Le Bayern n'avait plus limogé d'entraîneur aussi tôt dans la saison depuis le renvoi de Jupp Heynckes en 1991. Le lendemain de la défaite 3-0 du Bayern au PSG, Carlo Ancelotti (58 ans) a reçu son C4. Le deuxième d'affilée, puisque le Real l'avait renvoyé en 2015.
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Le Bayern n'avait plus limogé d'entraîneur aussi tôt dans la saison depuis le renvoi de Jupp Heynckes en 1991. Le lendemain de la défaite 3-0 du Bayern au PSG, Carlo Ancelotti (58 ans) a reçu son C4. Le deuxième d'affilée, puisque le Real l'avait renvoyé en 2015. Le (trop) gentil Italien, seul entraîneur à avoir remporté le titre dans cinq championnats européens différents, a succédé à Pep Guardiola en juillet 2016, remportant d'emblée le titre. Après trois saisons sous le joug de Herr Pep, les joueurs du Bayern avaient besoin d'une approche plus douce mais ils ont été éliminés en quarts de finale de CL par le Real et en demi-finales de la coupe d'Allemagne par le Borussia Dortmund. En réalité, ce bon vivant n'a jamais fait bon ménage avec la rigueur germanique. L'Italien a reconnu que la langue présentait le principal obstacle et ce, malgré trois leçons d'allemand par semaine. Cet été, les joueurs se sont plaints des séances, trop laxistes. Ça s'est traduit par un jeu dénué de concentration et de passion. L'entraîneur n'est pas le seul responsable. Le Bayern traverse une crise d'identité. Le président Uli Hoeness a encore parlé de victoire en Ligue des Champions la semaine passée mais il refuse de participer à la danse des transferts alors que l'équipe a besoin de sang neuf. Ribéry et Robben, laissés sur le banc contre le PSG, ce qui les a montés contre Ancelotti, ne rajeunissent pas. Lewandowski ne se sent plus très bien à Munich et en défense, Hummels, Martinez et Boateng sont un peu trop décontractés. Bref, le Bayern entame un nouveau cycle mais rivaliser avec l'élite absolue n'est pas donné. Le match contre le PSG l'a révélé : certes, Neymar et Mbappé ont coûté un pont mais face à eux, les joueurs du Bayern ressemblaient à des statues, a conclu la presse allemande. Le Bayern est face à un dilemme : rester fidèle à son identité et supporter une période de transition ou investir dans de grands joueurs. MATTHIAS STOCKMANS