Arsenal-Chelsea d'il y a 10 jours était plus qu'un match. D'un côté, le centre de formation rouge (dixit Evra) de l'autre le centre de retraite Bleu (dixit moi). Arsenal restait sur dix défaites et un partage contre ses rivaux éternels pour le titre, Man U et Chelsea. Manque d'épaules, manque de carrure pour retrouver la stature d'un champion. Une évidence qui empêche les prétendants d'assumer. Une sale habitude en forme de supplice. Cette réputation, les Gunners l'ont traînée comme un boulet et viennent de l'expulser comme un missile purificateur.
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Arsenal-Chelsea d'il y a 10 jours était plus qu'un match. D'un côté, le centre de formation rouge (dixit Evra) de l'autre le centre de retraite Bleu (dixit moi). Arsenal restait sur dix défaites et un partage contre ses rivaux éternels pour le titre, Man U et Chelsea. Manque d'épaules, manque de carrure pour retrouver la stature d'un champion. Une évidence qui empêche les prétendants d'assumer. Une sale habitude en forme de supplice. Cette réputation, les Gunners l'ont traînée comme un boulet et viennent de l'expulser comme un missile purificateur. Dans ce match de type " gagne ou dégage ", Arsenal a su mêler finesse et intelligence, envie et raison. On s'attendait à tout sauf à ça. Frank Lampard était titulaire après quatre mois de frustration. Et pourtant, rien pour les Blues ! Non, rien de rien et ils regrettent tant. Surtout Carlo Ancelotti, car ce qui est inquiétant pour un coach, c'est quand ses joueurs n'expriment plus ce qu'ils ont en eux. A Chelsea, il reste le goût mais plus la saveur. Manque de tout. Fini ce sentiment longtemps persistant que tous les possibles portaient la vareuse bleue. Maintenant les Blues ouvrent la voie. Allez-y, c'est tout droit. Leur jeu s'est évaporé comme un brouillard matinal du sud londonien et l'éclaircie, c'est au nord qu'on l'apprécie. Place à la clarté du jeu rayonnant d'Arsenal contre qui les Blues avaient l'intelligence d'un ado frustré et boutonneux. Les Wenger boys' avaient l'assurance de l'homme qui claque des doigts pour que la belle se lève et lui ouvre les voies du paradis. On s'attendait à l'inverse. Ce match on l'a commenté mais on a l'impression de l'avoir joué. Il nous offre un petit brin de nostalgie, nous rappelle la saveur des grands soirs. Celle qui nous empêche de dormir. D'ailleurs de retour à l'hôtel, on ne dort pas, on allume la télé pour laisser le temps à l'excitation de retomber. En Angleterre la chaîne du foot c'est Skysport, qui fête ses 20 ans. Toutes les 10 minutes, un superbe clip rappelle les meilleurs moments de l'histoire de la Premier League. Et qu'est ce qu'on entend ? " Ooooooh, Philippe Aaalbeurte, what a magnificent goal ". Rappel : notre Philippe Albert était Prince au pays de sa Majesté. Mon consultant de Betv fait partie du Gotha, de l'histoire du meilleur championnat du monde. On revoit son but somptueux face à Manchester United. Peter Schmeichel sur le cul. T'as le bonjour d'Albert. D'ailleurs, au Royaume-Uni, tout le monde veut dire bonjour au grand. Voyager avec lui pour commenter la CL est un régal. Les anciens joueurs, les entraîneurs, les journalistes, même les cameramen le saluent. Un jour à Milan, on entre dans le hall de notre hôtel et surgit de nulle part, un cri " Hey, Albeurte ". A l'écossaise : c'est Gordon Strachan, à l'époque entraîneur du Celtic Glasgow. Il y a un mois à l'aéroport de Glasgow, on doit partager la navette de l'UEFA avec Gareth Southgate devenu consultant. Philippe le voit, ne bouge pas. Reste imperturbable, fermé. Southgate l'a vu, hésite et puis vient lui serrer la main. Philippe s'ouvre, sourit, ils se parlent pendant une demiheure. Autre scène surréaliste. En gare de Londres, je feuillette World Soccer qui a désigné les 100 meilleurs étrangers de l'histoire de la Premier League. Philippe en fait partie. Tout excité, je lui montre, il regarde 16 secondes, redépose le magazine sur le présentoir. On aurait acheté tous les exemplaires, lui pas. Il a " été " sur les terrains. Ça lui suffit. La classe. C'est cela Philippe Albert. Aucune suffisance ou prétention mais jamais non plus d'excitation. De celle dont usent souvent les anciennes gloires pour exister à nouveau dans le regard des autres. C'est pour cela qu'il a le respect de tous dans le plus grand championnat du monde. JOURNALISTE BE/TVPAR FRÉDÉRIC WASEIGE" J'adore l'Angleterre. Entre autres parce que les Anglaises ont des gros seins ". Emmanuel PetitLampard était titulaire après quatre mois de frustration. Et pourtant, rien pour les Blues !