On ne peut pas louper la pancarte quand on pénètre dans le centre de Ploegsteert : au beau milieu du rond point, en plus des nombreux vélos de toutes les couleurs, un panneau annonce : " Gand-Wevelgem, In Flanders Fields, Cycling in the Plugstreets ".
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On ne peut pas louper la pancarte quand on pénètre dans le centre de Ploegsteert : au beau milieu du rond point, en plus des nombreux vélos de toutes les couleurs, un panneau annonce : " Gand-Wevelgem, In Flanders Fields, Cycling in the Plugstreets ". Ça résume parfaitement les raisons pour lesquelles l'entité de la commune à facilités hennuyère de Comines-Warneton est célèbre : la course cycliste et les nombreux souvenirs de la Première Guerre mondiale. Depuis 2016, la classique, qui se déroule dimanche, passe en effet par trois Plugstreets non asphaltées. Ce nom ne relève pas du hasard car le centre dédié à la Grande Guerre, tout proche, s'appelle " Plugstreet 14-18 Experience " et les Britanniques ont rebaptisé le village hennuyer Plugstreet. Les nombreux cimetières et monuments des alentours rappellent constamment les terribles événements, comme le Ploegsteert Memorial ou le Christmas Truce Monument, érigé en hommage à la fameuse trêve de Noël en décembre 1914. Britanniques et Allemands avaient disputé à cette occasion un match de football à Saint-Yvon, non loin de là. En 2014, le président de l'UEFA, Michel Platini, s'était rendu à Ploegsteert pour y inaugurer un monument. Indépendamment du passage de Gand-Wevelgem, Ploegsteert est surtout connu des amateurs de la Petite Reine parce qu'il est le village natal de Frank Vandenbroucke, décédé en 2009. Il a grandi à l'Hostellerie de la Place. On y a présenté sa biographie l'année dernière et Wannes Cappelle, le chanteur de Het Zesde Metaal, y a inauguré son hit " Ploegsteert ". La chanson, dédiée à Vandenbroucke, a été élue meilleur air du BelPop 100 fin 2018, pour la troisième année d'affilée, par les auditeurs de Radio 1. Hasard ou pas, Vandenbroucke est né en 1974, un an après la fondation de l'équipe de football US Ploegsteert-Bizet par Albert Kaignaert et Jean Castrique. Ce dernier, âgé de 81 ans, est toujours secrétaire général du club. Il a eu le plaisir, l'année passée, de voir son équipe promue en deuxième provinciale via le tour final, pour la première fois. Toutefois, c'était un cadeau empoisonné : plusieurs piliers sont partis et le nouvel entraîneur, Paul Vanfleteren, néerlandophone, a eu du mal à placer son sceau sur un groupe de piètre qualité, essentiellement formé de joueurs français et wallons. En novembre, il a été remplacé par son adjoint, Gaetan Dehorter, un clubman. Depuis, la situation n'a cessé de s'aggraver. En janvier, quelques joueurs ont annoncé qu'ils rejoindraient Zonnebeke en fin de saison, ce qui n'a pas amélioré l'ambiance ni boosté le courage de l'équipe. L'USPB a touché le fond le même mois, étrillée 1-15 par Geluwe. Dehorter est redevenu adjoint, remplacé au poste d'entraîneur principal par Fabrice Roelens, un ancien coéquipier de Lorenzo Staelens et Hein Vanhaezebrouck au WS Lauwe. Sous la conduite de Roelens, ça va un peu mieux : l'équipe ne s'incline plus sur des chiffres aussi lourds, même si elle est déjà condamnée à la relégation. Le club a connu un autre moment pénible en novembre, avec le décès de René Quentin, président depuis 1980. Arnaud Mahieu, vice-président et surtout sponsor principal via sa brasserie, Vanuxeem, qui a donné son nom au stade, a repris le flambeau. Mahieu veut que le club prenne un nouveau départ la saison prochaine en P3 avec des footballeurs des environs. Ça lui épargnera le combat financier inégal qu'il livre actuellement en deuxième provinciale : les clubs flamands offrent des primes de victoire beaucoup plus généreuses, des primes à la signature et des indemnités mensuelles. L'US Ploegsteert-Bizet ne peut pas rivaliser, faute de gros sponsors. En P3, le club familial qu'a toujours été l'USPB doit retrouver le plaisir de jouer. Et ses supporters, trop souvent absents cette saison.