Dimanche dernier, Sebastian Vettel s'est adjugé le Grand Prix de Corée du Sud. En soi, ce n'est pas une nouvelle retentissante. C'est la manière dont il a triomphé qui surprend. Il a dominé la course du départ à la fin, sans jamais être menacé. Comme c'est aussi la troisième fois qu'il s'impose les doigts dans le nez, il a également pris la tête du championnat du monde mais, plus important pour le spectateur neutre, la manche coréenne a été très ennuyeuse. Elle a tout au plus été épicée de quelques due...

Dimanche dernier, Sebastian Vettel s'est adjugé le Grand Prix de Corée du Sud. En soi, ce n'est pas une nouvelle retentissante. C'est la manière dont il a triomphé qui surprend. Il a dominé la course du départ à la fin, sans jamais être menacé. Comme c'est aussi la troisième fois qu'il s'impose les doigts dans le nez, il a également pris la tête du championnat du monde mais, plus important pour le spectateur neutre, la manche coréenne a été très ennuyeuse. Elle a tout au plus été épicée de quelques duels sans importance, impliquant surtout Lewis Hamilton, qui a eu des problèmes de suspension. Devant, la hiérarchie est restée identique du début à la fin, comme dans le temps. Cela nous ramène en 2011, une saison que Vettel a dominée d'une façon qui a découragé le spectateur neutre d'allumer son poste TV. La saison 2012 a pourtant commencé différemment, avec de véritables thrillers, complètement imprévisibles, même pour les observateurs. Quelle période délicieuse, d'ailleurs ! Même le pilote qui était dixième sur la grille de départ pouvait prétendre à la victoire. Cette période est déjà révolue. Depuis Monza, la treizième épreuve de la saison, parier sur le vainqueur de la Formule Un constitue à nouveau un placement sûr, encore plus qu'il y a trois courses. Les ajustements apportés à la RB8 par le grand designer Adrian Newey, de Red Bull, a donné des ailes à Vettel. Que disons-nous : un bolide avec lequel n'importe qui rentrerait à la maison sans problème, comme dimanche dernier. Ce n'est évidemment pas la seule raison pour laquelle la Formule Un a retrouvé son insupportable prévisibilité. Durant le premier volet de la saison, les écuries ont désespérément cherché comment utiliser au mieux les pneus Pirelli. Dans ses tentatives pour corser le jeu, la FIA avait en effet demandé aux Italiens d'apporter deux types de pneus très différents en prestations et en durée de vie. Résultat ? Des courses qui ont connu un déroulement parfois très invraisemblable dans les ultimes tours. Ainsi, en Chine, à trois tours de la fin, Raikkonen luttait toujours pour le podium avant qu'un pneu usagé ne le largue à la 14e place. Aujourd'hui, les écuries maîtrisent parfaitement le sujet et connaissent la meilleure stratégie. Du coup, les péripéties incroyables ne sont plus la règle mais l'exception. Cela signifie-t-il que la Formule Un est redevenue monotone ? A chacun son avis. En tout cas, il est certain que le contexte est idéal pour Sebastian Vettel. A quatre GP de la fin, avec les connaissances et le goût pour la stratégie de Red Bull, il faudrait de fameux pilotes pour le priver d'un troisième sacre mondial. JO BOSSUYT