Ils ont le même profil. Si Geoffray Toyes a déjà eu le temps de digérer le cap de la trentaine puisqu'il affiche 32 printemps à son compteur, Alexandre Teklak, 30 ans en août, découvrira les aléas du changement de dizaine. Les deux joueurs répondent au même critère : celui de l'expérience. C'est pour apporter leur science du football et encadrer les jeunes pousses mises en avant dans leur formation respective qu'ils ont échangé leur maillot. Ils ne se connaissent pas mais ils se sont croisés ces dernières semaines car ils partagent avant tout la particularité, chacun, d'occuper la place dévolue jadis à l'autre.
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Ils ont le même profil. Si Geoffray Toyes a déjà eu le temps de digérer le cap de la trentaine puisqu'il affiche 32 printemps à son compteur, Alexandre Teklak, 30 ans en août, découvrira les aléas du changement de dizaine. Les deux joueurs répondent au même critère : celui de l'expérience. C'est pour apporter leur science du football et encadrer les jeunes pousses mises en avant dans leur formation respective qu'ils ont échangé leur maillot. Ils ne se connaissent pas mais ils se sont croisés ces dernières semaines car ils partagent avant tout la particularité, chacun, d'occuper la place dévolue jadis à l'autre. " Je ne le connaissais pas mais je l'ai eu au téléphone pour régler certaines affaires. C'est notamment de sa voiture que j'ai hérité ", explique Teklak. Après six ans passés aux confins du Hainaut occidental, Alex continue sa découverte de la belle province hennuyère et se rapproche de ses racines courcelloises û la même ville que celle de son nouveau président Filippo Gaone - en aboutissant à La Louvière. Geoffray n'est pas resté aussi longtemps dans son club précédent. Mais la seule année passée dans le Centre et marquée par de nombreuses émotions (joie, tristesse et déception) lui a suffi. Après une saison de découverte de notre football, le Bordelais remplacera Teklak comme pilier de la défense des Hurlus. L'occasion était trop belle de soumettre ces deux lascars aux mêmes questions. Toyes : Parce que j'avais un peu plus d'ambition et que j'avais eu quelques différends avec le club. Il y a eu plusieurs paramètres qui ont abouti à mon au revoir : le départ d'Albert Cartier, le limogeage de Stéphane Pauwels, la fin de saison bâclée. Les ponts entre moi et la direction étaient quelque peu rompus. Si le dialogue s'était instauré un peu plus tôt, il y aurait eu encore un peu de chance pour que je reste au club mais pendant de nombreux mois, je n'ai rien vu venir. Et puis, il y a eu aussi cette histoire de levée d'option. Comme je disputais une bonne saison, ils étaient intéressés et ont levé d'option mais ils l'ont fait sans mon accord. Nous n'avons même pas discuté chiffres. J'ai donc eu l'impression d'avoir été trahi par le club auquel je faisais confiance. Je pensais que le président Gaone avait une parole et il m'a trompé. Mais au fond, ce n'est pas un méchant. Je pense qu'il s'est fait un peu influencer par son entourage, sans citer de noms précis. Teklak : On ne m'a pas trop laissé le choix. Jusqu'au dernier moment, je pensais rester à Mouscron. Je suis parti en vacances avec 90 % de chances de re-signer. Pendant ma première semaine, Francis D'Haese m'a proposé quelque chose. Je lui ai dit que je rentrais le 11 juin et qu'on pouvait en discuter. Mais eux, ils voulaient accélérer les choses. Je leur ai répondu alors qu'on pouvait commencer les négociations par téléphone ou fax. Mais j'ai senti le vent tourner car pendant plusieurs jours, mon GSM n'a pas sonné. Ils ont d'abord prolongé Jean-Philippe Charlet et Olivier Besengez et je savais que Gert Broeckaert ne comptait plus trop sur moi. Et quand je suis rentré de vacances, on m'a annoncé à la dernière minute que je pouvais partir. On a beaucoup parlé de mon lourd salaire. J'avais simplement un contrat à l'aune des contrats de l'époque. Je savais que les temps avaient changé. Je restais les pieds sur terre et j'étais prêt à consentir les efforts nécessaires. Ce que j'ai d'ailleurs fait en venant à La Louvière. Ceci étant la question du salaire ne s'est jamais