Que ce soit en handball ou en football, Visé a fait des pieds et des mains pour faire la fête, ces dernières semaines. L'équipe masculine de jeu à sept a rejoint la Division d'Honneur et se mesurera l'an prochain à des monstres sacrés comme Eynatten, Hasselt ou Beyne; l'équipe féminine a retourné à son avantage une situation désespérée pour décrocher son deuxième titre national consécutif face à Meeuwen et le club de foot se retrouve dans la D2 qu'il avait quittée la tête basse voici un an.
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Que ce soit en handball ou en football, Visé a fait des pieds et des mains pour faire la fête, ces dernières semaines. L'équipe masculine de jeu à sept a rejoint la Division d'Honneur et se mesurera l'an prochain à des monstres sacrés comme Eynatten, Hasselt ou Beyne; l'équipe féminine a retourné à son avantage une situation désespérée pour décrocher son deuxième titre national consécutif face à Meeuwen et le club de foot se retrouve dans la D2 qu'il avait quittée la tête basse voici un an.La liesse populaire était grande dans cette ville de 17.000 habitants qui semble échapper à l'emprise de la mondialisation... Ce côté traditionnel, Guy Thiry s'attache à le conserver au sein du club qu'il dirige depuis huit ans. L'an dernier, lorsqu'il a quitté la D2, des voix se sont élevées pour le lui reprocher : Visé manquait de professionnalisme et de structures pour assouvir ses ambitions, disait-on. Visé revient pour jouer un rôle tout en conservant les valeurs qui font sa fierté. "Nous n'avons pas fêté la montée davantage qu'il y a trois ans", dit Guy Thiry. "Elle n'était cependant pas plus attendue. En fin de saison dernière, lorsque j'ai engagé José Riga comme entraîneur, je lui ai dit que nous allions nous séparer de plusieurs joueurs qui nous coûtaient cher et que le seul objectif était d'assurer le maintien en D3. Suite au gain de la première tranche, nous nous sommes toutefois mis à y croire mais je n'aurais pas été déçu si nous avions été éliminés au tour final par plus fort que nous. Walhain, par exemple, était sans doute une très bonne équipe mais pas motivée parce que le club n'avait pas demandé la licence. Zulte, par contre, était plus faible que nous et le 2-0 là-bas me reste en travers de la gorge. Chez nous, nous étions menés 0-1 et je n'y croyais plus guère mais la deuxième mi-temps fut sans doute la plus belle à laquelle j'aie assisté depuis que suis à Visé: nous avons gagné 5-1 grâce à un pressing permanent et au soutien d'un public généralement fort calme et critique. Pour la première fois, nous avons véritablement pu compter sur un douzième homme". Après ce succès, Visé était assuré de rejoindre la D2 puisque Courtrai, son adversaire en finale, pouvait tout au plus espérer rester en D3. Une situation qui fait d'ailleurs bondir Guy Thiry : "Le flou qui règne autour de l'attribution des licences me fait râler. Le 28 février, notre dossier était bouclé, comme prévu. Or, je constate que deux mois après, de nombreux clubs ne sont toujours pas fixés sur leur avenir. Non seulement, cela fausse le championnat mais en plus, je me demande si les clubs n'ont vraiment pas de problème ou si c'est nous qui sommes trop sérieux".Une qualité qui méritait sans aucun doute d'être récompensée car, même s'il n'a pas survolé le championnat et qu'il a parfois manqué de constance, Visé a également su se montrer convaincant : "Nous nous étions donné deux à trois ans pour remonter... Nous avons effectué un bon choix avec un entraîneur qui cadrait bien avec notre mentalité. José Riga est un homme de dialogue, capable de faire passer un message sans taper du poing sur la table. Il venait de 1ère Provinciale et nous avons pris un risque. Rubenilson a également apporté au tour final ce que nous attendions de lui. Il va peut-être nous quitter pour la D2 italienne mais je ne désespère pas de le conserver encore. Enfin, et pour en revenir aux raisons de notre remontée aussi rapide, le football en général est en régression d'un point de vue qualitatif. Si nous avions livré le même championnat il y a trois ans, nous aurions terminé entre la sixième et la huitième place. Cette fois, nous avons montré que nous étions aussi compétitifs que n'importe quel leader. Zulte a tout de même terminé deuxième de l'autre série". Guy Thiry a retrouvé des couleurs. Il