Le Conseil d'administration de la Pro League s'est réuni lundi. Un point supplémentaire figurait à l'agenda : le contrat des droits de retransmission. C'était inattendu car les 24 clubs pros belges auraient dû traiter ça vendredi mais ils n'étaient pas parvenus à s'entendre sur la répartition des fonds : plus de 100 millions d'euros. Ça a tempéré la joie d'avoir atteint ce chiffre mythique et ça a également permis de mieux découvrir la réalité du foot pro actuel, les clubs luttant de plus en plus pour la défense de leurs propres intérêts, parfois au détriment du critère sportif.
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Le Conseil d'administration de la Pro League s'est réuni lundi. Un point supplémentaire figurait à l'agenda : le contrat des droits de retransmission. C'était inattendu car les 24 clubs pros belges auraient dû traiter ça vendredi mais ils n'étaient pas parvenus à s'entendre sur la répartition des fonds : plus de 100 millions d'euros. Ça a tempéré la joie d'avoir atteint ce chiffre mythique et ça a également permis de mieux découvrir la réalité du foot pro actuel, les clubs luttant de plus en plus pour la défense de leurs propres intérêts, parfois au détriment du critère sportif. En résumé, il y a deux propositions sur la table : l'une émane de des opérateurs de télécommunication Telenet, Proximus, Voo et, semble-t-il, Orange (bien que ce ne soit pas tout à fait clair), l'autre a été faite par Eleven Sports. Vendredi, il a été demandé à tous les intéressés de maintenir leur offre jusqu'à ce que les clubs belges s'entendent. Contrairement à la fois précédente, il n'est pas question de faire de la surenchère. La Pro League est satisfaite de l'offre et, si elle n'a pas encore pu faire son choix, c'est en raison de problèmes internes. Si vous vous faites du souci, dites-vous qu'aujourd'hui déjà, si vous avez un abonnement auprès d'un opérateur télécom, vous pouvez suivre les émissions d' Eleven. Cette chaîne qui retransmet les matches de Liga, de Serie A, de Bundesliga et de NBA est diffusée sur toutes les plate-formes et ça ne changera pas. Elle veut simplement ajouter le foot belge à son offre. La question de la clef de répartition des droits est plus difficile à résoudre. Lundi, le dossier est revenu sur la table d'un Conseil d'Administration plus restreint qui devait préparer l'assemblée générale. Les 80 millions d'euros par an que les clubs pros touchent actuellement sont répartis comme suit : +/- 44 % au G5, +/- 47 % aux 11 petits et +/- 8 % aux clubs de D1B. Pourquoi plus ou moins ? Parce qu'il y a des bonus en fonction de l'accès aux phases de poules des Coupes d'Europe. Les clubs qui y parviennent ayant davantage de rentrées, ils acceptent de céder une partie de leurs droits aux clubs participant aux PO2. Vendredi, il a été dit dès le départ qu'avec le nouveau contrat, personne ne devait gagner moins. Tout le monde était d'accord sur le fait de conserver la même clef de répartition pour les 80 premiers millions. On a donc discuté de la façon dont on allait répartir le gain de +/- 23 millions/an du nouveau contrat. Le G5 estimait que cet argent lui revenait entièrement. Les 11 petits n'étaient pas d'accord. Ils voulaient 30 % pour eux et 70 % pour le G5. Vendredi, ils avaient accepté une clef de répartition 20/80. Et le G5 ne voulait plus entendre parler de compensation en cas de qualification européenne. La question était aussi de savoir quels étaient les clubs du G5. Traditionnellement, il s'agit de Genk, du Standard, de Gand, d'Anderlecht et du Club Bruges. Mais dans deux ans ou dans cinq ans, les choses peuvent avoir changé. L'Antwerp frappe à la porte, Charleroi est ambitieux et d'autres sont peut-être dans la salle d'attente. Marc Coucke a surpris en sortant des arguments commerciaux pour expliquer que son club avait toujours sa place dans le G5 pour les cinq années à venir : il a notamment évoqué le nombre d'abonnés sur les réseaux sociaux. Tout le monde n'était pas d'accord. Peter Croonen a alors proposé de ne pas mettre les droits dans un pot commun mais de laisser chacun négocier de son côté. À partir de ce moment-là, il n'était plus possible de trouver un accord. Le président de Genk était mal pris : il devait défendre à la fois les intérêts de son club et du G5 alors qu'en tant que président de la Pro League, il devait veiller à l'intérêt général. C'est pourquoi la discussion s'est poursuivie lundi. Elle devra ensuite être ratifiée par tous les clubs lors de l'assemblée générale.