Après la réussite de MichaëlKlukowski l'an passé, La Louvière a de nouveau puisé dans l'effectif de CFA de Lille pour renforcer son équipe. En fait, SergeDjamba- Shango, 21 ans et international Espoir belge, arrive prêté pour un an afin de lui permettre de s'aguerrir au contact d'un championnat de D1.
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Après la réussite de MichaëlKlukowski l'an passé, La Louvière a de nouveau puisé dans l'effectif de CFA de Lille pour renforcer son équipe. En fait, SergeDjamba- Shango, 21 ans et international Espoir belge, arrive prêté pour un an afin de lui permettre de s'aguerrir au contact d'un championnat de D1. " En fin de saison dernière, j'ai participé à quelques entraînements de l'équipe Première du LOSC ", explique-t-il. " ClaudePuel, l'entraîneur, a été clair avec moi : il m'a signifié que j'avais probablement le potentiel pour évoluer au plus haut niveau, mais qu'il me manquait un petit quelque chose. En fait, un soupçon d'agressivité. J'ai toujours été un joueur technique et rapide, et je n'ai jamais réellement éprouvé le besoin de mettre le pied. C'est pour prendre cette habitude qu'il m'a conseillé de jouer une saison dans une équipe de D1 où je serais titulaire. J'ai eu plusieurs contacts : certains en Belgique, un aux Pays-Bas. Si j'ai opté pour La Louvière, c'est parce que j'avais l'impression d'atterrir déjà en pays connu. Je connaissais l'entraîneur adjoint PatrickWachel, sous les ordres duquel j'avais évolué en équipe nationale belge des û18 ans. Dans cette même sélection de jeunes, j'avais aussi côtoyé SilvioProto et RicardoMagro. Et puis, surtout, j'avais évolué deux ans avec Michaël Klukowski dans l'équipe de CFA de Lille. Nous étions toujours restés en contact, la saison dernière : il venait voir certains de mes matches en France et je lui rendais la pareille au Tivoli. Nous nous téléphonions régulièrement. Il m'a toujours vanté la bonne ambiance qui régnait à La Louvière et n'a jamais caché qu'il avait été très heureux de son choix. Son éclosion ne m'a pas surpris. J'avais déjà pu me rendre compte de ses qualités à l'époque de Lille. C'est un travailleur et il aurait mérité de recevoir une chance en équipe Première du LOSC. Cette chance qu'on ne lui a pas accordée là-bas, il l'a saisie ici et c'est très bien pour lui. J'espère pouvoir connaître la même réussite cette saison-ci ". Bien qu'il milite dans les sélections nationales de jeunes depuis trois saisons maintenant, Serge Djamba-Shango est peu connu sous nos latitudes. Il a, en effet, quitté la Belgique pour s'expatrier dès l'âge de 16 ans. " Ce n'était pas une décision facile à prendre ", avoue-t-il. " Quitter sa famille, pour vivre seul, à un âge aussi précoce, c'est une déchirure. J'ai vécu en internat, je ne sortais pas beaucoup : mon existence était partagée entre le football et les études de commerce. Je me suis fait des copains, c'est sûr, mais il faut être fort mentalement pour tenir le coup. Il faut mordre sur sa chique, regarder droit devant soi, sans trop se retourner. La réussite est à ce prix. Cette expérience m'a été utile : j'ai certainement mûri pendant ces cinq années. Mais cela fait du bien de retrouver la Belgique. Le fait d'avoir signé pour La Louvière m'a permis de retrouver mes parents, qui habitent à Ransart près de Charleroi et que je n'avais pratiquement plus vu depuis cinq années, sinon lors des fêtes de Noël et des anniversaires ". Serge Djamba-Shango (Djamba est le nom congolais qu'on lui a attribué et Shango est le nom de famille de son père), qui est le cousin de l'arrière gauche carolo FabriceLokembo, est né à Kinshasa le 20 février 1982. " Je