y a un an, il était groggy : "J'étais fort abattu car nous avions effectué beaucoup d'efforts et je pensais pouvoir vivre un championnat tranquille. Nous avons perdu 10 millions dans l'aventure et, en décembre, nous avions trois points sur quarante-cinq. Nous avons alors conclu un marché avec le Standard qui nous a prêté huit joueurs et un entraîneur, ce qui nous a permis de terminer avec 27 points. C'était trop peu mais je suis convaincu que, si nous l'avions fait un mois ou deux plus tôt, nous nous serions sauvés. Enfin... C'était une expérience et, aujourd'hui, je me dis qu'elle ne fut pas nécessairement mauvaise. Pour pouvoir prendre du recul, il faut avoir vécu. En huit ans à Visé, j'ai connu quatre montées et une descente. Cela me permet de relativiser davantage". Le budget de Visé était de 42 millions voici deux ans. La saison prochaine, il sera de 32 à 35 millions. Est-il possible de vivre une saison tranquille dans de telles conditions? "Il faut bien se rendre compte qu'en D2, personne ne peut bâtir une équipe entièrement professionnelle", répond Guy Thiry. "Heureusement, même si le budget intervient pour 60% dans le classement final, il y a autre chose que l'argent, sans quoi Westerlo n'en serait pas là. Il y a deux ans, nous avons perdu de l'argent parce que nous nous sommes emballés pendant la période des transferts et nous avons voulu faire une grosse équipe qui, en fin de compte, s'est avérée plus faible que celle de l'année précédente. Cette fois, nous tentons de conserver plusieurs joueurs et de bien les encadrer. Et puis, Tihon, Habets, Xhardez, Wojcik et Rubi ont tout de même connu la D2 ou la D1. Je me dis aussi que, pour les arrivées, nous avons le temps jusque fin août. Notre noyau sera plus étroit qu'en D3 mais nous le compléterons par une équipe B constituée de jeunes de 16 à 19 ans, issus de clubs de la région, et de quatre joueurs montants de l'équipe Juniors". A contrario, plusieurs Visétois "pur sang" ( Stoklosa, Michiels, Lechanteur,...) ont décidé de tourner la page. Il y a deux ans, ils s'étaient avérés un peu "courts" pour la D2 mais la saison dernière, ils ont largement participé à la montée. "La plupart d'entre eux ne veulent plus retrouver un niveau qui implique davantage d'entraînements et de discipline", dit Thiry. "Cependant, si nous sommes montés, c'est grâce à eux, parce qu'ils se sont battus jusqu'au bout, même s'ils savaient qu'ils allaient partir. J'y vois une preuve qu'ils aimaient Visé et qu'ils s'y sentaient bien". Il n'est plus question, non plus, d'une alliance avec le Standard dans le style de celle d'il y a deux ans : "Nous pouvons toujours accueillir l'un ou l'autre espoir de ce club, de façon ponctuelle mais dans l'ensemble, Visé doit s'assumer et il n'est pas question de devenir un satellite".Si Thiry devait un jour faire un pas vers un autre club, ce serait le FC Liège, qu'il a suivi pendant quinze ans à domicile comme en déplacement : "Ça laisse des traces et, même si je précise tout de suite que j'aimerais autant qu'il continue à vivre seul, il est vrai que, dans la difficulté, je serais toujours disposé à l'aider. Je pense d'ailleurs que le bourgmestre de Visé est de mon avis". Mais le point n'est pas à l'ordre du jour et Visé veut d'abord songer à se stabiliser en D2. Avec une structure qui, dans les grandes lignes, devrait rester identique. Parce que Guy Thiry estime que, hormis d'un point de vue financier, ce n'est pas uniquement grâce à lui que Visé se retrouve en D2 : "L'équipe Première dispose d'un terrain exclusif à Haccourt, tout le monde est payé à temps et à heure, il ne manque jamais un équipement... mais des gens travaillent à temps plein pour le club sans être rémunérés. Je préférerais payer quelqu'un qui compense par ses rentrées en sponsoring. Mais cette personne devrait également connaître les aspects sportif et matériel, ce qui n'est pas donné à tout le monde". Quant à l'assistance (une moyenne de 1.000 personnes cette saison, abonnements compris), Guy Thiry espère voir les chiffres de fréquentation monter de 30 à 50%. Son public, ce n'est pas seulement Visé mais aussi dans la vallée du Geer et le plateau de Herve : "Notre situation est idéale : nous sommes un club qui ne dérange personne. Lorsqu'il a fallu aménager le stade, les politiciens de tous bords ont répondu présent" .Patrice Sintzen