posée à Mouscron puisqu'on ne m'a rien proposé. Toyes : J'ai reçu d'autres propositions. Je n'ai jamais douté car je savais que j'avais réalisé une bonne saison et que les propositions allaient arriver. Et celle du Brussels aurait pu se concrétiser si La Louvière n'avait pas bloqué le transfert en demandant une compensation financière. Cela m'aurait plu de retrouver Albert Cartier et de retravailler avec quelqu'un que je connais bien. Je n'ai pas trouvé normal que La Louvière fasse obstruction et agisse de la sorte. Mais je pense que c'est aussi par rapport à Cartier que les dirigeants ont fonctionné ainsi. Ils ne voulaient pas donner un joueur au Brussels. Et il ne faut pas oublier qu'il y a eu changement d'entraîneur et que c'est l'ancien coach du Brussels qui se retrouve maintenant à La Louvière. Puis est arrivé l'offre de Mouscron. Avec Roland Louf, tout cela s'est fait facilement grâce aux bons rapports entretenus entre les deux parties. Je n'ai pas eu à hésiter car je n'avais pas d'autres offres aussi concrètes. Teklak : J'avais quelques propositions à l'étranger, notamment à Chypre mais je n'avais pas envie de faire n'importe quoi, juste pour le fric. Le jour où je me suis engagé avec La Louvière, j'ai eu un contact avec le Beitar Jérusalem. La ville m'a toujours fasciné et le club m'offrait un contrat en béton. C'était un défi qui m'intéressait. Mais j'avais discuté avec le président Gaone et je n'avais plus qu'à apposer ma signature. J'avais donné ma parole. Le président ne connaît même pas cette histoire. Et puis, au-delà du club, il y avait aussi l'aspect familial. J'ai une petite fille et même s'il y a un très bon lycée français à Jérusalem, j'opte davantage pour la stabilité en venant à La Louvière. Toyes : J'avais l'impression que le club me voulait absolument. Roland Louf m'appelait plusieurs fois pour m'expliquer le projet du club et me convaincre. Et puis, Mouscron dispose de belles infrastructures, de tout ce qu'il faut pour bien faire. Certes, les Hurlus ont connu des difficultés financières la saison passée mais le club cherche à combler son déficit et à remettre tout à plat en se séparant de ses plus gros contrats. Et j'ai confiance. D'ailleurs, le budget est bouclé à 90 %. Avant de signer, j'ai obtenu des garanties par rapport à ce qui s'était passé la saison passée. Vous savez, beaucoup de clubs sont en déficit. Cela fait partie du paysage actuel. Le challenge est donc difficile à relever mais il m'intéresse. Teklak : Les problèmes récents du club n'ont pas posé de problème. Le président est quelqu'un qui respecte ses engagements et cela ne me regarde pas s'il a eu des litiges avec d'autres personnes. Quand tu es correct avec le club, tu as un retour au niveau des dirigeants même si cet adage ne s'applique pas à ce qui s'est passé pour moi à Mouscron ( il rit). Tout le monde sait que nous devons encore transférer des joueurs et qu'il y a un groupe à reconstruire mais j'avais déjà connu cela à Mouscron la saison passée puisque plusieurs titulaires étaient partis et qu'on avait misé sur les jeunes. A Mouscron, il y avait beaucoup trop de jeunes. Ici, on peut parler du même scénario à la seule différence que les jeunes ont déjà le pied à l'étrier. Ils ne commencent pas à zéro. La présence d'Emilio Ferrera m'a également convaincu. Ce n'est pas le genre de coach qui reprend une équipe qui manque de solutions. Toyes : On a connu un très bon premier tour gâché par de nombreux départs au mercato. Cela a cassé le noyau en deux. Perdre plusieurs titulaires et deux remplaçants qui nous apportaient beaucoup quand ils rentraient, cela nous a fait mal. Cela explique notre deuxième partie de saison en dents de scie. Nous étions troisièmes en décembre et si les dirigeants avaient montré un peu plus d'ambition, nous aurions pu construire quelque chose de solide. Ces transferts, c'était pour rentrer de l'argent et éviter d'en donner au niveau des primes. C'est dommage, même si je peux comprendre que le président, qui a beaucoup investi dans le club, veuille récupérer ses billes. Et puis je garde de bons souvenirs du vestiaire qui était très uni et de l'entraîneur, qui était