suis resté au Congo pendant quatre ans et demi, mais je n'ai guère conservé de souvenirs précis de cette période. J'ai alors suivi mes parents qui sont venus s'établir en Belgique. Mon père est venu pour approfondir ses études de cardiologie-pédiatrie. Aujourd'hui, elles sont terminées et il exerce son métier à l'hôpital Saint-Luc de Bruxelles. Ma mère était juge au tribunal de commerce de Kinshasa, mais n'a pas pu valider ses diplômes en Belgique et ne travaille plus. J'ai habité 12 années à Bruxelles. A l'âge de huit ans, je me suis inscrit au club de mon quartier, le White Star Malou, qui évolue au stade Fallon à Woluwé- Saint-Lambert. J'ai deux frères et deux s£urs, mais je suis le seul qui pratique le football. Pourquoi ? Allez savoir. En fait, un ami de mon père a décelé certaines qualités en moi et m'a conseillé de m'affilier dans un club. Le White Star Malou était le plus proche du domicile familial. Six ans plus tard, j'ai été amené à Molenbeek, encore une fois grâce à des connaissances. J'ai suivi AlanGérard, un gardien de but, dont le grand-père était dirigeant au stade Edmond Machtens. J'avais 14 ans et j'ai évolué là-bas pendant deux saisons, aux côtés de TomMeyers et FrédéricHanssens notamment. La principale différence que j'ai ressentie fut le passage de deux à quatre entraînements par semaine, mais généralement, dans mon chef, la période d'adaptation est très courte. De Molenbeek, je suis parti à Lille. J'ai été repéré à l'occasion d'un match amical où des scouts français étaient venus visionner un autre joueur. J'ai disputé une bonne prestation ce jour-là et c'est sur moi qu'ils ont porté leur dévolu. C'était le petit brin de chance qui, parfois, se révèle décisif dans une carrière. Au départ, cette situation m'apparaissait invraisemblable. Dans mon esprit, un joueur pouvait être contacté par un club étranger à 18 ou 19 ans, mais pas à 16. Jamais je n'avais imaginé m'expatrier aussi tôt. C'est en débarquant à Lille que, pour la première fois, j'ai pris conscience que je pouvais éventuellement faire carrière dans le football. J'ai sauté sur l'occasion à pieds joints : la formation française est réputée dans le monde entier, c'était une opportunité à ne pas louper. J'ai d'abord signé un contrat d'Aspirant de deux ans, puis un contrat d'Espoir de trois ans. Voici quelques mois, j'ai paraphé un contrat professionnel de trois ans, qui a débuté par ce prêt à La Louvière ". Au Tivoli, on pourrait donc retrouver le flanc gauche de l'ancienne équipe de CFA de Lille, avec Michaël Klukowski à l'arrière et Serge Djamba-Shango au milieu. " Je pense, effectivement, que c'est l'intention d' ArielJacobs. Pendant la période de préparation, j'ai un peu pallié la blessure de Mike en évoluant moi-même à l'arrière gauche, mais en principe, nous devrions jouer l'un devant l'autre. Cela tombe bien, car des automatismes existent déjà. Pour l'instant, je suis très satisfait de mon choix. Cela se passe bien. Comme dans mes clubs précédents, je n'ai pas tardé à trouver mes marques. Mon objectif, pour cette saison, sera surtout de franchir un palier supplémentaire et de faire aussi bien, si pas mieux, que l'année dernière lorsque, avec l'équipe de CFA de Lille, j'avais disputé quasiment tous les matches en inscrivant cinq buts. Après, on verra comment les choses évolueront. Ce serait bien, évidemment, de pouvoir convaincre les dirigeants lillois de me reprendre. Je sais qu'ils viendront régulièrement me visionner. Devenir un joueur de D1 française, ce serait une référence mais si La Louvière souhaitait me garder, ce serait bien aussi. Ne brûlons toutefois pas les étapes : avant de songer à