent dans l'une des trois arènes pour un match de gala du plus soporifique effet. Le foot à 5, c'est quand même vachement mieux quand on est sur le pré. PAR GUY VERSTRAETEN - PHOTOS: IMAGEGLOBEUne alternative aux gazons gorgés d'hiver et aux salles omnisports un peu rudes pour les articulations.