relativement strict mais qui savait laisser quelques libertés à ses joueurs. J'appréciais sa philosophie du football. Il était psychologue et bon tacticien. Il a bien su gérer son groupe et faire passer son message. Moi, cela m'a fait du bien de rejouer une saison complète. J'attendais cela depuis un certain temps. Teklak : Je suis déçu que cela se termine de cette façon car j'ai été privé d'au revoir auprès des supporters. Ce n'est malgré tout qu'une goutte d'eau par rapport aux six années merveilleuses. On a vécu une finale de Coupe de Belgique et je n'aurais pas voulu finir ma carrière sans connaître cette expérience. C'est pour ce genre de sensations que l'on accomplit ce métier et rien que d'en parler, j'ai des frissons. C'était un club où il y avait beaucoup de camaraderie. Mais plus les années passaient, plus les joueurs partaient. Il ne reste plus qu'Olivier Besengez et Marcin Zewlakow. Et l'attaquant polonais ressent aussi cela. Il a vu tous ses potes partir et il se demande si ce n'est pas le moment pour lui de faire la même chose. Dans le monde du football, il y a de moins en moins de clubmen et il est assez rare de voir autant de joueurs rester aussi longtemps dans le même club comme nous l'avons fait à Mouscron. C'est assez paradoxal de devoir quitter le club après une de mes meilleures saisons mais je ne suis pas le seul dans ce cas-là. Grégory Lorenzi, Samir Beloufa et Koen De Vleeschauwer ont aussi réalisé une bonne saison et ont également dû partir. Toyes : Je le répète mais le discours de Roland Louf m'a bien plu. Ce club veut faire de moi un de ses leaders et les dirigeants ont loué mon expérience et ma carrière et m'ont dit qu'ils avaient besoin de quelqu'un pour aiguiller les jeunes. Ils m'ont vu à six, sept reprises et ils ont constaté que sur le terrain, je guidais souvent les plus jeunes. Je n'ai eu droit qu'à un entraînement avant la petite coupure. Je n'ai découvert mes nouveaux coéquipiers que lors du stage. Lors des trois jours que j'ai passés à Mouscron après ma signature, je n'ai pas vu l'entraîneur. Je suppose qu'il y a eu certainement une discussion entre lui et la direction à mon sujet. Le groupe a beaucoup changé mais je pense qu'il y a de la qualité. C'est toujours une bonne chose de miser sur des Français. Ces gars-là sont revanchards car ils n'ont pas beaucoup joué et ils disposent d'une formation avec beaucoup d'acquis. Teklak : J'ai bien été accueilli dans le vestiaire. Il faut dire que je suis quelqu'un de bonne composition. J'ai réussi à m'intégrer à Mouscron lorsque je suis venu de Charleroi. Il n'y a pas de raison que cela se passe mal, ici. Je n'ai pas encore pris assez de recul pour me faire une idée générale du club. Mais, il est très familial et on sent une grande complicité avec les supporters. Par rapport à Mouscron, La Louvière est plus modeste au niveau de ses infrastructures car, à ce niveau-là, dans la cité frontalière, on était des privilégiés avec une piscine de revalidation et une salle de musculation. Toutefois, ce n'est pas pour autant que tu réalises de meilleurs résultats. Certains dans le vestiaire m'ont juste dit que c'était dommage de devoir tout reconstruire alors que le groupe de la saison passée était assez performant. Toyes : Je lui souhaite une bonne saison mais cela va être difficile pour eux avec tous les départs qu'ils ont enregistrés. Il devra s'habituer aux conditions strictes car La Louvière, ça ne vaut pas Mouscron au niveau des infrastructures. Teklak : Je l'ai eu au téléphone et je lui ai souhaité bonne chance. C'est un chouette gars : je suis certain qu'il va se plaire à Mouscron et qu'il va coller à la mentalité du club. Les supporters aiment les joueurs qui se battent. Toyes : Difficile de faire un pronostic. Les noyaux ne sont pas encore complets et les deux équipes ont un début de championnat difficile. Teklak : Je l'espère. Je ne connais personne parmi les transferts effectués par Mouscron. Difficile donc d'établir un pronostic. Stéphane Vande Velde" MARCIN voit tous ses potes partir et SE DEMANDE S'IL NE DOIT PAS FAIRE LA MÊME CHOSE " (Teklak) " La Louvière a bloqué MON TRANSFERT AU BRUSSELS " (Toyes)