la saison prochaine, je dois tout faire pour m'imposer pendant ce championnat et franchir le pas que Lille voudrait que je franchisse ". Serge Djamba-Shango a donc été formé à l'école française. " Ce n'est pas évident de suivre le rythme, mais je conseillerais aux jeunes Belges qui en ont l'occasion de ne pas hésiter à tenter l'aventure, car on apprend énormément. Si je suis là aujourd'hui, c'est probablement grâce aux cinq ans passés à Lille. Physiquement, je me suis endurci. Lorsque je suis arrivé à 16 ans, les jeunes de mon âge étaient déjà deux fois plus costauds que moi. Tactiquement aussi, ils étaient déjà formés. J'avais l'impression d'accuser un sérieux retard. Mes coéquipiers évoluaient tous en une touche de balle. J'étais le seul à accuser autant de lacunes. Il m'a fallu deux ou trois mois pour m'adapter. En travaillant dur, je suis parvenu à me hisser au niveau de mes partenaires. A Lille, j'ai un peu évolué à tous les postes offensifs : attaquant en retrait ou non, ailier gauche, arrière gauche et même milieu récupérateur. J'ai appris beaucoup grâce à cette polyvalence, mais mon poste de prédilection demeure celui d'ailier gauche ". Sa principale qualité : la vitesse. " Je n'ai jamais pratiqué l'athlétisme, mais certains me disent que je pourrais atteindre un bon niveau. A l'entraînement, à La Louvière, on se lance souvent des défis entre PeterOdemwingie, MichaëlMurcy et moi. On essaye de... battre des records. Mais cela se fait dans une bonne ambiance et c'est très agréable ". Né Congolais, Serge Djamba-Shango est Belge depuis l'âge de 17 ans. " Je le suis devenu par filiation. Mon père, qui vivait depuis plus de dix ans en Belgique, a obtenu un passeport belge et, automatiquement en tant que mineur, j'en ai reçu un également ". Peu de temps après, il devenait international chez les û18 ans. " J'ai disputé mon premier match en Ecosse. C'était dur, car c'était un niveau auquel je n'étais pas encore habitué, mais cela reste forcément un bon souvenir ". Et il n'a pas laissé une mauvaise impression, puisqu'il a persévéré en Espoirs. " Philippe Saint-Jean est venu me voir jouer plusieurs fois à Lille. Cela fait plaisir d'être suivi ". L'équipe nationale revêt beaucoup d'importance à ses yeux. " Mon rêve serait de devenir Diable Rouge... pour mes parents, surtout. Pour les récompenser de tous les sacrifices qu'ils ont consentis et pour m'avoir autorisé à partir à Lille aussi jeune ". Serge Djamba-Shango n'est plus retourné au Congo depuis qu'il a quitté le pays. " Mais j'espère, très prochainement, pouvoir retrouver mes racines et revoir mes oncles et tantes. Je ne crains pas d'être dépaysé : au niveau de la langue, de la musique et de la cuisine, on a gardé des liens à la maison. Maman prépare encore régulièrement un plat de riz avec des feuilles de manioc et du poulet à l'arachide, que j'adore. Mais, en bon Belge, je ne crache pas sur un... steak-frites ". Il se sent proche des autres joueurs belges d'origine congolaise. " Je suis régulièrement en contact avec GabyMudingayi, PatrickDimbala et Junior, qui sont aujourd'hui mes équipiers chez les Espoirs ". Ses idoles, en réalité, c'est du côté d'Arsenal qu'il les trouve. " J'adore ThierryHenry, qui évolue plus ou moins à mon poste et qui réalise des gestes incroyables. J'apprécie aussi énormément SylvainWiltord ". Mais Arsenal dispute la Ligue des Champions et Serge Djamba-Shango ne croisera donc pas d'emblée le fer avec ses idoles en Coupe de l'UEFA. " Tant pis, je me contenterai de l'équipe que le sort nous attribuera. Ce sera déjà une belle expérience en soi ". Daniel Devos" Mon rêve : devenir Diable Rouge pour mes parents "